DRE
Mgr Taché déclare e encore que, dans une conversation qu’il a eue avec sir George et sir John, ils lui ont &it qu’en faisant partir Riel, . : it était probable qu'ils obtiendraient un plus fort appui dans les élec. “'Hions et qu'ils seraient ainsi plus en état d'accorder l'amnistie ; etils ont ajouté que cette absence. de Riel devait Gpreqous | le temps de Lélection. %s Ur Ceci prouve sufisamment que sir J ohn, fs qu’en vue des Ds élections alors. | :
Maintenant, les déclarations et les aout MM. Bellérose, Tru L et Amyot justifient amplement ma prétention que, vu aveügler : ‘: . antérieur de votre parti, vous éliez fondé à croire qu’il passer: ï Le CU - pardessus la pendaison de Riel comme Îl avait passé pardessus tant +. | 5 ——d'actes de scélératesse adminieu rative desquels M. Trudel ditque le. parti conservateur les a approuvés de ses votes par emtétement. L méme contre l'évidence, même au mépris ‘de lotte Jjustice.et de foule - morale, par pur aveulement causé par l'esprit de pari. Vous-avez cru que le parti conservateur français était comme je l’ai- déjà dé, | bernable à à merci ; et je dois avonerfque jusqu! ‘au jour de l'exécution, l'attitude de tous les journaux ministériels français n’a -pas peu . contribué à vous maintenir dans cette dangereuse sécurité. À cette. confiänce.aveügle que vous inspiraient à votre tour. les complai- . LT TT sauces--criminetles-autérieures de-vos anus. vous-arez.ajoutéles © RE , | intimidations scandaleules, abominables de cynisme ‘que, sous … - forme-d’artictes de j journanx, de. suppliques dégoûtantes et de réso- ce E lutiôns sanguivaires, la presse et les loges” orangistes “Jançaient | comme de: rouges. projectiles : sur votre gouvernement. ‘Car nous- [''avons vice soectaéle hideux, sans précédent -dans les lugubres “fastes des. ignominies buma‘nes, de gens, de. chrétiens. demandant, par requêtes à à l'Exécutif, Ja mise à mort d'un, Romme-sur qui pesait " uvesentence de tribunal. . Etc est à ces requêtes épouvaniablement : |ignobles que +0uS' avez: gb. L'espace me 1e manque poûr ÿ vous citer Die
toutes celles qui sont venues à la connaïssance du public; mais je
vais toujours vous en citer quelques unes. Voici ce que ‘disait.
F Orange-Sentinel du 18 septembre dernier:
Donc, quelie que soit ja conciusion à laquelle. en arrive le conseil privé sur les points de droits, la sentence Judiciaire prononcée par le savant Jugedoit être exécutée à tout événement.
Ainsi, aux veux de vos amis les Ofangistes, iln ÿ avail aucune décision du plus haut tribunal de l'Empire qui pût tenir devant
la nécessité préconisée par les. conservateurs orangistes—de. |
pendre, coûte que.coûte, Louis Riel. Absolument comme-vous,
-monsienr le ministre, le mème journal disait le 29 octobre : Le
sang de Thomas Scoit demande justice, et l'ou voulait faire mettre à mort en 1885, pour un prétendu erime commis en 1869. un hom-me. amnishé pour ce fait ‘en 1875! Et vous vous ëètes soumis à
cette inique injonction. Le même organe des orangisies pubiiait. le 10 septembre lentrefilet suivant :
Un correspondant qui-signe & un membre de L. 0: L No 698, ? nous
écrit de Popes Bay, et nous suggère que des démarches devraient être
faites avant los prochaines élections générales pour s'assurer des candidats aux honneurs parlementaires, }' engagement de favoriser l'incorporation de la societé Orangiste. Notre correspondant pense aussi qu'on devrait faire -
‘circuler des requêtes dans les comtés, les faire signer et les envoyer au
parlement, C'est regrettable, ajoute-t-il, de voir que les catholiques ro-. mains peuvent obtenir de la législature toutes les lois qu'ils désirent, pen. dant qu'une sociétée loyale 6 peut obcanir d'être incorporée. . Ou'a fait
beaucuup trop de dépenses pour | le procès de ce-vilain-Riel-—+ e-sour enr —
e de ce pauvre Scottest encore frais à la mémoire du peu- -plé du Canada, ef s’il écpappe encore une fois À la justice, faudra tenir legouxermement responsable de cela Notre correspondant ajoute, que si iel n'est pas exécuté, les. dépütés conservateurs perdront presque tons leurs partisans. ue
-" Lisous maintenant une ou deux résolutions dès loë ss. Voici ‘emprunte mes traductions à'la' Patrie :
À une assemblée tenue ä Dominion City, LO: 20 1449, le 22 septeibre,.
