‹ Riel: tragédie en quatre actesChapitre 5 sur 67 · SCENE IV. ati sp · texte numérisé non relu

SCENE IV. ati sp

© Espatr-VOoyAGEuR séul.

à 4 it De he ‘ ni

(1! marche, se retire en arrière, fait semblan de ne pas être vu des autres qui sorieni}.—Je l'aime ben; cette robe noire-là !.: c'est un si bon homme, .. il a l’air si respectable !.. je .pensë ben qu’il dit la vérité ; ça.sent. bon. dans tous les cas, (out ce qu'il dit; mais j'ai cette: odeur de bouisky dans le nez, qui fait affreusement:sonf. frir mon gosier. Ah !... je vais me-rendre aux barils, qui. ne. sont pas loin; et, pas. si . bête, je vais prend une ribote, qui s'appelle:... (41 s'arrêle tout à coup en aperesvant Goulet et. Parisien qui entrent.) . Mi

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Horse oo! anute SCENE V.: ‘1 ul il F

1e ioetat ide

F Esrarr-VoraGgdm, GOULET, PARISIEN.

po no Pt mi ai oi suin :..GOULET. (ex; entrant). —Allons ! Allons, voilà bien Esprit-Voyageur. : On le voit. partout,,ca gaillard-Hà. 72 pl D € um Hipetre EspRit- VOYAGEUR: rh qui !... jusque dans les barils. de. whisky. 1 2.1. jus, «ul.

‘Gouzet.— C'est une:bien bonne liqueur, pour en tuer plusieurs. Nous ne sommes: pas entrain de badiner, pour le moment... 5,5 2û pis à on , Bserrr- VOYAGEUR Non. Vous, verrez: fout à l'heure que je vous metfrai. ben en. érain. Gouret.—Ca dépendra... Écoute! Parisien, parlons sérieusement. Si tous ces” étrangers,

C3 —— 4 g— pleins de;baine contre nô4s,. ne. s'introduisaient pas au milieu de nos frères métis, combien. noué serions heureux.dans notté'immense pays ti

. PARISIEN. C'est bien Vrail,.,, Que:de .plaisira nous dannent. ñ6s. belles: forêts-remplies , de tant de sortes d'oiseaux et d'anigaux ! Fo, - GouceT,— Qui! tous ces animaux à fourrures, comte: la loutre, le tasior, Fhermine,.la marte, nous-permettent. de.xréaliser des, revenus: qui: qoûs adeñtà faire face:aux misères de da. vie. :. . PaRISIEN.—Toufes;, ces :verdoyantes, prairies où:cpurent encore des buîles, où nous respirona un air.si pur,.et où nous.avons -tant de liberté ;. tous nos sains. missionnaires avec ieprs crucifix,. leurs églises, leurs. antels, leurs chants, leurs taëchanies.. cérémonies , religieuses, combien. toutes ces choses nous font teduver la vie dauce etsagréable !. Sans.comptér-toul çele, il nous.est permis de, choisir les:terres ‘queasnous voulons cultiver. N'est-ce :pas vrai .que nous:.sommes à même d'avoir toutes sortes. de satisfactians ?: . . GouLer.—Je l'anope-bien,:el nous.devons en remerejer la divine. Pronidence,:Mais, lorsque: jervois.tousites étrangéral-prafaner nos, prairies vierges, .dunt ils ont l'audace. de se .coosidérer comimeïles-maîtres;:lorsque je regarde, ces. immigrants aMaut-Canada qhisecroïientplus intelli. set plus foris.que: nous:ef. qui n'hésitent pas e nous maltraiter de la façon la plus révoltante,,

je.ne peux m'empêcher de penser que nous:me .

serons pas: konglemps.heénpenxs,. si cie Parisien. hioulef, ilniy.a-pas à se dissimuler. seen; gens-là:se, conduisent. si:mal par rapport à nous, ils affichent une arroganee si,

opposée à.la paisible-possession de nos propriétés,

Les

ue foncièrement nous a e notre existence.

Esprir-VoYAGEUR. — (fest bon pour vous autres!.. Vous nous maganez trop des fois, vous ne tenez pas assez à ce Qué nous restions avec vous aulres. ni Goucer.—Allons, Æsprit-Voyageur, tu es réellement parti suriée train de ra oter aujours d’hui. Pourquoi êtes-vous tous ensemble si paresseux? Vous ne voulez que la chasse; et, encore, quand vous avez de quoi vous nourrir pour une journée, vous ne pensez pas au lendemain. Vous êtes trop fainéants pour vivre avèc nous autres. Lorsque vous avez sous vos’ pieds un sol si riche, pourquoi n’en: prenez-vous pas, comme nous, une certaine étendue pour y travailler et vous faire un bon petit chez-vous.? C’est ainsi que font les hommes de cœur. Vous ne cherchez que les bois et:vous ne vous y plaisez qu’à dormir à l'ombre des 4rbres. C’est bien allez et restez-y! Nous écoutons nos missionnaires. Nous nous faisons baptiser d’abord, nous tâchons ensuite de cultiver et d'améliorer les terres que nous nous bhoisissons. C'estainsi que nous formons des paroissés, des villages, des villes, dominés par le clocher de nos témples ; oui, c'est ainsi que nous nous agrandissons. et que nous nous mettons au rang des nations civilisées. ‘ ou Esprit-VOYAGEUR.—Vous parlez ben pour un métis... Maïs, avant que-les'blancs nous chassent tous, je me rendrai auprès des barils qui sont là-bas, et soyez sûrs que je les viderai avant de partir. PONT es er Ets GouLer.—Continue encore sur le ton de plai-

