‹ Riel [microforme]Chapitre 9 sur 12 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

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Ah ! monsieur le ministre, vous ne déplorerez jamais autant que nous ‘la cause de ce soulèvement” ; et c'est pour en détruire à jamais le germe que nous formons le projet d’écraser le ministère, afin de nous dérober, ‘aux tristes conséquences” qui, non-seulement peuvent en rèsuller, mais qui en ont résulté réellement. Vous dites : LA MEILLEURE PREUVE QUE LA CAUSE EST MAUVAISE, C’EST QU'UN ESPRIT D'INJUSTICE SEMBLE LA DOMINER! Nous ne sommes pas à faire des plaisanteries, monsieur, et je vous prie de ne pas renouveler ces calinotades. Puis, vous ne pourrez toujours pas, ‘“ ancien et fidèle serviteur ”, me reprocher de vous avoir condamné sans vous avoir entendu. A propos, comment conciliez-vous ce mot servi. teurs avec votre vent de révolte? Je vous lis :

Depuis dix-huit ans que je suis votre député, on n’a jamais mis en doute la sincérité de mon patriotisme et de mon dévouement au peuple. C’est une conviction qui n’a pas diminré chez moi que j'ai travaillé pour ce peuple dont je suis sorti et à qui je dois tout. J'ai eté accusé souvent de prédilections exagérées pour la cause canadienne-française, parce que je faisais tous mes efforts pour donner à la province de Québec, les moyens de développer le plus rapidement possible ses immenses ressources, sous l’impulsion d’un puissant courant d'influence française. Je n’ai pas à regretter mes efforts, j'étais dans mon droit, car je n’attaquais pas les intérêts de mes concitoyens d’origine britannique. Stimulé par leur esprit d'entreprise, je voulais voir les miens marcher de pair avec eux dans le voie de la prospérité matérielle. Quand on m'’accuse aujourd’hui de manquer à ce grand sentiment national, dele renier, c'est là une injure que je ressens profondément; que je ne mérite pas, et dont j'ai droit de me dire blessé.

Vous avez écrit cela sous l'empire de la plus profonde des illusions. Vous nesauriez croire, monsieur, combien est considérable le nombre de gens qui, non-seulement ment en. doute la sincér 6 de votre patriotisme et de votre dévouement au peuple, maus encore qui vous nient obstinément ces qualités. Et je ne vous parle pas ici des libéraux, car vous devrez me concéder que ceux qui comialtaient votre candidature et vos actes, entretenaient un cértain doute sur la sincérité de votre patriotisme etc., mais je vous parle des cous"vvateurs, des ultra-conservateurs, de ministériels forcenés, qui vous ont toujours pris pour ün charlatan saturé de présomption et complètement dépourvu de capacité. Combien de fois, monsieur le ministre, ne vous ai-j" pas défendu moi-même, contre les attaques violentes de gens qui appuyaient votre politique, mais qui vous contestaient avec âpreté ces belles qualités du désintéressement et de dévouement, dont vous croyez bien à tort avoir convaineu tout le monde. Parmi les choses que vous deviez

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fau peuple d’où vous éles sorti (vous avez fait stéréotyper cette déclaration) doit se trouver la simple justice que ce même peuple —dont je suis sorti comme vous, comme bien d’autres—vous à demandait pour un pauvre condamné, sur la culpabilité duquel planait plus qu’un doute. En refusafit cette justice je vois bien que vous avez cru travailler pour vous, mais je ne vois. pas que vous ayez travaillé pour le peuple. De plus, il y a beaucoup de gens qui font consister vos ‘ prédilections exagérées pour la race canadienne-française ”, dans le fait d'avoir grevé d’une dette énorme la province que vous avez administrée et d’avoir fait cette "6 brillante opération : la vente pour sept millions à venir d’un che, 0 min de fer qui coûtait quinze millions empruntés. Comme vous 0 déclarez ne pas regretter les efforts que vous avez faits pour arri. A ver à ces splendides résultats, je vais vous abondonner aux délices

À de la satisfaction que vous paraissez éprouver en voyant les vôtres ‘“ marcher de pair”. avec les gens qu’on couduit généralement à la potence. Et vous qui prétendez ressentir si vivement les injures que l’on vous fait, comment voulez-vous que nous nous montrions insensibles à celles que vous nous infligez ?