: Ï a été proposé par lefr, A. Scott, appuyé par le fr. 4. C. Scott, et résolù : Que les membres de cette loge voient arec regret,. que-.le. gouvernement. par le. gouverneur-générni; a accordé un sursis à l'archi-traître Louis David
Riel, et qu'il prend des moyens pour détourner les fins de la justice. ‘Nous:
-refusons. donc de supporter tout gouvernement qui permet à ceux qui sont - impliqués dans la rébel'on du Nord. ouest d'éc pperë. la peine d'une. .. juste sentence. : | - La résolution. suivante fat adopte pr Le “loge né 300: le 2 : | obiobre : ET »
Résolu que. les érangistés voient: avec. des sentiments de. orinte | ‘et ge.
o. Fons 18 tournure que prend l'affaire de‘Riel. :-Condarnné à'être’ pendu: ke: 18 du mois dernier’ il est encore. vivant, et cela maleré Jes nombreuses vies. .
qu'il 8 tait sacrifier. et'malgré les mülfiers de dollars: qu'il'à fit dépénser au. gourernement. “Nous recommandons: fortement de répouasi sont sabter- :
fage ; aucun délai ne doit être accordé à celui qui a été condamné comme chef de la rébelliont Nous désirons aussi fortement quenos frères, dans tout la Canada, sé joignent à nous pour empêcher tout ontrage à notre Reine et à notre patrie, que nous sommes tanus de chérir et de protéger.
nm
La loÿe 1334, de Fonthill, a résolu le 12-octobre: . Les membres de cette loge déclarent qu'ils ne supporteront aucun. gou-
‘ vernément quine verra pas à Ce que la justice suive son cours contre ceux
qui sont les fauteurs des troubles du Nord-Ouest, et qu'ils le combattront à à le prochaine élection . | |
Les orangistes de Fenelon Falls, loge, no 996, -dépiorént aussi la tournure que prend l'affaire Riel Le rebelle a été gondamné à être. pendu le'18
* septembre mais il est encore en vie; il demaride miséricorde ; nous espérons que cette prière ne-sera pas accordée, mais que sa première sentence
‘sera exécutéé. + . ‘ .
‘Je pourrais couvrir de nombreuses pages avéc dés citations ana ”
logues ; mais j'écris une courte brochure, et je W'ai nile temps ni
les moyens de produire an volume. C'est en face de l'äpathie coupa- :
ble de la province de Québec et de la fa ouche énergie des Orangistes d'Ontario; que vous vous êtes recueillis dans le cabinet pour faire le honteux calcul, ‘es supputations immondes qui vousont fait donner la tête de votre frère à 1a courtisane grotesque qui
- Vous vend ses faveurs. Vous avez cru par là jouir encore indéfnime,l des iucratives et voluptueuses fainéantises de vos postes
respectifs ; vous avez cru que désormais vous v pourriez dorioter
‘pérpétuéllement votre vénalité ét votre présomption. Je me.
——— crois mmaintenantantorisé À "VOUS dire qi C UNE parenle macu- D
di]
ES
“lation sur la couscieñce, vous et ceux qui seront tentés de vous appuyer de leur rapace bassesse, vous ue formez pas.un parti polis tique, vous êtes une compagnie d'exploitation illicite ; vous n'êtes : pas des hommes d'Etat, vous êtes des flibustiers ; vous n'êtes pas. les représentauts de la nation, vous êtes les détronsseurs du peuple,
- Je n'ai plus rien à retever dans le reste de votre lettre ; vous y -
… répétez ce.que j'ai démoli. — Le |
Je le produis pourtans par conscience. Voici: ... : "2
Le vénérable évêque de St-Albert, Mgr Grandin, a dit que la conduite de . Riél, peadant qu'il dirigeait-l’insurrection, avait été odieuse et monstrueuse,
ei qu'il avait systématiquement persécuté la religion Sic'est là. le-hëros que l'on yeut nous faire vénérer, Je ne serdi pas parmi ses admirateurs.
. ‘On veut aujourd'hui faire passer Riel pour nn saint. Qu'il soitmort en
bonnes dispositions, je espère, Dieu seul en est le juge ; mais nous n'avons .: ‘ pas à considérer comment-il est mort, mais comment il a vécu ; or, sur. cette derniére question, il n'est pas besoïn queje me prononce moi-même.