evons les beaux jours

sauter, situ veux, Esprit-Voyageur. Maïs saches que tous nos persécuteurs ne nous feront pas’ cômme cela déserler nos foyers et abandonner, nôtre palrie pour la défense desquels nous avons encore assez de cœur. De plus, n'avons-nous pas! des fréres inétruits qui sauront anéantir tous les mauvais plans de tous ces étrangers venus de Ja irovince d’Ontario. Il ne faut pas oublier le rave Riel qui saura imposer le respect de nos propriélés à tous ces brigands, dént les actions paraissent avoir la plus grande perversité. Ce chevaleresque compatriote n'est pas un homme de paille. ü sera avant longtemps le chef des métis de la Rivière-Rou et Lui, prendra en main la cause du droit et dé Ja justice !'Lui nous défendra ! Tous ces inéchants:Ik s’en irônt bien, je vous en assure." LOU

EsPrri- VOYAGEUR.—Arrangez-vobs, comme vous voudrez. Moi, essayer à préndre'un bon coup, s'il y & moyen, puis ensuite ‘aller à. Ja

chasse, el après dormir. (} soré.)

ses:

so

\, , , SCENE. VL . | GouceT, PARISIEN, RIEL ET A‘MBROISE. LÉPINE.

RiEL.—Vous voilà, mes bons ‘amis! , D'où venez-vous donc ? Éles-vous bien avancés, dans

es travaux de vos champs.

D EE GouLeT.—Nos travaux vont bien jusqu'aujour:

lhui.. Mais, écoutez, Riël,. le .découragement emble s'emparer de presque toufe la colonié Les métis français. 11 faut que vous. les rassuriez.

ous étes notre homme. Depuis 4 Plusieurs

; 18 — années, ils ont bien vu, comme nous, le petit groupe d'émigrants d’Ontario se conduire bien mal | l'égard de la compagnie de la Baie d'Hudson et des métis canadiens-français. Il y a pas longtemps, plein d'indignation, vous Nous avez fait voir la haine implacable que ce groupe ‘émigrés anglais portent contre nos lois, nos mœurs, notre croyance et nos zélés missionnaires, Ces beaux megsieurs, nous disiez-vous, arrivent ici comme chez eux, ne voulant pas tenir compte de la compagnie de la Baie d'Hudson parce qu'elle ne leur convient pas, et se montrant incapables de nous endurer parce que nous somres catholiques et de sang français. Le North-Wester nous en fournit bien la preuve : ce journal, lu et supporté par toutes ces têtes chaudes-Ià, et dans equel écrit le fanatique Dr. Schultz, débite toutes sortes d'insultes contre les métis, nos frères, contre nous tous. Cela n’a pas empêché que tous nos cotnpatriotes les ont endurés avec la plus grande patience jusqu’aujourd'hui!

RiEL.—C'esl ainsi qu'il faut faire, parce que nous sommes de vérilables chrétiens. C’est le creuset de la souffrance qui nous rend bons, justes el réellement grands.

GouLeT.—C'est vrai, Riel. Mais ce qui nous fait craindre plus que jamais, c’est de voir comme ce parti d’arpenteurs fait cause commune avec ce Échuttz et tous ses amis. J'entends partout dire que tous ces habits robges d’Ontario, de concert avec {ous ceux qui uous haïssent, se proposent de diriger contre nous les pius effrayantes ersécutions. Nos frères les hiétis sentent le Besoin de $’organiser et de se mettre en état de

défense; et ils 6e découragent en voyant que personne ne se montre en avant, pourtant il n'y a pas de doute qu’unis comme un seul homme, nous pouvons çhassér dû bout du pied tous ces intrus dont la mine'et la manière d'agir s6ht si choquantes ct si insupportables. | a RieL.— Goulct, j'ai découvert le dessein pér--. vers que nourrissent, depuis un certain doèmbre d'années, tous ces émigrants et. {ons ces aïpenteurs d'Ontario, Tous, ils ont la même idée, les mêmes intentions ; ‘tous, ils veulent nôûë exlérminer où nous chasser de nos maisohs. Ces étrangers sont des envahisseurs pleins d'hypocrisie et d’audäce. Au nom d'un gouvernement sans droit sut notre pays, if se constituent ‘en autorité contre nos privilèges, nôtre liberté, l'ordre établi qui nous garantit ce ‘que nous avons de plus cher. Oui, je le répète, avec cette prétendue autorité, ls veulent se fairè les spoliateurs de nos biens, les démolisseurs de nos aulels et les. exterminateurs de’ riotre race. Voilà les projels sataniques que ‘tous ces ambitieux criminels commencent déjà à mettre à.

