Riel: réponse à Monsieur J.A. Chapleau
| des affaires gén #rales du Canada une doctrine à laquelle, avé mes : co-religioünäires politiques qui forment la minorilé apparente de d population, je suis résolument hostile. Avant le 16 du mois de
novembre, les seuls libéraux canadiens dounaient—par leurs repré sentants dans les chambres—un effet:-pratique à Jopposition que : ©: : provoque” ‘dans le pays votre administration. Les conserva’eurs— : 2:
les uns avec bésitétion, les auirés ‘avec une ardeur. non dissimulée
7 vous accordaient Teffcacité deleur appui Vatre gouvernement ‘était populaire, et, dans plus. d'un quartier, vous. étiez. personnelle- : “tmént aûulé. Que s'estil passé depuis ‘cette. date. pour modifier st... considérablement les rapports qui- existent. entre vous et vos pari-
Ge
- outrage à le race, à la nationalité
. . k . ; sans? C'est ce que je voudrais expliquer avec autant de concision et de précision que possible.
La façon déplorable dont les affaires des territoires du Nord-ouest avaient été traitées par les fonctionnaires relevant de votre autorité et soumis à votre. contrôle ; la guerre civile provoquée par la négligence du gouvernement ; l'impéritie criminelle du lieutenant gouverneur Dewdvey et les forfaits innommables de vos émissai-" resde tous étages ; les dépenses effrayantes que cette guerre a nécessitéee et la grande effusion du sang des nôtres qui en a été la consé.
. Quence inévitable; Fincarcération dans les prisonset dans les
pénitenciers—agrandis exprès—de ceux des Métis qui avaient été apprébendés pour avoir osése défendre contre la soldatesque : gouvernementale ; tout. cela n’avait pas ébranlé dans des proportions bien appréciables la confiance que vos partisans reposaient en vous. Louis Riel, le chef proclamé des insurgés, après avoir subi devant les singulières assises de Régina un procès plus singulier encore, à été, conformément ou non au verdict du jüry, con-
.amné à la peine capitale par monsieur Richardson, magistrat
stipendiaire et stipendié. (Cette étrange condamnation a créé dans ‘ toutle Canada une profonde et émouvante sensation, mais la
:stupeur universelle n’a pas été jusqu'au point d'é branler d'une façon décisive le confiance obstinée que vous aviez su insoirer au
gros du public. On comptait fermement que vous sauriez bien
empêcirer l'exécution de cette. sentence visiblement inique qu'on
unal pour en faire un sanglant.
< laquelle Riel et vous, monsieur | le ministre, vous appartenié; n comptait aussi énormément sur la duplicité bien connue 4u chef du cabinet, Cette doplicité, elle.
avait manifestement arrachée au t
- fait depuis des années Pâdmiration opiniâtrement sereine de tous
vos amis, et elle a, dagés leur appréciation, tenu lieu au premier
ministre ‘8e. toutes les vertus, ‘de toutes les capacités valables qu on
exige d’us homme d'Etat. «“SirJ ohn, disait-on, saura bien encore .
escamoter celte muscade encombrante pour sa politique et déplai-
sante aux sectaires fanatiques sous. les talons desquels nons parais-
: sons aujourd’hui écrasés. 7 "Voilà tes propos que Yon tenait, mon. .” ‘sieur le ministre, que l’on à tenus jnsqu’an jour fatal « où Louis Riel |
a été par vos ordres accroché au gibet de Régina. =.
. . ‘Enfin Riel a été pendu; il est mort ét repose aujourd'hui dans le” . "801 dé.la patrie qui le pleure: Eh bien, monsieur, admirez la: :- ——. tenacité de la confiance dont vous aviez “pénêtré vos. amis parmi. Le - lesquels j ie compile un grand nombre des miens;-—de cette confañce
.dont je vous entretiens. depuis que j'ai commencé à écrire ces gnes. Sur le contingent de ces amisil'en est resté un bon quart:
. qui n'ont pas voulu croire à la dépravation que vous attribuaient
les trois autres quarts de vos partisans de naguère. Ces fidèles répondaient à toutes les observations outrageantes. pour voire
caractère, qui se faisaient dans le public, que voùs naviez pu agir de la sorte sans avoir de forts motifs, nullement entachés de vénalité; que, incontestablemrent, vous ne pouviez vous dérober à la
responsabilité constitutionnel. de la décision prise par le cabinet, puisque vous y aviez donné vôtre acquiescement; mais ils voulaient toujours vous trouver plus faible et plus malheureux que coupable intérieurement. C’est avec une anxiété fébhile que
ces amis dévoués attendaient, dans le silence de leur cœur, les
explications que la Minerve, —jadis la trompette de vos triomphes et maintenant le partevoix de votre défaillance — promettait en votrenom. # Vous verrez, disaient-ils; que s'il s’est montré comme ministre impropre à mériter davantage la confiance du public, il ne s’est pas conduit cornme particulier de façon à se rendre indigne de nos. douloureuses sympathies.” Vous comprenez bien,
* monsieur le ministre, que ceux-là’ espéraient contre tout vestige
d'espérance. A mes yeux, i n’y aurait eu que la résurrection de
Riel, opérée par la force irrésistible de vos puissantes explications,
* pouriustifier cetteincrovablecrédulité. Hélas! elles sontarrivées "vos explications ; et: loin de tendre à faire sortir du tombeau cette “victime de l’oppression administrative, cé martyr de la cause de la ‘liberté et de la justice, vous vous acharnez à le tuer de nouveau,
- et le dernier reste de vos amis les-plus zélés n’ont plus pour vous . . que des paroles d'exécration. ‘ Mais ce n’est pas un homme ce
| Chapleav, disent-ils maintenant, c'est un chacal, c'est une hyène,' car il n’y a que ces bêtes fauves qui déterrent les cadavre pour en -
-repaître ‘leur voracité.” Voilà les exagérations de langage aux- .
. quellés vous avez contraint vos aduläteurs ; voilà les excès de parole que j'hésite à vous transcrire ici parce que je suis ennemi.
de toute violence. ‘Et n'allez pas croire. que c'est par un artifce de’ rhétorique que.je vous transmits cette expression des sentiments
soulevés contre vous. (C’est dans les rangs des vôtres qu'on vous
reproche. d'avoir récommencé le procès d’un homme qui 4 subi la peine de la sentence portée contre lur et. à qui. on nepeut plus ‘demander, selon la formule, si a quelque chose à dire avant quels : doi ait son cours. Car, dit Monseigneur Taché, dansur écrit qu'il. vent de livrer à il SPORE se pourquoi joue-ton le ro Si nique re