.Je n'ai qu'à citer le témoignage des missionnaires du Nord-Ouest qui, étant
"à sur les lieux, l'ont connu, ont pu juger de ses actes, de ses principes, dé” FT
sa piété et-de sa vertu, et certes il ne nous le donnent pas éomme un saint.
- A part les citations que j'ai déjà faites, voici d'abord la lettre collective des
1! :missionnaires de la région de Prince-Albert, datée du 12 juin 1885. Onpa ; . rait avoir oublié ce document important qui a pourtant été publié partout: :
er -
, “les sauvages, sur ses ordres.”
Le “Prince-Albert, 12 juin 1885.
“Nous, prètres des districts qu'affecte plus particulièrement h rébellion, : savoir : St-Laurant, St-Antoine, Graindin, Lac aux Canards et Batoche puisque c'est là, au milieu de notre population, que Louis “David” Riel avait établi ses quartier-généraux, désirons attirer l'attention de nos nationaux : du Canada et d'ailleurs sur ces faits.
“Louis “David” Riel ne mérite pas les sympathies de l'église Catholique Romaine et : des membres de cette Eglise, ayant usurpé notre mission de prêtres et privé notre population des avantages et des consolations que nous aurions pu lui offrir. È
UT1 a fait tout cela dans son intérêt purement personnel... | Signé : RR. Pères ANDRÉ* a “ * 'TOUSE, ” eo Movzx, a &° FourMOND, « G VEGREYLLLE, & € LEecor.
Et le Père Fourmond, desservant Batoche même : “J'ai été bien près de “a mort, “car siles balles et la fureur des révoltés m'ônt fait défaut, la guerre, l’apostasie, l'hérésie/le persécution, l'incendie, le pillage, tout s'est “déchainé contre nous ;onse serait cru à la fin du monde, Déjà nous “avions notre Ante-Christ dans la personne de ce fameux Riel, contre lequel “1 nousa fallu lutter, au péril de notre vie, pour détruire sa funeste influence “sur n0$ pauvres gens. . : TL
“Mon Dieu ! quel homme, quelle hypocrisie, quelle impiété tout à la fois!
CCE PEEEECCPENEETEE SEE none
“c'est pour cela qu'il a ruiné nos famille chrétiennes parle pillage et l'in.
.“cendie; c'est par une conséquence horrible de ses plans diaboliques qu'a.
“coulé le sans des blancs et celui des chers et zélés confrères massacrés par
Ces témoignäges-si forts-si-aocablants—suffisent trédifer tot omme de
777777 bon sens sur le caractère et la conduite de celui qui s'entraîné ses. œuvres,
les Métis. dans les plus grands malheurs. - ou Pour condamner notre conduite, on pos e enprincipe qu'on ne pumit plus. de nos jours de la peine capitale les crimes de haute trahison. C’estlà une maxime nouvelle aussi étrange que dangereuse contre laquelle s'insurge la J ; justice, protectrice de la paix et de La sécurité des sociétés. Proclamer que la baute trahison, qui entraîne avec elle le-meurtre, le pillage, la ruine des populations, ne doit pas être punie de mort, c’ést faire appel aux mauvaises passious des -ambitieux, c'est provoquer la révolte en lui garantissant. l'impunité. ou in Bu cr et, ‘Prétendre sérieusement qu’un hommé”conpable une fois de-haute trahi
son et de meurtre, gracié une fois-et repris ensuite les armes & à ain, doit 7 | ”. éompter d'avoir La vie sauve, c'est montrer une assurance que Rielluimème
|: n'ajamais eue, p DE .
- être le prix de à démarche qu'il entreprenait,*
qu’en quittant le Montina il a déclaré que 54 téte pouvait
- Ceite doctrine de la miséricorde en faveur des criminels politiques ne saurait, même si elle était admise, s'appliquer à celui qui dé sang-froid déchai-
ne sur ses compafrlotés les hordes de trbussauvages — “Qu'on ne vienne pas le justifier en disant qu’il avait foi dans sa mission, - “: que sa volonté n'était pas-criminelle puisque sa conscience guidée par son : . : . esprit, ne lui-reprochaît pas les actes effroyables qu'il commis et fait com- -méittre. ; Mais depuis quand est‘donc venue. cette doctrine ‘étrange qu’on: 0e doit pas panimles fautes de l'intelligence? Les fautes 8. sont plus criminelles encore. que celles-du cœur.
de l'intelligence
Une passion mauvaise avait vicié l'intelligence de ce grand coupable. : Devant Dieu et devant les hommes, il était coupable d'avoir faussé dansson esprit les éternelles notions du juste-et de l'injuste, dun vrai’ et du faux, de Fobéissance et de l'insubordination ; cette première culpabilité ôte toute excuse à ses actes criminels qui en ont découlé. . .