exécution. ©! "A." 1 GouLsr.—Ce serait affreusement pénible, si après avoir tant forcé, tant sué ‘pour.défricher et améliorer nos terres! tous ces nouVeaux-venus avaient la ‘prétention de nous’ les ‘enlever au nom, d'un gouvernemént voleur. : 47" ‘i, | Rier.…— Goulet, f'êles-vous pas’plus brave que cela ? Que nos-paisibles compatriotes ne se [ais sent pas abandonner au détouragement, parce que ces belles provinces souriraient à l'envie, à a jalousie, à l'ambition; à la Canaille, Quand bien mémé nos magnifiques prairies et n06 riches

forêls auraient pour tes méchants des charrires irrésistibles, cela ne veut pas dire qu'ils n'Auraient qu’à tendre la main pour les avoir. tiNe sommes-nous pas capables de leur faire, lad où st . ‘ 4 ie prise ? | . Us LÉPINE (AMBROISE). — Vous avez raison, Riel!

Vous nous faites la lumière devant ces noirs complots que tous ces canadiens anglais trament dans l'ombre pour nous faire disparaître. Déjà leurs conspirations diaboliques pèsént sur nous d’une manière à nous causer bien ‘des déboires et bien des appréhensions. Au milièu des aîtes les plus révollants, ils ne se.gênent pas de dire qu'avant longtemps, ils vont rosser et baläyer tous Tes colons catholiqnes et d’origine ffançaise. RiéL.—Oui ! mais encore: une fois, nous ne les laisserons pas faire sans leur offrir la rêtistance d’un sang français. Autrement ces anglais el ces orangistes sans foi ni principes, entraînés par l’appât des richesses naturelles de notre 80F, es ressources immenses que renferme notre pays au point de vue industriel et commercial, et sous l'impulsion de la haine des sectes contre & religion catholique, chercheraient à ‘nous anéantir ou, à nous reculer de plus en plus dans les forêts jusqu’à ce que nous p rissions de froid, de toutes sortes de privations, ou jusqu’à ce que nous nous en allions nous noÿer sur les bords de la mer Glaciale ou du Pacifique, Car plus. lé. diable en a, plus il veut en avoir. Nous ne poùrrions jamais trouver de. places, d'endfoits,, de cantons qu’ils ne convoiteraient pas et ne chier cherajent pas à avoir par les moyens les plus malhonnétes et les plus honteux!.. Voilà le doux rêve de'fous ces rapaces, dangereux comnilé

Lt -4-

des vampires, qui se sont échappés de Ja province d’Ontario ! J'ai sondé toute la profondeur des.ptojets les plus iniques et les plus exécrables, qu'ils entretiennent. dans leurs esprits comme des scélérais. J'ai vu qu'ils sont soudoyés par un gouvernement dominé pañ la secte orangisle, et qu’ils servent d'instruments à tous les'spéculateurs, à tous les côntracteurs fanatiques. d'Oni- ‘tario et d’ailleurs, qui voudraient arriver. à ;

réalisation des spoliations les plus infâmes, et ‘créer ainsi une lerre: anglaise, une autre, pro-

ses institutions. Îl n'y a que des anglais orangistes pour commettre de lelles abominations, en plein dix-neuvième siècle 1. 7 : . " LÉériNe.—Ouil les pires hommes que l'on puisse rencontrer sur latetre ! -Avec eux il faut maudire le Christ et marcher dans le sang de nos frères! secte fanatique {secte sanguinaire ! "secte francophobe surtout! ?

Riez.—Mes chers amis, il importe avant tout de relever le courage. de ‘ nos ‘éompaïtriotes, Accomplissons des actes d'héroïsmie ‘pour’ leur ‘montrer que nous pourrons toujours neutralisèr Jes'intentions criminelles que tous ces aventuriers d’Outario nourrissent-contre nos btillantes destinées, De plus, allons de‘suite noûs: rendre compte de-toutes les üpérations des’ arpetitèurs ‘du gouvernément canadien et rédüisons à néant “foutés leurs'iniques prétentions. (s Sortènt fois.)

PSI A SCENE VIRS UT NU 7 (Pendaht què es personriages précédeits Sortent par ta -côté, on enlève le-tableau antérieur potr un: aûtre’tplés au fond du théâere et qui présente . une forêt. En même

temps, des sauvages au ndmbre d'une douzaine et quelques sauvagesses entrent en criant, chantant, densant, etc.) : ‘ Esrnir-Voyaëeur.—Noussommes des hommes nous autres | Oui !.. nous sommes des hommes * se frappant da poitrine), nous ne sommes pas es poltrons, nous n’avons pas peur d'aller en guerre. (Alors on se met à danser autour d'un feu, et Espt. Voyÿ. chante: Napewinam nilan, nilan nabewinam. (Tous ensemble) : Napewinam nilän, nilan napewinam (bis). (Ensuite, les sauvagesses chantent : Eskeuwinam nilan,nilan Eskeuwinam is) FE sin ils sortent tous tambour battant excepté sprit- Voyageur.

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