Vous dites :

On me reproche d’avoir manqué à l'honneur en restant à mon poste, après M que le cabinet fédéral eut refusé de commuer la sentence de la peine capi- M tale portée contre Louis Riel par le tribunal, en un emprisonnement pour HN la vie; et l'on traite mon refus de donner ma démission sollicitée par un ee grand nombre d'amis, comme une faute énorme dont je serai la plus grande victime. Je n'aurais pas parlé ici de cette affaire si un des chefs de l’oppo sition, M. Mercier, n'avait déclaré à l'assemblée du Champ-de-Mars, à Mont- L réal, qu'il m'avait écrit qu’il serait prêt à marcher, avec ses amis, sous mes ordres, si je donnais ma démission comme membre du cabinet fédéral. Oui,

: | j'en conviens, j'ai été pressé, sollicité par des amis dévoués et des adversai- 4 res politiques de prendre la direction de ce monvement populaire. Ces 2 offres étaient bien flatteuses pour moi. La perspective qu’elles m'ouvraient | était bien attrayante. Je me voyais accepté comme le défenseur reconnu da ma race, chéri, acclamé par tous mes compatriotes, interprète de leurs sentiments et de leurs aspirations. Dans ce rôle où tous me conviaient, je

} trouvais une éclatante réparation des opprobres sans nom dont certains hommes m'ont abreuvé depuis trois ans. Mais entre le rôle séduisant qu’on m'offrait et moi-même, j'ai vu se dresser comme une barrière infranchissa-

ble, le serment que j'ai prêté de remplir mon devoir au risque de perdre

| amitiés et profits, et le sentiment intime, la conviction inébranlable, que ce que l’on me demandait était contraire à la justice et aux intérêts bien enten-

dus de notre province. Je voyais, comme conséquence logique de ce mou-

} vement, l'isolement, l’antagonisme d’une race, provoquant des représailles,

des luttes, des désastres. J'ai senti qu'il y avait plus de courage à braver le courant qu'à le suivre, et j'ai laissé passer, sans m'en émouvoir, les cris de traître et de lâche qu’on poussait contre moi. Qu'importe ma personnalité? Dans les crises difficiles que travesse une nation, les hommes ne sont rien, le salut du peuple est tout. La responsabilité du pouvoir impose à ceux qui en sont chargés, l'obligation de voir au delà des intérêts du moment, de bien étudier si, en cédant à un entraînement populaire mormentané, ils ne compromettent pas, pour bien des années, une cause sacrée

Eh oui, monsieur, on vous reproche tout cela pour être resté au poste qui vous rapporte annuellement huit mille dollars, et j'ai la prétention d’avoir amplement établi par ce qui précède que ce reproche n’est pas immérité. Ils sont rares ceux qui vont croire que c'est pour remplir votre devoir et par respect pour votre serment que vous avez écrit à nos fréres de Fall-River, la lettre dans laquelle vous disiez que les Métis n'avaient jamais fait de représentations constitutionnelles au gouvernement, alors que des centaines de suppliques, de requêtes, de pétitions de tous genress'étaient accumulées depuis 1878 dans les casiersdes ministères ; alors que M. Blake vous a contraint, vous, secrétaire d'Etat, d'en déposer 76 sur le bureau de la chambre. Non, monsieur lelministre, nous ue croyons pas à votre respect du serment; nous ne croyons pas à votre sollicitude pour le devoir.

Ce qu'il y a de probable, ce qu’il y a de vrai, c'estque vous avez manqué de flair, de perspicacité, de prévoyance ; c’est que, vu vos antécédants, vu la patience du peuple qui vous a supporté, vous avez cru ce peuple bernable à merci, et qu'après l'avoir fait passer pardessus la corruption, pardeseus le mensonge, pardessus la spoliation, vous le feriez encore passer pardessus l'assassinat, On dit, monsieur, que maintenant vous voulez sortir du cabinet et que vous guettez, à cette fin, l’occasion de faire une querelle d'allemand à sir John A. Macdonald. Croyez-moi, monsieur, restez où vous êtes. On ne croira pas plus à votre sincérité dans votre retraite qu'on n’a cru à votre sincérité dans votre persistance à ne pas l'effectuer en temps opportun. Ne feignez pas de vous repentir, vous souilleriez la contrition, La pire des hypocrisies est l'hy pocrisie du désespoir moral, Restez où vous êtes ; restez-y avec los confectionneurs de la Minerve, avec les autres grimauds de la presse ministérielle, que je me réjouis de voir hostiles au grand réveil du peuple parcequ'ils auraient déshonorer le mouvement de leur adhésion. Notre cause est celle de l’immuable vérité, de l'éternelle justice; que les organes de l'iniquité et du mensonge