Non, il n’y avait qu'une excuse possible en sa faveur, c'était l'excuse de . Vo
. la folie. Il s'est chargé lui-même dos ses derniers moments, et il s'en est ’ fait glôire, de prouver au monde qu'il était parfaitement libre de sa volonté. Fi conscient de ses actes ot de ses fautes. Ilest mort en se répentant descri- .. À mes dont il avait été la cause, mais ce serait un outrage de Jui faire partager À lauréole glorieuse des grands patriotes, morts pour ia liberté en 57, de ‘le mettre au rang des victimes de. ces jours héroiques:' Pour les hommes qui pensent et qui raisonnent, la conduite de Riel ne mérite aucune éympathie sérieuse. Aussi, dit-on de toutes parts : # ce n'est pas pour lui que nous “ nous soulevons, nous n’avOns pas de sympathies pour ce qu’il a fait, mais “ nous voulions que sa peine fut commuée parce que tous les Canadiens- ( français demandaient qu’il ne subit pas la peine infamante de la mortsur # léchafaud. ” |
J'avoue que j'ai été profondément touché du concert de pitié et de misé-
. ricorde qui s'est élevé en faveur de ce grand coupable, et qui ont monté jusqu'au pied du trône. Mais dans cet élan de générosité de toute une populatio 1, on a perdu de vue le fait important que le crime a été commis dans une région lointaine . plus exposée que’ la nôtre aux bridages, aux soulèvements des Sauvages. On a oublié que l'unique sécurité de la vie, de la propriété des citoyens, de ces contrées nouvelles; réside dans l'exécution rigoureuse des lois. On.a oublié que les sauvages meurtriers du Lac à la Grenouille nè pouvaient être graclés, sans mettre toute la population blanche ä la merci de ces tribus féroces qui croient encore à
.leur victoire; et d'un autre côté, on ne pouvait les Lvrer aux mains du
bourreau, et accorder la vie sauve à celui qui leur fait prendre la hache de
: guerre. Ona oublié les péoisses mortelles dons lesguelles tonte une ——"popuétion à vu dE toners. Un à oubLe Ie demil, la douleur, le désespoir des victimes de cette odieuse révoite. On. 2 oubliè qûe le sang des
colons paisibles, des saints missionnaires, des soldats tombés ME
des révoltés criaient vengeance et que la justice devait faire un& répañtion éclatante, si l’on ne voulait que la clameur déchirante partie. des quatre
coins de cette immense rêgion,. ne se changeët en un \cri de :
désespoir et de haine. ‘ | KO ” On a oublié de se demavder si dns cette question de la rigueur on de la miséricorde dé la loi ceux qui avälent souffert, ceux dont les pères, les fils, les frères avaient par la faute du rebelle et doné l'avenir pouvait encore être . “ menncé, n'avaient pas autant le Qroit d'être entendus que. ceux. dont la | facile pitié peut s'exercer sans souci d’une. réparation par le passé sans le. 7" "'ééntäiment d'un danger peur l'avenir." On a même oublié qu'en Manitoba et dans les Territoires nous àvons des ‘compatriotes .disséminés épars :au ©. . milieu d'une population qui leur est étrangère et que cés braves avant. .: “… coureurs de la conquête pacifique que nous révons pourraient bien ressen- ” : réssentirfatalement le contre coup de l'agitation de nôtre.provinces. © Pour Québec, c'est une question de.sentiment : pourles .hébitants du Nord-Ouest, c'est une question de sécurité, une affaire de vie ou de mort. :. Ministte de Sa Mujesté, j'ai dû penser 4 toutes ces choses, peser tontes- : es raisons, : envisager froidemént la question sous toutes. ses faces” et, |". =: sous la responsabitité du serment solennel que j'ai prèté de fxire mon de- ° :" ” voir, de défendre la Coüronne, et protéger mes administrés. Responsable de... -. vant ma conscience et devant Dieu de chacune de mes décisions, je n’aipu |. trouver de justification ni d'excuse valable au crime du candämné.. Ses avo-.
Bo
76 NL Cats eux-mêmes ont déclaré que son’ procès avait été conduit d’une mauière impartiale ; la question de folie étant écertée, malgré la demande de grâce, le gouvernement a cru devoir conseiller à Sa Majesté, dans la personne de son représentant, d’empècher que la loi n'eut son cours. nn
Nous n'avions cédé en prenant cette décision, ni aux appels, nia l'inti. midation d'aucune secte Ou faction, comme les ennemis du gouvernement se sont plu à le répéter. Nous m'avons pris conseil que de l'intérêt supré- .
crme de ja société, le plus grand bien du pays la tranquilité nécessaire. au développement si désirable des immenses régions de l'Ouest et nous pouvons le dire an tonte sincérité, le plus grand bien d'une province: et de compatriotes qui nous sont chers. |. . . LL.
l'estime, l'affection, l'appui de nos comcitoyens nous sont précienx dans .
