SCENE VII
EsrRiT- VOYAGEUR ‘‘ seul ”.
(Pendant que les précédents sortent, il fait semblant d'entendre venir et de voir des officiers en habit rouge, et se tourne du côté de l'auditoire) : Oh!:. la curiosité m’emporte... il faut que je ‘sache ce qu'ils viennent faire ici et ce qu’ils vont dire. (Z{ se cache sur un des côtés du théâtre.)
Du. Scaurrz. (entre seul, il marche, fâché). — Je ne peux plus contenir mon indignation } Ah les gueux de métis français !.. Ahf.. mon séræent de Riel... Comment !.. ils viennent de former un gouvernement provisoire!... Ah! ce maudit Riel va nous donner du fil à retordre.… : je le vois bien... car il paraît que son gouvernement est approuvé par le.gouverneur .McTavish, reconnu par Lord Granville du parlement
. spécial, et que les autorités cünadiennes, ayant
reçu l’ordre d'Angleterre de iraiter avec lui , vont être obligées de le considérer comme légitime. Ah ça va mal (4 tarche vite). Pourtant ce damnné de Riel et les siens n auront Le le dessus."
‘ ot | SCENE. a sg tun
À nauct “À PORSS] h
LES DEUX récienrs #4 ‘ Dennis eng". .
Dennis.— Allons, “lions, docteur! “vous êtes bien de mauvaise. ‘huineur ! qu’ 'aver-Vüns donc sur les nerfs? °° 0
Dr. Scaurrz.—Riel, tonnerre ! *- *" rt
Dennis.—Riel contre nous! oubliez ténique nous sommes la race ‘supérieure? DS
Da. Schurrz.—Si incontestablément, : “qu'il importe ‘d'avoir recours ‘aux moyens les plus extrêmes pour éloigner:de noùs means
d'indiens et tous ces métis catholiques’et de :
‘race française, qui ne sont que des lâches'et des .
ignorants |! Que nous reste-t-il à faire pour fous
‘rendre maîtres enfin de tout ‘le’ Nord-Ouèst ? Vous connaissez les évènéments du jour ?.:"#:
‘Puissance du Cahada:
: DeNNIs.—Je sais que tous'les thêtis' sont très d'Hudson a. transferrg tout le Nôrd-Ouestià: la ls disent qu'ils'dnt : été vendus ét achetés ‘come du bétail, ‘et sonten fureur." De: plôs, sur l'avis et.‘le ‘consentement
“ excités, depuis que. er ‘de.'la Baie .
‘du .goüverneür'MceTavish,. Riel::a ‘organisé un
: gouyerriemeht tem poraire, dünt tous les membres “ont, ‘été élus’ à l’unarimité" par ‘une -céñvéttion de 40 députés; 20 d'origine ange, 26 de, .fang
© français.
Dr. Scnuzrz.—Et Riel en est le président 1!
Dennis.—C'est le cas, mais cela ne fait rièn à Pañaire. nn, ee
Da. ScuuLrz.—Je ne peux m'expliquer comment il se fait qu’un cafholique comme lui occupe un® telle place dans un gouvernement quelconque. Ce qui me choque souverainement c’est de voir que la plupart des membres de ce. nouveau gouvernement sont des métis anglais. :
Denwis.—Eh bien ! pas de mal à cela !
Dr. Scuuurz.—Et ce document qu'ils appel- Jeni liste de leurs Droits et qu’ils viennent d’envoyer à Ottawa, qu’en dites-vous ?
Dennis.—Ce n'est loujours pas le canon Gatling!
Dr. Scuurrz.—Non; mais écoutez !.. Dans ce document ils ont.eu bien soin d'exposer clairement tous Jes droits de la nation métisse. et les conditions de l'entrée de cette province dans la Confédération canadienne. De plus, .ils$e proposent d'envoyer des délégués à Ottawa pour s'entendre amicalement de part et d'autre, par rapport à ces droits et conditions dont la garantie . seule les fera consentir à l'annexion de ce pays à la Confédération. Le gouvernement fédéral pourrait avoir la faiblesse d'accéder à leurs demandes et faire justice à leurs réclamations. lis soutiennent que la transaction faite entre la compagnie de la Baie d'Hudson et le gouverne- ment canadien est une insulte à leur nationalité, est une violation du droit des gens, et qu’elle ne les oblige pas à se livrer comme un lot. d'animaux vivants. .Ils.affinment qu’ils sont un peuple. sur lequel tombent les rayons du soleil :de”la civilisation. lis proclament que le gouvernement
L) d'Ottawa n’a pss plus de droit sur eux..que le
roi de Chinc. SUR te ENS QU et ex U Dennis.—Tout cela.ne m'effraie; pas. :.