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donc un ministre doitil commettre l’imprudence de sortir d’un ‘abinet? Curtius était un imprudent, quand il se jetait dans un gouffre avec la persuasion de sauver le peuple romain ; Régulus était un émprudent, quand il retournait à Carthage subir le supplice que ses ennemis lui avaient promis; Popilius était imprudent, D quand il traçait autour d'Antiochus le cercle que vous auriez dû } faire autour de votre maître; Napoléon était imprudent quand il franchissait le pont d’Arcole et risquait l'existence du chef de l'ar-

mée ; et lorsque, plustard, ce capitaine couronné portait ses légions jusqu’à Moscou, dont il s'emparait par un de ces brillants faits d'armes qui ont fait la gloire du grand homme en mêmé temps que la ruine de la France, les Moscovites ont été imprudents de bruler leurs demeures pour ne pas subir l'humiliation de l'invasion el de l'oppression étrangères. Mais je m'aperçois que je vais chercher trop haut dans l'histoire les exemples que je vous cite et qu’on

our être resté dollars, et j'ai récède que ce ui vont croire our votre serla lettre dans À it de représen- | ue des centaienres s'étaient es ; alors que en déposer 76 istre, nous ne Toyons pas à

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que vous avez M én peut trouver dans l'anecdote plus à la portée de votre cœur. t que, vu vos MB Comme je crois que vous avez la prudence de ceux qui refusent ipporté, vous MB d'éteindre les incendies de peur de mouiller leurs plastrons de ir fait passer M chemise, laissez-moi rappeler à votre souvenir l’histoire de ce conlessus la spo- À M seil municipal d'une petite commune, qui ayant fait l'acquisition nat, Ondit, (9 d'une pompe à incendie, crût devoir en conséquence promulguer binet et que (4 un règlement portant les quatre prudents articles que voici: e d'allemand Æ 10 La pompe à incendie est destinée à éteindre les incendies ; tes où vous DS 95 Tout habitant de cette commune est pompier en naissant ;

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30 En cas d'incendie, la pompe na sera livrée aux pompiers qu'après une délibération du conseil municipal approuvée ensuite par le sous-préfêt ;

40 La pompe devra toujours être esseyée la veille d'un incendie.

auds de la Voilà, monsieur le ministre, l’image de votre sagesse, de votre . es au grand 0 circonspection, de votre prudence,

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que nous brisions les hommes qui ont compromis le salut du peuple? Vous païlez vainement des responsabilités du pouvoir ; vous vantez inutilement la pénétration dont vous vous dites pourvu et qui vous fait préférer votre sentiment à celui de toute la nation. Il y a une chose que je redoute pour vous, monsieur le ministre, c'est votre surabondance de modestie; vous en serez un jour ou l'autre suffoqué ; précautionnez-vous contre ces accès d'humilité qui pourraient vous emporter. Pour moi, qui pense que c'est précisément parceque vous avez cru l'entrainement populaire momentané que vous avez refusé de vous y confier, laissez-moi vous dire ceci : en sortant par la fenêtre du cabinet pour vous jeter sur les épaules du peuple, que vous croyiez évidemment plus basses que le pa..ier de ce confortable réduit, ce n’est pas une chute que vous auriez faite, c’est une ascension ; vous n'avez pas su le prévoir, voilà tout. | Je continue à vous lire :

Examinons un instant les faigs qui ont motivé ma couduite et celle de mes collègues. | | Louis Riel a quitté, l’angdernier,les Etats-Unis, dont il s'était fait naturaliser citoyen, pour venir combattre les institutions, les lois, les autorités canadiennes. Il a levé l'étendard de la rebellion dans notre Canada, si tranquille et si heureux dans la paix.

Ici, monsieur le ministre, vous vons placez complétement en dehors de la vérité. Il n’est pas vrai que Riel soit parti des Etats-Unis pour venir combatttre nos institutions.