” : l'exécution des devoirs publics qui nous sont imposés C'est notre désir
autant que notre intérêt, de les préserver intacts, et si, du poste le plus .
* élevé que nous occupons avec la connaissance la plos étandue des besoins
de la société, des écueils à éviter, des dangers. à prévoir, nous avons Cru - prendre une décision qui nous était aussi pénible qu'à vaut, au-point de Fhumanité, nous avions le droit de vous demander de nous donnér le béné- :: fice de la confagce que vous avez toujours reposée en nous, et dont notre
‘dévouement et notre conduite vous étaient jes garante. atfe avenir.
En nous exposant à encourir votre diseräce, nous risquions n 1 On nous menaçait d’une chute certaine si nous consentioris à Fexécution.de la sentence du tribunal. Nous avons mis de côté l'attrait dela popularité
- et de la crainte de votre ressentiment pour rester fidèles à notre devoir. : ‘
N'est-ce pas là une présomption de notre droiture, de notre bonne foi ? On invoque les sentiments de race et de nationalité pour nous accuser
de faiblesse et de trahison. Faire autrement que nous avons fait, eut été
violer notre serment, sans profit pour le condamné, qui aurait été exécuté
quand même tous les ministres français auraient résigné, sans profit pour le :
Pays, sans profit pour notre province, avec le méque effrayant de compro-
mettre pour toujours sesintérêts les plus chers. . . : =. Ma conscience me dit que je n'ai roanqué, dens cote circonstance, ni à.
U—.—Disn-pieu-Souverain-néi mes vOMpÉ riotes.. courage qui m'a porté à
Den mme eee ue
-MRais qui. avait flagellé. les Pharisiens, lesquels: de. sôu:. temps. . .…Formaient le parti dominant. 2." For .…-Voici,:au surplus, les paroles de-Mer Taché que je vous cite pour... “. : Ta secondé fois: "7." 5. Le LUF
faire mon devoir sans faiblesse ne me fers pas défaut daus les tribalations : Péuibles dont on me mennce. Lo oo ne . Je vous ai servis depuis dix-huit ans avec joie, avec orgueil: Je ne conti-
nucrai & le faire qu'à une’ cenditron : celle de garder ma liberté, môn ‘. honneuret le souci de ma dignité. '
: J. A CHaPumag.
77 Le venérable évéque de Si-Aibert à opposé sa formelle dérégation 18 ce Que Vous et vos organes avez dit. Du reste, ce n'est pas pour- | hérésie que Riel:a été pendu, et je ne vois pas bien comment vois,
qui venez de faire si bien les affaires des sectaires orangistes, vous puissiez invoquer les intérêts de l'Eglise dont ces fanatiques trament.… SE
-a-ruine.- 4 fx reprodiciiôn de la‘lettre d+s ang missionnaires, je” . répondrai :en vous rappelant qu'elle leur a été subtilisée parun
agent du gouvernement qui voulait passer les lignes des ex-iusurgés
sans être molesté. Les missionnaires du Chrisÿ'n’ont pas coutume |
d'enlever leurs sympathies aux Condarnnés à mort. On les trouve.
. généralement sur les échafauds, à côté des infortunés quiy moment,
ayant à la main l'image de Celui qui 3 pardonné à ses Dourreaux,:
Les missionnairés ont souffert, mais.les missionnaires ne savent pas crier vengeance. Les deux seuls qui ont été appelés en témoignage en cette : cause, ont rendu témoignaga dans le sens de la défense. Pourquoi jouéton
- Je rôle si indigne de recommencer le procès de. l'infortuné exécuté devant le public, en invoquant les témoignages des révérends pères André et Fourmond, qui mis sous. sérmet à la cour, ont rendu un témoignage dont la OÙ conclusion naturelle n'était certainement pas l'échafaudi. On va jusqu'à * . torturer l’äme sl généreusement aimante de Monseigneur Grandin, ev lui Fe prétant an rôle indigne de sa position et de son cœur. Et tout cela, onn Vaudace de le dire, pour faire prévaloir la vérité. . D ot.
