SCÈNE IV
DüuuonT seul.
({lmarche et parait très fatigué et très sombre).— Depuis de longs mois, de montagnes en montagues, de‘tollines en collines, de vallées en vallées, nous allons à la bonne aventure, Nous sommes morts de futigues, et, si ce n’était que les secours de quelques braves amis, nous n’anrions plus, aujourd hui, de souffle de vie. Au milieu de nos misères, nous nous étions encore fait illusion : nous ne pouvions pas nous imaginer que le gouvernement d'Ottawa n'avait pas enfin libéré nos compatriotes déjà, alors, retenus trop longtemps dans la prison. A notre
rand étonnement, te matin, nous voÿons toui e contrairè sur des journaux canadiens que des amis viennent de nous passer ! Nos concitoyens ne sont pas encore mis en liberté !.. et, est-ce croyable, Riel est encore dans les fers subissant
our da troisième fois, les tortures d'une con-
atnalion à mort. Pourquoi accorder un troi-
sième répit à notre magnanime chef, ce grand ‘défenseur de la patrie et de la liberté ? Le gou-
vérnement devrait savoir que tous ces sursis font
descendre dans l’âme de ce brave patriote les
supplices de la mort. Ces remises ne sont que le
résultat de l'intrigue et m'apparaissent comme
la plus cruelle supercherie pour maintenir la
province de Québec dans une fausse espérance.
Ah ! je remercie surtout les journaux français ‘ et hibéraux du Canada, pour l'intelligence et le
cœur qu'ils montrent par rapport à notre cause," en vouant à l’exécration publique tous les bour-
reaux politiques qui déshonoreunt la capitale de
la Puissance. (/{ regarde.) Allons! Voilà mon
ami Dumas. (/{ regarde encore.) Mais avec qui
est-il ?.. Dans tous les cas, cet inconnu m'a l’air
d'un vrai gentilhomme. (Z} s'avance vers eux.)