Dh. Seuuzrz.—Vourlant qu'en seraitil de
notre parti, si le Cabtnet d'Otlawa écoutait Jeurs prétentions ? Qu'en serait-il de;la. proclamation gouverneur McDougall et de la éommission incendiaire dont il nous a chargés? Îl me semble ue nous reculerions beaucoup au lieu d'avancer. ’est celte perspeclive qui m'irrite él me met 1ors de moi-même. . . 1 4 Dennis.-—Docteur, est-ce que réellement votre Jravoure s'évanouirait ainsi devant. une poignée le métis insurgés et absolumént incapables d'en-
rainer.les ministres d'Oltawai dans les faiblesses":
(ue vous. appréhendez ?. Vous faijes-vous «ainsi lusion sur les dispositions. du . gouvernement e la Puissance ? N'avez-vous pas assez.de preuve ue, comme nous, il veul l'extinction de la race rariçaisé dans le Nord-Oueslet Paccaparement
us ps Ja preuve consolante que nous.sommes ‘è-les, vainqueurs et les maîtres sur les bords la Rivière-Rouge-et partout dans -ces vastes
€ noys sommes chargés de mettre ‘tout’ à feu à nous rencontrerons des -rebelles,
te
moins n’avons-nous pas réussi ? Tous ces métis, la honte de la civilisation, ont bien été obligés de subir toutes les paroles dures que vous'leur avez adressées par la voie de votre journal. Considérant que le Nord-Ouest serait mieux exploité par la race anglaise, Thomes Spence a organisé, ’année-dernière, un gouvernement provisoire et arboré le drapeau de la république. N’estice pas un magnifique coup d'Etat? Former un gouvernement démocratique au défi du’ gouvernément légitime du Nord-Ouest, et‘en ‘contravention à l’allégeance due à la Reine d'Angleterre ? M. Walter Hobert Bowan, qui vous a ‘succédé dans la rédaction du North-Wester, ne continüuet-il pas à adresser aux métis français catholiqués dés choses qui ne’sont pas des. compliments ? N’avons-nous pas réüssi à arpenter dés terrains dont les métis se considèrent les propriétaires ? Vous, Dr. Schultz,ne vous êtes-yous pas empaté, avec M. Snow, chacun un mille carré des Meilleures terres qui appartiennent aux métis? Et moi, ne me suis-je pas accaparé cinq milles carrés des terres les plus fertiles et réclamées par les colons de la Rivière-Rouge? Des! émirants d'Ontario ne sont-ils pas venus s'établir la rivière des Ilots-de-Bois, sur des terrains considérés par les métis français comme ‘leurs propriétés? Ne se sont-ils pas immortalisés‘1à par une témérité, sans exemple dans toutes cès contrées ? Ils ont changé le nom de la rivière aux Ilots-de-Bois en celüi de Boyne, comme pour jeter linsulte à ‘la’religion catholiqus. Après avoir été les auteurs dé‘tels exploits, nôns avons cru devoir nous faire appeler Loÿaux et, partout dans la provincé d'Ontario, on nous décerne ce beau titre.
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Da. Senvzrz.—C'est vrai! je said bien ‘tout cela ? Bravo ! Nous avons là le gage’ des succès qui nous attendent'dang l'avenir! + 7" 10 Dennis.-En effet ! Qu'ont'fait les métis le face de tant de‘ pergééutions ? 1ls ont''pousk leurs cris de protestations'et toûtes‘leurs récla: mations n'ont abouti: qu’à! prouver leur ‘impuissance! Dee ep ie er Dr. Soaurrz.—Mäis dubliez-vous que Riel ‘ét sa bande, au nombre de 18, ont eu‘le ‘courage et la force d'arrêter les opérations dè l’arpenteur Webb que vous'aviéz envoyé ‘à la Pôinte-du- Chêne? Ils ont mis leurs pieds sûr les chatnës ‘des arpenteurs'et les:ont forcés de se retirer. «: ‘ DENNis.—C’est parce qu’en: prévision’ d’une
telle éventualité j'avais dorinéà Webb: instrue- :
. « ARR ; rat on sn pes | - tion de ne pas résister: ‘Il''en aurait ‘été ‘bien,
” antrement, si j'avais voulu foùrnir à lui et À'ses
hommes les moyens, de’ ‘poüsser' plus lôin'tleurs
travaux d’arpentage. Né sont-cé pas: autant "de - tfornphés que:nou$ avons ‘rériportés contre. là , nation métisse française et catholique ? En avoni- ;
noùseu peur,qüuand l'enlèvement deses plusbelles .
terres l'a poussée à'là pluseïtrême iridignation"?