Le gouvernement a Jaissé faire l'exécution, il en à donc la responssbilité - et c'est une indignité de vouloir la faire peser sur d'autres, qu'on s’est bien - donné garde de consulter à ce sujet. : es :
. Elles sont suivies-de. celles-ci qui expliquent ussez dans quel .… désordre était l'esprit de ce pauvre Riel lorsqu'il a fait les choses - .Que-vous lui reprochez : . Le Pet ei - Pour ma part, une observation de vingt années m'a donné des convicéions . diamétralement opposées à celles que l’on invoque. J’avais trop de raisons ‘d'étudier dans ses moindres détails les dispositions etles actes de-mon infortuné protégé, pour pouvoir ne pas me rendre compte de ce qu'il était. °° " " êt de ce qui à pu le conduire à.la voie déplorable qu'il a suivie. Îlyæ bien. . "°° -. des dnnées que je suis convaincu, au delà de la possibilité d’un doute, qu'à . côté des brillantes qualités de l'esprit et du cœur, l'infortuné chef des Métis ” était en proie à une mégalomanie et théomanie qui seules peuvent expliquer : tout ce qu'il à fait jusqu'au dernier moment. . is . tir Vous êtes bienvenu vraiment à parker de Ja sécurité à établir ." daos le Nord ouest! Je vous démande un peu de quelle sécurité : T on peut jouir dans un pays dont le gouvérnement autorise la spo=— ce lation des habitants, méprise leurs requetes etfait pendre tes fonst macere: Je crois avoir fait voir sous leur vrai jour votre .droiture et votre fi bonne foi. Vous parlez du.risque effrayant . de compromettre pour | “+. toujours les intérèts les plus chers de notre province. de .vous - 7 entendstoujours: vous.et vos deux collégues français, vous-êtes ” -. --Jes trois sommets-de-notre nationalité. Vos visées sont plus éle- =. vées que celles de tous vos concitoyens, votre coup d'œil beaucoup :. plus pénétrant -que‘ le nôtre. Eh bien, 'je vous le disemtoute sécurité deconscience.: ces assertions ne valent ‘pas plus que tou- . =! (es celles que j'ai mises-à néant. C'est votre gouvernement qui a Le - == fait-tout le-mal.;c'est Jui.qui doit déchoir.…. C'est én.vain que vous - : voulez terrifier vos amis en les menaçant de l'avènement ‘des Libé-" “raux.. Les Hbéraux ne sont pas ostracisés du ‘poüvoir. Ils coniri-. :buent aù trésor. commun des sommes, dont ils-ont droit de con- naître et de contrôler l'emploi. Ils forment la’ loyale opposition“. "*:".. |." de Sa Majesté dans le Parlément.. E4 constitution les reconnait à. {ce titre comme. parti; ét l'application des principes de’ cette constis . -" tutiou leur appartient légitimement lorsqu'ils parviennent à établir !.. à la satisfaction de la majorité du peuple, lé caractère odieux.de . votre politique. Si vos prétentions étaient reconnues.comme vala | : ‘bles ils pourraient refuser d’acquitter. l'impôt et seformer-en : . =." société particulière. ‘ls ont rares ceux qui par suile des animosités ©. -: ou dés rancunes créées par les luttes du passé consentiront à.pré- :
a | 78 | ; Le
férer les’homicides aux libéraux. Voici à ce sujet l'opinion de trois journaux conservateurs. La Vérité du 19 décembre dit: h
Il nous semble que le moment est.bien mal choisi pour abîimer les grits”
Nous.ne pouvons plus, sans perdre le respect de nous-mêmes, marcher avec les tories, et plusieurs denos journalistes s'appliquent à rendre impossible toute entente avec- les grits. Et ces mêmes journalistes préteudent so le monopole de la prudence, de la modération, de la sagesse et du sens : por tiqu :
L Le dénlorent 4 toute agitation de crainte que la province de. Québec ne se ‘troie » aotée et ils font l'impossible pour empêcher une entente honorable entre la
| province de. Québec et les gris. y
Le Journal des Trois Rivières dit à son tour:
Nous sommes par le temps. qui court témoins de contradictions véritablement phénoménales.
" Nous ns voulons pas, pour le moment, parler du changement de front, si disgracieux pour l'honneur de la presse, opéré par plusieurs de nos eonfrè. res sur la question Riel, au moyen de. caracoles plus ou moins gouples ; il s'agit d'un autre détail.