Riel s'est rendu dans le Norü-ouest pour aller rédiger une perse des requêtes que vous avez reçues et dont vous avez nié l'existence. Dans le mois de mai 1884, une assemblée a eu lieu à Lindsay, dans le territoire du Nord-ouest. Elle se composait de Métis français et anglais; il y avait là des colons venus de ia province d'Ontario et qui prirent part à ce mouvement, lequel avait pour but d'envoyer quérir Riel dans le Montana pour lui confier la direction d'une agitation puremeut constitutionnelle, ainsi que le rapporte uu journal de la localité. Cette délégation 8e composait de messieurs Isbister, Dumont, Ouellette 6t Dumas. Elle parcourut plus de 700 miles et parvint à la demeure de votre malheureuse victime, Riel répondit par écrit à la demande des délégués, et cet écrit établit clairement qu'il n'était pas l’instigateur du mouvement, comme vous le dites, mais qu'il en a été le simple instrument, qu'il ne voulait pas être autre chose, Riel dit dans cette réponse : j'accepte votre bonne invitation j'irai passer

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quelques mois parmi vous dans l'espérance qu'à force d'envoyer des pétitions, nous obtiendrons du gouvernement le redressement de tous nos griefs. O naïveté, Ô candeur d'un pauvre insensé! Il espérait obtenir justice par des moyens pacifiques du gouvernement de sir Mohn A. Macdonald ! Ù M Et c'est vous, monsuur le ministre, qui prétendez que cet hom- Mme n'était pas fou! Voici maintenant le rapport des délégués ; il MA porte les quatre noms que j'ai mentionnés plus hant. On y lit les Mparoles suivantes : { Les discours de monsieur Riel nous remplis- Asent d'une grande confiance ; mais tout en nous aidant il n'a aucun M désir de suscüucr des difficultés au gouvernement. ” 11 me semble que 07 voilà une déclaration qui détruit la vôtre. Le major Crozier télé- MS graphia au gouvernement le 8 juillet 1884. Son télégramme était Qfainsiconçu: Louis Riel est arrivé avec sa famalle au Lac aux Canards. | Les Méris L'oNT AMEN 1c1 pour étre leur chef dans l'agitation qu'ils | font pour obtenir leurs droits. Ainsi, d'après ce soldat du gouvernement, Riel travaillait de concert avec les Métis à l'obtention de leur: | droits communs et ne conspirait pas contre la constitution, ni ne combattait ‘ les institutions, les lois, les autorités canadiennes. ”

Voici ce que Riel dit lui-même dans son ouvrage sur les Métis publié quelques jours après sa mort, et confié avant le moment de son exécution à son confesseur: ‘J'ai traversé les lignes sans “armes et sans munitions, emmenant avec moi ma femme et mes ‘enfants, Je ne pensais pas à la guerre, je venais faire des pétitions."

} Et pour prouver que le mouvement devait avoir, dans l'intention

à des promoteurs, un caractère tout à fait pacifique, je vais vous citer, après monsieur Amyot, les raisons que messieurs Charles Nolin et

} Maxime Lépine ont données à M onseigneur Grandin comme cause de l'excitation et du mécontentement des Métis:

Nous ne désirons pas que M. Louis Riel vienne chez nous en révolté et pour diriger des révoltés, mais nous voudrions l'avoir à notre tête, le regardant comme capable da rendre service à son pays et à ses compatriotes, et pour cette fin nous voudrions lui voir quelque charge dans le gouvernement, soit comme membre du conseil du Nord-ouest, soit oomme membre du snat,

Enfin Mgr Taché dit:

J'ai promis de dire la vérité sans tergiversation, aussi il me faut aborder le point le plus délicat de la question de nos troubles et parler de celui qui a été le plus on évidence et que l'on dit résumer toute la situation,

Louis Riel a été choisi par les Métis comme leur nhaf. Ils sont allés le cher. “cher sur la terre étrangère ; ils l'ont amené au milieu d'eux, sur les bords de la

Saskatchewan. Cette demande s'est faite par suite de l'inutilité des efforts tentés par les Métis et leurs amis pour faire reconnaître leurs äronts. Les Métis, ne comprenant pas comment on s'obstinait à les ignorer, se sont persuadés qu'ils étaient joués par ceux même en qui ils avaient mis jusqu'alors leur confiance. Ils crurent que Riel étant des leurs, ayant souffert avec eux et pour eux: mettrait plus de zèle à faire valoir leur cause, et par cela même obtiendrait plus de succès.