Au contraire, nous lui'‘avons affirmé ‘que hoùs*
étions les représentants de l'autorité; nou l'avons traitée de‘rébellé; de révoltéé, d'insurgée, et ‘il lui a fallu nous laisser arpenter les: terrains occupés par'ellet "mie NU : “Dr. Scauzrz.—Denuis, je'n’aï jamais nié que ‘la valeur et l’inflience de notre ‘parti : se Soient ‘’agrandieë ‘considérablement ‘dejuiël un certain . nombre d’anéès, et’ les métis” confäissent bien ‘lésgriefs qui-les ot portés à tant sé plaindies! *Dennis.—Toutes softes de”.persécutions” ht
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été dirigées contre eux, pour les priver de leurs emplacements et pour leur eulever l'honneur.
On nous dit que.le souflle empesté de l’immoralité a été déchainé contre eux, ainsi que conire les sauvages. Ils ont dû dépérir sous l'action délétère de cette immoralité immonde,, ; ,..
Dr. Scauzrz.-rParbleu,l:qu’on ait fait subir anx métis toutes sortes’ de misères et loutes «espèces d’infamies, je n'ai, pas à sympathiser avec eux. Je ne désire qu’une chose : c'est d’arracher les richesses de ce. sol aux métis canadiens-français surtout, qui ne sauront ni. ne pourront jamais les exploiter comme il. faut Écoutez, Denuis ! La réflexion sur {out ce que vous venez de me raconter, change .mes idees. Poussé par les seides orangistes qui le soutienaent, grâce à l’aplatissement des chefs conservateurs de la province de. Québec, le ministère d'Ottawa forcera quand même tout le Noïd- .Quest à entrer dans la confédération. - : Dexnis.—Certainement ! peu importe au Cabinet, si c'est son droit ou non ! Iffaut que l'acqui- .sition d'un aussi grand pays couronne tous les -expédients politiques auxquels il est. obligé d’avoir recours constamment. , , De, ScuuLrs.-—Dans tous les cas, nous avons à nous féliciter pour avoir «choisi les meilleurs terrains. Û mou re nn 7 Dennis.—QOui ! mais il faut bien.se l'avouer : Jes métis ont été réellement traqués cbmme des bêtes fauves. Victimes de tant d'extorsions, accablés d'insultes et d’outrages, indignès conire la compagnie de la Baie :d'Hudson qui les’ avait livrés pieds.et poings liés au Canada, excités au : suprême degré lorsqu'en réponse à leurs répré-
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setitations et leirs: démandus, la chambre fédé-i rüle Jenr a envoyé” 300" ‘enrabinied! 40,000 vais téuches ét” un: hebtenaht: gouvérnétié" carradien' sans droil'sur eux, il ‘n’est ‘pas étonnant qu'ils aient: "organisé un” ‘ouvernement': provisoire, qu'ilsse soient'mis'éous les armes en" ‘aussi grañd' nôrbre, qu “ile se soient emphrés de Fort-Gaery: et{qw'ils’ pürlent d'envoyer # Oltaa:le Père Rite ot; John B'ack' étAÏ fred'Stott, Mais” tout cela ‘ne m'épouvante pis. "fs n “obtiéndront. ré dans la capitale de la Puissance.
Quant à nous, nous n'avons pas de temps à : perdre-pour réduire tous, ces-mêtis insubordon- ,nés. Nous allons bien les contraindreà venir : avec nous,acclamer l’arrivée du: premier lie lenant-gouVernieur.” Biei "que crie, mot "yèus, détéstiez les” sauvages,” prenez’ encore: tous: Îles. moyens ‘d'en ränger autant que R possible dé’ otre côté. ‘Ce. sera'aütañt d’atiés an nous setiront à soumettre lés“tiétis, "12m x, Dr. SCHULTZ.—F'ai dejà gné l'alliance ‘des sauvagés Chippeivays ‘et des’ ÉSiüux, grâce ‘# l'aide de Sh ann et de Monkman.; di Déxnis Très bién ! quant & mot, j'ai af ain .tié des sauvages Swanipies. ou Muskegon, qué Lp j'ai déjà réunis aw Fort-dé-Pierre, De “re J'ar en voy da X'WebbPordre'fe-férmey: quatre CONTpaû res. au Portage”de-H-Prairre. fee Je ri& ür ultoi comme Hieuténänt, je RE rai le” andément dé toutes" cés forces. ETS terez Ja. rivière. avec, tous” VOS Re ie
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