Certains organes du cabinet fédéral, consacrent des colonnés entières depuis quelques jours à démontrer que M. Blake a commis un Î que impardonnable en offrant 55,000. pour l'arrestation de Riel, ques années et alors que les libéraux étaient au pouvoir. : Tout cela serait fort bien, mais ce qu’il ‘y à de renversant, c'est que ce ' - colossal travail d'argumentation est fait dans le but de justifier sir John et. . r ‘le cabinet actuel d'avoir sanctionné l'exécution du chef des Métis. - TT
On ne paraït pas même se douter que s'il n'était pas permis à M. Blake de donner des primes pour l'arrestation de Riel, il était encore moins pour. sir John ef ses collègues de le pendre.
- Oublie-ton que plus on incrimine les premiers, plus a on chule les seconds — qui ont fait pire ?
ést "profondément Runiliant pour dés ‘écrivains, d'ordinaire sérieux, d'être forcés par la position oblique qu'ils n'ont pas eu lé courage dé repous- : ser, de se discréditer devant leurs Iecteurs “par d'aussi disgracienses contra, dictiens. © .: A
Comme il sërait bien simple, plus honnête, plus honorable d'adresser | franchement à chacun le blâme que lui mérite s8 responsabilité ; d'admettre ; sens détour que si M. Blake est condamnable pouravoir offerts: une prime
. pour Parrestation injuste d'un citoyen, sir John et ses collègues ’e sont bien davantage pour lavoir fait appréhender et conduire à la potence :
Cela éviterait pour soi-même les angoisses que ne peut écarter un esprit .. | .intélligent et honnète quand il entre dans ls digue courbeévidentes et-pour "7777" ‘le public. le spectacle-pénibie dur näufrage où l’honneur sombre avecia . liberté et indépendance qu'il a droit d'attendre de ceux a sont chargés DAT de le renseigner ét de l'éclair. ° Ce
“ . J'ai fait voir en quoi consistait da fainéuse. affaire ‘des 85, 000. = -.+ Enfin voici comment la’ Presse accueille ces deux opinions:
[La Vérité etle Journal des Trois-Rivières & expliquent avec autant de. bon .sens que de fermeté sur la déplorable campagne que les jüurnaux ministé:: : riels ont entreprise contre les grits, et ‘contre l'alliance ges Cansdiens—. Cu UT ‘ Français avec l'élementgrit d'Ontario. - : ©
Le-Journal des: Trois kivières demande . q'on renonce à la mauvaise pi: -santerie : qui..consiste” à reprocher à M: Blake d’avoir ‘offert $5,000 pour. : … prendre: Biel; et dit que: c'est Lans dé. penser que des gens Sérieux paient.
chercher dans leurs attaques contre M. Blake, nn moyen de prouver que
les libéraux, ayant eu tort de vouloir emprisonner Riel, sir John A. Macdo
‘ mald a eu raison pour cela de le faire pendre.
Puis, ces libéraux dont vous craigrez lant l’avènement, vos “organes, qui les ont sisouvent iusultés, ne reculent pas devant
l'humiliante nécessité de solliciter leur alliance dans le Haut-Ca..
nada pour repousser les justes prélentionsde la province de Québec. “Mais les libéraux du Haut Canada ont. horreur de cette proposition de promiscuité. Avant de conclure je vais reproduire ces passages importants du manifeste de Mgr. Taché : ‘
.. Des esprits, hélas! trop superficiels ou trop insensés pour se livrer à un examen sérieux et impartial de nos difficultés, croient avoir satisfait à leur ‘devoir de citoyens en s'écriant: “c'est Riel qui est.la cause de tout.le mal, c'est lui qui a tout fait: il a payé de sa tête, maintenant le pays. est en
sûreté.” , Cette éxplication est tellement déraisonnable que si elle était -
acceptée, nous pourMons nous attendre à de nouveaux troubles,. dans un avenir prochain. Le récif sur lequel va se briser une embarcation n’est pas Ja seule cause de naufrage. Le mode de construction, la violence de Ia tempête, l'insuffisance où la faiblesse de l'équipage, l'ignorance ou l'incurie
. des pilotes; en un mot l’ensemble des circonstances dans lesquelles s’accom- ---
“plié la 7. n'est pas étranger au désastre quise produit sur un écueil.
. On a confié des emplois même importants à des officiers qu
n'avaient aucune des qualités essentielles à l'accompfiséement de leurs:
. devoirs, ‘Dans moñ humble opinion. il en sera toujours ainsi tant
—. que toutes les nominations se feront exclusivement au point de vue des " . "partis politiques. Tout en nommant des hommes indignes, on a écarté on
-.. Riel, ane pareille situation devrait, aux yeux ‘des
laissé” dans l'oubli d'autres éminemnient aptes, et cela uuiquement parce
: Leu } Ta À cela je vais ajouter ce qu'a dit.tout récemment M. Jackson, . un des membres-conservateurs du Conseil du Nord-ouest. M. dack- . son. est un tory qui, avant le discours doilt je vais citer quelques lignes, ne s'était jamais montré enclin à dire.un seni mot contre
le gouversement :. . ee . .