Vous voyez, monsieur le mimistre, que si les gens dont vous vous dites l'ancien et fidèle serviteur, ont cru à la vérité de vos assertions, ils sont sous une impression bien fausse.

Vousdites :

On vous a dit pour tenter de justifier la révolte de Riel: ‘“ Les Métis 4 avaient des griefs qgne le gonvernement ne voulait pas règler ” ; je laisserai le Père André lui-même répondre à cette affirmation. Au procès de Riel il a déclaré que: “I; réc'.;aations des Métis ont souvent changé de forme “ après l’arrivée de el. Avant son arrivée, ils voulaient des patentes pour ‘ leurs terres, ensu e des scrips donnant des droits transférables sur des “ terres, comme il en avait été donné aux Métis du Manitoba, puis des “ terres le long de la rivière (river surveys) etexemption de la taxe du bois. “ Le gouvernement répondit à leur requête leur accordant des lots le long “ des rivières, (C'était une concession très importante. La seule question ‘ qui restait à règler était celle des patentes et des droits aux coupes de “ bois et elle était en bonne voie de règlement.

“Vers le 4 mars, un télégramme fut reçu annonçant que le gouvernement “ avait fait ces concessions. "”

Ces paroles du père André n'affectent en rien la criminalité du gouvernement, Qu'importe que les réclamations des Métis aient varié dans leur caractère, il n'en est pas moins vrai qu'ils les faisaient depuis 1878 et que ce n’est qu’en mars 1885 que le gouvernement, poussé par la force, fait semblant d'y faire droit. Du reste, ii n'a rendu cette justice simulée, et qui lui a été arrachée, que sur un seul point : celui des arpentages ; et monsieur Blake a fait voir dans la chambre les longueurs et les distinctions odieuses qui ont accompagné cette concession. Je pourrais vous citer des pages entières des déclarations du père André contredisant les conclusions que vous cherchez à tirer de ces paroles. Vous poursuivez :

“Ainsi, d’après le père André, les principales réclamations étaient réglées ot les autres étaient en train de l'être, Dès 1883, le gouvernement était décidé d'envoyer le chef du département des terres, M. Lindsay Russell, régler ces réclnmati ns, mais un accident arrivé À cet officier l'empêcha de

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Pt POUR UE EN les nombreux griefs des Métis, il dit : ne obtiendrait ;

AN Je demande votre indulgence pour l'obligation dans laquelle je suis de: 10 vous faire connaître un grief personnel, qui cependant vous donnera une

s dont vous MM idée de l'état des affaires demandant un promptremède. J'ai au Lac au rité de vos WAR Canard: un espace de terre d'environ vingt acres dont j'ai été en possession NN depuis deux ons. La terre était cloturée et en avait couté beaucoup d’ar-

H gent et avait toujours été respectée comme étant la propriété de la mission : “Les Métis V0 catholique dans cette région. J'aiété l’un des premiers colons sur ce

HD point, et grâce à mes efforts la colonisation a augmenté rapidement, et personne ne m’a jamais contesté la possession légale de cette terre jusqu’au mois de mars dernier, quand un homme du nom de Kelly s’emparant de mes droits et sans entendre mes protestations, reclama la terre comme lui appartenant, y bâtit une maison, s’emparant aussi d'une partie de ma terre. Et ce n’est pas le seul exemple de ce genre au Lac.

Comme votre honorable corps est assemblé à Battleford pour légiférer sv les mesures qui, vu votre prudence et votre sagesse, devront concourir au bien et au developpement de cette contrée, permettez moi de m'adresser à vous pour appeler l'attention du gouvernement, à Ottawa, sur cet état 4e choses, et le presser à prendre des mesures assez énergiquos pour faire cesser ces griefs et décharger de ce fardeau les épaules du peuple, Juvernement parce que s’il n’y porte de suite son attention, les affaires peuvent se ten-

É: dre sérieusement. Souhaitant le meilleur succès à votre bonne volonté. criminalité pour le bien du pays, etc.

.. itée , , Û itdans le cours du procès des Métis Vous avez cité ce que le père André a ditdansle cours du p ,

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vrai qu'ils M Laissez-moi, à titre de réciprocité, vous citer ce qu'i: a dit après 885 que le À l'exécution, dans une lettre écrite à monsieur Lemieux. Parlant aire droit. 4 de son pauvre défunt:

aété arra- Il a surtout 6t6 fort Smu quand je l'ai informé que monsieur Fitzpatriok,

à peine débarqué de son voyage en Angleterre, s'était rendu en toute hâte à Ottawa pour tenter un dernier effort en sa faveur. Mais rien au monde ne pouvait le sauver. La détermination de le détruire était un parti pris chez sir John A. Macdonald depuis longtemps, et les ministres canadiens.

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ère André À français, nos défenseurs naturels, cédaient avec emprersement à la volonté

ecesparo- À despotique de leur maître tes session serssssesnereesesreseessenus RRELETETEENENTET) CRERETETETEEEEE IT EIRE TILLLENTITETELELII CITES ETES IEEE EE ET TETE TITI IE TNT I TITI ET EII TE

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emont était ! de Riel et se couvrir d'infamie aux yeux de l'histoire, au 'en laisant exécuter

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mpêcha de À Sir John, dans sa politique du Nord-ouest, a toujours eu le rare mérite de

X faire le contraire de tout ce que lui demandaient les vrais amis du pays, et,

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dans cette circonstance, où de toutes parts on lui a dit que Riel mort serait cent fois plus dangereux que vivant, il a suivi son ancien principe d’avoir pour politique son caprice et sa volonté arbitraire. |

Dans les dernières lignes que j'ai citées de vous, vous dites que dès 1883 le gouvernement voulait règler ces réclamations. Mais si en 1883 il avait des réclamations à règ'er, c'estqu'’il y en avait eu de faites. Alors, comment avez-vous pu écrire la phrase suivante, le 6 juin 1885, dans votre lettre a nos amis de Fall-River:

Si les Métis avaies+ des griefs sérieux contre le gouvernement canadien, la voie ordinaire des pétitions leur était cuverte comme à tout citoyen libre. Ils ne s’en sont pas prévalus.

Voilà de l'audace ou je ne m'y connais pas. En attendant que vous m'ayez expliqué cette contradiction si naturelle chez un homme pénétré de ‘ la responsabihté que le pouvoir impose ” el imbu du respect du serment, je vais continuer l'examen de votre intéressant travail où je trouve ces lignes :

Dans l'intervalle le gouverne ment dut s'enquérir du meilleur mode de satisfaire les Métis, soit par l'octroi des terres non tranférables, soit par des scrips comme av Mamitaba, soit par des scrips pour une somme d'argent déterminée. ù

Oui, je pense bien que le gouvernement aurait dû s'enquérir etc. seulement tout concourt à démontrer qu'il ne s’en est pas enquis.

Vousdites :

Au mois de janvier 1883 (le 28) le gouvernement passait un ordre en Conseil créant une commissivr chargée de régler soutes les réclamations des Métis. Le 4 février dernier un télégramme fut envoyé au Nord-ouest pour faire connaître la création de la commission, et quelques jours plus tard des circulaires étaient adressées aux maîtres de poste, aux prêtres de ces contrées pour les informer de l'arrivée prochaine de la commission.

On sait que celle-ci fut composée de MM. Street, Forget et Goulet, et qu'elle a réglé la plupart des réclamations. Riel qui était très bien renseigné sur tout ce qui se passait, se hâta de précipiter les évènements afin d’empêcher un règlement qui aurait dérangé tous ses plans et tous ses calculs. Il est évident que son orgueil et son ambition ne trouvaient pas leur compte dans une solution si simple, si pratique qui aurait épargné aux Métis la ruine, au pays une centaine d'existences, et plusieurs millions de dépenses dont vous aurez à payer le compte avec le reste de la nation.

Il y en avait donc des réclamations! Et ce n'est qu'en 1845 qu'on prend cette mesure, lorsque les requêtes ‘se succédaient depuis 1R78!

Mais ce n'est pas tout: votre véracité devient de plus en plus clatante, Vous dites que le 28 janvier 1885, le gouvernement à

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