SCENE I
(Le théâtre représente un salon où Marguerite est assise près d'une table, la tète inclinée et appuyée sur
ses maine.)
MarçGuEnire (au lever du rideau, se’ lève et marche).—Mon Dieu!... que mon cœur est brisé !,. J'aime Louis, mon cher Louis, et Ta fureur de l’orangisme et la trahison nationale vont. me le ravir !.., Après uiavoir fait subir les plus affreuses persécutions les méthants qui en veulent à ses jours, ont dirigé contre lui tous les moyens les plus indignes et les plus atroces pour le contraindre à s’expatrier!.. Aujourd’hui, le chemin de l'exil s'ouvre devant lui, et ‘il faut absolument qu’il le prenne!.. Ah!.. que les hommes le poursuivent encore plus par les traits mortels de leur malice et de leur perversité,...
plus je m'attacherai à lui! Qué je serais désolée j'ai la douce con-
e ne plus jamais le revoir!.. j viction que son cœur brûle d'amour pour moi, et il est persuadé que j’éprouve lpour lui l'affec-
*, tion la plus ardente et la plus profonde. Si depuis
4870, la liberté eût été rendue à Riel, je sais que notre union n'aurait pas tardé à se faire aux pieds de nos autels, et que j'aurais été depuis
longtemps mise au nombre des femmes les plus heureuses. Mais.. oh cruel destin !., un aÿenir sombre, plein de déchirements tombe ericore sous mes yeux: lui en exil el moi dans l’abandon et l'ennui... je sens que la vieime devient insupportable! (£'{le pleure, ensuite voyant entrer Riel elle.s'essuie les yeux et cherche à dissimuler ses. émotions.)