© : Le Conseil, dit monsieur Jackson, a soumis à maintes reprises su gou .vernement la nature sérieuse des reclamations non règlées des métis, mais
n'a prêté attention. à aucane des requêtes: Toute lattention portée à
aucane des représentations. de ce Conseil consiste en un télégramme de sir
..:-John-Macdonald disant qu'aussitôt après le retour d'Europe. du ministre de...
l'intérieur le gouvernement accorderait. a sérieuse considération aux affaires des Métis ! Ce. n’est que lorsque le paysa été menacé de i& guerre
:. civile qu'ane question de ‘cétte importance pour lesxterritoires et pour - "le Canada a paru digne d’une sérieuse considération. # :
. Ti faut que l’état des choses soit devenu ‘bien ‘intolérable por. ir
que les évèques et Les prêtres, les -tories et les conservateurs. qui. - sont en position d'en connaitre et d'én. apprécier le caractère,'le
dénoncent avec autant de vigueur. Même sans la pendaison de .
nservateurs,
.: provoquer. la déchéance du cabinet. ‘Vous êtes; ménsieur-le minis- : tre, constitutionnellement. et criminellement responsable de. cet .. Tétat desaffaires.. Vons-nous- avez. prêché.la prudence dans Té-
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Le | “ 80 :
cril que j'ai soumis à mon humble, mais sincère critique. dJevois, par la conduiteque vous avez teuue lors de l'assemblée de StJérome et par le voyage inattendu de sir John A. Macdonald en Angleterre, que, sur Ce point, les membres du gouvernement savent jouiire . l'exemple au précepte. Je. n'insisterai pas sur le fait qu'il ÿ-à un dégré de la prudence qui devient de la pusillanimité. Je me “borne-à vons dire, en lerminant, qu'un gouvernement qui fait évader ou qui fait pendré un homme par calcul électoral, se: montrant par ce fait capable de tout, n'offre aucune garantie de # sécurité à la nation, et que la suprème prudence pour celle-ci “ coûsiste à s'en débarraser au plustôt.
. Vous ävez sans doute trouvé dans le‘cours de cetle Réponse des
expressions dures portées à votre adresse. J'ai à faire.ici, avant.
de signer@ces lignes, une distinction explicative que vos propres amis n’ont pas su faire et que-je n'aurais Du placer dans le corps
= L vouset de moi. dJ’établis une différence aksolument tranchée < entre monsieur Chapleau, particulier, et l'honoräble Monsieur.
cr rt de mon travail sans parade me livrer à des subtilités indignes de
Chapleau, ministre. (est ce dernier que j'ai voulu attaqher, non .
‘pas l'aftre sur les qualités individuelles de qui je suis suffisamment édifié pourh'avoir autre chose que des éloges à lui décer- ‘ner. Vous êtes en ge moment l'incarnation d'une politique que je condamne et qui s'est clairement inspirée des théories de Ma--
-chiavel, que je méprise, des tendances à l'absorption de Richelieu, ”
ue j'exècre, et du sanguinaire despotisme de‘ Napoléon, que j'abhorre. J'admire‘la haute capacité de génie de ces grands hommes, mais il m'est impossible. de les considérer agtrement .que comme des fléaux'de l'humanité. Jene vous infligetai pas l’outrageante ironie de vous comparer à ces géants de l’idée tyrannique; je constate seulément que vous vous êtes passionné pour
2. leurs tendances e que.ce sont les principes sortis de cette admira- :
tion füñeste qui Sont la cause de toutes les fautes criminelles que”
-jé vous ai reprochées et même ‘de tous les défauts particuliers |
que jai eu là teméraire loyauté de signaler chez vous. Avec
Lai 2. d’autres principes—les bons-—<et les puissants. moyens d'ascen-
: - I : dance qui vous.ont été départis, vous seriez —en faisant fes sacri- U : fices quelquefois durs de l’'apôtre réellement épris de ses convie... {re . - Hons-devenu grandement admirable; vous avez préféré . ètre: | | facilement admiré. Tout cela tient plus à votre éducation politique qu'à vos dispositons naturelles EL c'est une grande infor-. tune-pour vous en même temps qu'un gfand malheur pour votre :
ee Le . : ei | | ; : … .
-Agréez, monSieu? le-ministre. Lu Le Fo LE
M7. .< pour votre caractère phivé.…
=: SuHyacinthe, décembre 1885. |: