‹ Riel: tragédie en quatre actesChapitre 2 sur 67 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Orseau-Rot, ESPRIT-VOoŸAGEUR, LE JONGLEUR, PIERRE, WapisrAn (arte), ANSUK (loutre), OTCHIMASKUEO (reine). +, Le .

PrènRe (faisant ‘temblant” d'entrer). —Tiens !

Vous vla encore après faire les paresseux !..

et vos femmes... elles travaillent tant qu'elles

peuvent, font tout l’ouvragel Eh1..'mon Dieu, c'est ben toujours vous autres. Un

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LE

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Oiseau-Roi.—Ben Pierre! As-tu des nouvelles aujourd'hui ? ;

Pienrë.—Oui!... une bonne...

Oiseau-Rot.—Quoi donc ?

Prenn6.—Eh ben une chose que vous ne savez pas, c'est! que là-bas on dit que vous êtes des rangés-bori-t: mps. ‘

Oiseau-Ror.—N importe que ça les dérange |

. nous, ça fait notre affaire, ça nous arrange.

. Et pis ça l'arrange-ti, ça Pierre :

Pigare.—Il faut ben... d'ailleurs vous savez ben que.je suis votre ami, et que je‘suis content quand vous l’êtes tous ensemble, comme à c'te beure. Ecoutez! j'ai une autre nouvelle.

Orstau-Ror.—Eh ben !

Pierre.—C'est uñe grande peur que j'ai eve, ce matin, lorsque je passais à la tête du grand rapide, là-bas.

Oiseau-Rot.—-Oui ! c’est du nouveau... nous avoir jamais peur. Mais qu'est-ce qui l'a fait peur ? |

PreRRe.—J'ai vu toutes ces provisions que vous avez laissées là-bas, et je me suis dit : pourquoi ont-ils laissé cela là ? ben certain que ça va être volé ! et j’ai eu peur qu’en effet ce malheur vous arrive, et j'ai encore peur.

OrsEau-Rot.—Ah ben, par exemple, tais-toi, Pierre... Vraiment tu ne connais pas une chose.

PIERRE. —Quoi ce que c’est ?

Orseau-Ror.—Sais-in pourquoi nous pas avoir de troubles 1à-dessus ? .

. Pisrre.—C'est ce que je veux savoir. É

OisEAu-Roï.—<Eh ben ! dans cette place-là, il ne passe que des sauvages, jamais on n’y voit

= — dé blhnès, étéepté toi qui noùs'as toujours paru bon garçon: ‘ nee as cut ou ho: “ rt “PIERRE. —Béaû déthpliment pour ‘les brants ! “"Oistau-Roï,-En effetie, ce sont eux qui nous volent et: qui font Joutes'éoites ‘de mauvaises, choses que nous hé ébhriaissOhs pas." Prenre.—T’as ben raison, Oiseau-Hoi. ", * Warigian. (pendant le. dialogue. précédent, elle aura été occupée.à laver. Elle court vers Mauvais Esprit, qui fume).—Mé-h:...Mauvais-Esprit, {Ællele se, el. continue, à. fumer: comme si rien n'était), viens donc aider à moi à retordre ce linge-là, moi être ben fatiguée, moi n’en peut plus. (Les regardant tous):vous êtes ben chanceux, vivre.comime. bas on, nr Un, Mauvais-EsPriT.—Wapistan, viens pas :me tanner, hen !:..:(11 continue: à fumer.) -;. ": - ANBur (faisant sa totlette).—Otehimaskued as-tu quelque chose à donner à moi pour rman-

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& oi if:

ger?.is Jaifaimt à, à rh ne urel OrcHmAsKUEO.—Ansuk, si {as tant : faim) urquoi ne te mets-tw pas en-train de m'aider, (eue aperçoit des gibiers ‘ventr, elle saute vers Esprit-Voyageur, qui fait k' dormeurjiet ellé Le pousse.) Eh! Esptit-Voyhgeur. . de pros l'oiséaux. viennent de là-Bas 1... vite ton fustft, .… vitu-les tirer.‘ Dépêche-toi donc, paresseux, .. éh1 qu’on va fâire quette chose de bon:à-manger!.. “"Esprrt-VoyaAGeUR (faisant ‘semblant de se réveiller). Laisse-les doncäiler. : on vain de bé manger à!.. On ati encore pour demain ? ‘Si

alors pas assez, eh ben? rious irôns à la chasse, . C’estbon dormit hen'!., (J{ fait encore semblant dé dormir. } ES role Macot venise

es

PIERRE.—Ah! Ah! Ah!... mais c'est-ti vrai * que vous laissez tous passer cette chance-là ?

Oistau-Ror.—Cela ne fait rien !.. Dans les temps durs, on est ben accoutumé à la misèré, Les blancs qu'Ottaouais envoient iêitte sont loin, allez, de.nous donner le strict nécessaire.

; Pierne,—ls doivent vous nourrir comme il aut.

OrseAu-Roi.—Au contraire, c’est du bœuf pourri, du pain noir et mouzt qu’ils nous donnent pour que nous ne crevions pas de faim.

Esprit- VOYAGEUR (se -réveifant).—C'est pas encore toute !... nous trouvons qu'il est ben dur d’avoir du tabac.

Mauvais-Esprit.—Et pis!... comme c’est difficile aussi d’avoir l'eau de feu}... hou... le whisky. ce

EsPrIT-VOYAGEUR.—Oh ! toi, pas parler::à moi de bouisky,... moi avoir la gorge sèche !.… c’est si bon | .

LE JonGLeur (1 se frappe le bras, il dit qu'il appelle le Matshimanitou (le mauvais-esprit); ?/ prôduit un certain son avec sa.bouche ét. affirme que Maishimanitou lui apparaît.) . :

Tous LES AUTRES SAUVAGES (remplis de frayeur). —Qu'il nous tue pas! Oh! qu'il nous tue pas! prenez garde | D ST 8 .

LE JonGLEuR (paraissant mystérieux). Wapistah, croyez-moi, Matshimanitou me dit de vous dire que vous devriez aller chercher dans le.lac, là-bas, un peu d’eau et en boire, pour vous guérir, si demain vous êtes malade à’ cause de la dure journée que vous faites aujourd’hui. Matshimanitou me dit de vous dire, à.tous vous autres, qu’il va afriver un malheur à notre chef et que les blancs vont nous causer ben des miséres.

me 9 nn. ” - |

PiërRE (se fournant comme pour parler à Pauditotre seul).—Mon Dieu! qu'ils. sont bôtes ! ils croient tout ça ; et quand çass’adonne ils croient ces folies encore ben plus fort-! (4! sort.)

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