SCENE XV
Les MÊMES, PÈRE ANDRÉ ET ALBERT.
Père AnDré.- Mes bien chères sœurs! consolez-vous ! : h tt La mène DE Riez.—Mon fils %raif-il ‘éncore vivant ? | si .. MaxGueriTe.—Mon mari vit-il encore? Est-il * sorti de la prison ? ot PÈRE ANDRÉ.—Mes bonnes amies, ce serait si doux pour vous d'apprendre que le martyr de notre cause aurail eu sa grâce! Je’serais si heureux de vous l’annoncer Î Maïs il' vous im-
porle, aujourd'hui, de-vous abandonner com. plètement aux, mains. de la divine. Providence, C'est ainsi que.vous trouverez la. force de supporter les croix. les. plus lourdes et les plus ures ! En’ vous'soumetlant à la volonté de Dieu, vous rencontrez Jésus sur. sa croix; Jésus qui est force des affligés, des marlyrs, des pauvres, des malades: des abandonnés, des veuves et des orphelins ! Vous! auvre mère, consolez-vous : car un des plus Peaux ‘fleurons vient d’être ajouté à la-touronne qui voüs attend dans l’autre vie. Et. Vous; bonne ‘amie, la Providence, qui règle touteschoses, vous constitue, dès à présent, laprinci ale gardienne de ses deux jeunes orpher ns... Résignez-vous,: en ‘attendant que nous libas tous rejoindre celui qui nous est si cher et que la-patrie en deuil pleure en ce. moment avec nôus.! … Lotirs Ms cu LA MÈRE DE RIEL.— J'ai espéré jusqu’à çétte heure, mais puisque mor espérance a été vaine, que Ja volonté de Dieu soit. faite ! Mon père! oh | oh!oh!..je ne verrai donc plus .mon cher Louis? Ab!-mon. père, que. c’est une dure épreuve sur'mes vieux. jours Abt mon:père, que mia vieillesse est malheureuse ! Je seris que la douleur'va la coucher’ dans la tombe avant longtemps... Mieux vaut pour moi mosvfr plutôt .que de tant souffrir jusqu'à ce que la mort ait ermé mes paupières ! Pauvre Louis, je n’entendrai plus tes douces paroles ! je-ne contemplerai ls la douceur de ton sourire! Mon éxistence écline, et je,né l'aurai plus pour :mé soutenir. (Elle pleure.) ie ; . MarGueriTE. —Mon père !:,.que je voudrais.
vous exprimer toute ma reconnaissance pour -
vos paroles d'encouragement, Mon-père,;je me résigne à la volonté de Dieu ! Je. m’âttendais au malheur, qui me frappe :si cruellement !.Oh! heure fatale! elle est passée ! mon Dieu, merci ! j'espère que mon pauvre mari ne souffre plus. Je sens, mou père que votre crucifix me'.donne la force nécessaire pour supporter ma douleur. Mon père, Louis a-t-ilsouffert longtémps avant d’expirer ? : NU er PÈne ANDRÉ.—Non, heureusement! il ‘est monté d’un pas ferme sur l’échafaud, étsa mort a élé presqu’instantanée, Ilavait l’air d’un saint. Je crois qu'il jouit maintenant du bonheur élernel. : mor LA MÈRE DE RIEL.—Mon. père, que cela. me soulage | Mot Dour te MARGUERITE.—-Je me réjouis d'apprendre que.
son courage ait confondu ses ennemis’ ‘jusque | sur la potence qu’il vient d'honorer. ‘1:
. PÈRE ANDRÉ.—Oui, mes bonnes. amies, Riel a même sanctifié l’échafaud, pärcè que, d'une manière vraiment chrétienne et héroïque, il a versé son sang pour le salut dé bâl'païrie et l'éternelle honte de ses persécuteuis' et de’ ses bourreaux ! ponte tre ae MauçuEriTe.— Maintenant; mon père; veuillez nodénir ainsi que mes chers pelits enfants,
que je mets sous la protection de Jésus, de Marie et de Joseph". ‘7 Foie Pate
PÈRE ANDRÉ.—Je me fais: un ‘devoir-‘et'‘unt bonheur: de vois bénir ainsi que: vos ‘enfants, * afin que le bon Dieu verse en vous toutes sortes de consolations et permette à ces pauvres. petits orphelins d'avancer. en âge; én:science et‘en sa-
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gesse. (/{ les‘ bénit.)-"" ES
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(On descend devant eux une scène représentant une die) ee
… SCENE XVL :
Dumont seul.
Dumonr (i! marche et parait absorbé).—Immédiatement après la lugubre exécution de-Riel, il ya presqu'un an, combien ‘élait grande l’indi- &nation de le province de Québec’! Quel” bouil. Tônnement dans'lé fond des ‘cœurs :de tous les canadiéns-français ! Quelle violente dans les protêts ! Quelle force et étiergie :dañs toutes les rotestations qui s’élevaient dé toutes parts! Duélléroblesse et quelle véhémencé dans: les discours prononcés devant l'assemblée du champ ‘ dé’ Mars de Montréal ! 60,000 personneÿ , présentes réunies dans üne même pensée et un inêmie cœur‘! Que c'était-beau de voir un tel déploiement de l’esprit "national !” Pourquoi le Conseil .de Montréal s’ajourne-t-il en face de l’homicide politique dé Regina? C'’est‘{‘’en signe de-protes- ‘7 * tation contre l’odieuse violation des lois-de la féfustice et de: l'hyümanité.” Que signifient ces drapeaux en berne et ces emblèmes de deuil dans presqué toutes les ‘villes de’ la Puissance"? C’est, que le peuple canadien-français ressent ‘profondément les sanglantes flagellations que üi inilige l'acte inigne de Régina ! A. Québec, quelle colère !, Quelle effervescence 1 Les maga- | . Sins sont fermés! Des drapeaux tricolores otent'& mi-mât!:La population est furieuse'et‘ést . prête à écläter-comme un volcan sous'les"vibra- {ions Sinistres du glas funèbre qui se fait enféndre dans les lointains’ déserts du Nord-Ouest :-Les
, ° $ + : D. Foot . FT
échos lugubres de cette sombre voix mortuaire se répercutent jusque dans les pays étrangers !.. Combien toutes ces démonstrations populaires : nous soulagent !,.. All... mais... :