‹ --Rig-védaChapitre 195 sur 874 · C'est-à-dire, tes rayons · texte numérisé non relu

C'est-à-dire, tes rayons

INDB. — POÉSIE LYRIQUE.

[Uot. III.]

2. Yama ^ l'a remis à Trita *, et celui-ci lui a donné un cbar. Sur ce char, Indra a monté le premier. Gandharva ' a pris les rênes qu'il emprunte au Soleil. Les Yasous ont orné le cheval.

3. 0 cheval, tu es Yama, tu es Âditya, tu es Trita, par suite d'un mystérieux accord. A des moments marqués tu te trouves arrosé de soma : car on te reconnaît dans le ciel trois stations.

4. Oui, on te reconnaît trois stations dans le ciel, comme aussi tu en as trois dans les ondes (célestes), et trois dans l'océan de l'air *, Mais j*aime surtout, 6 cheval, à te voir, ainsi que Varouna, revenir dans le lieu où tu nais *.

5. 0 cheval, ce sont là tes relais ; c'est là que sont les impressions de tes pieds, 6 bienfaiteur (du monde) ! C'est là que j'ai vu tes rênes * fortunées, que vénèrent les gardiens du feu sacré.

6. Je t'ai reconnu de loin : c'était bien toi-même volant vers nous du haut du ciel. J'ai vu une tête (divine) s'avancer rapidement par des routes faciles où la poussière est inconnue.

7. J'ai vu ici ta forme merveilleuse ; elle paraissait animée du désir de recueillir nos offrandes dans cette enceinte sanctifiée. Quand un mortel prépare pour toi les mets (du sacrifice), tu viens, (comme le coursier) affamé àl'herbe (qu'on lui présente).

8. G coursier (divin), après toi (arrivent) les mortels, et leurs chars, et leurs vaches, et le bonheur (que donnent) les jeunes filles. Tous les

1. Yama est le diea de la mort; la victime a été remise par lai aa feu da sacrifice.

2. Ce fea da sacrifice, c'est Trita, autrement Agni. C'est lui qui, comme on sait, attelle le char des dieux; expression que nous n'avons plus besoin d'expliquer.

3. Le commentaire suppose que Gandharva, c'est le êoma. Le »oma est représenté par les poëtes comme briUant, et reflétant quelquefois les rayons du soleil , et, en termes poétiques, rêfiet et rayons sont synonymes. Gandharva signifie aussi cheval. C'est un nom du soleU ou d'Agoi.

4. Ce ne sont pas neuf stations différentes, ce soni trois mêmes stations vues à travers un milieu différent, que forment trois états da ciel : le ciel brillant, le ciel nuageui, le ciel nébuleux. Ce sont des couches diverses de l'air, que les Indiens appeUent monde», où le soleil semble se tenir, suivant l'apparence du tempf. Le commentaire invente, à ce sujet, des triades singulières, telles que le nuage, l'éclair et le tonnerre, ou bien la nourriture, la plante, la semence : j'ai pensé que tout cela n'avait aacun rapport avec la phrase présente, qui exprimait, d'une manière plus complexe, une idée que nous connaissons depuis longtemps, les trois positions du soleil au levant, à midi, au couchant.

5. Varoana est le soleil considéré comme retournant, caché pendant la nuit, à son poste du matin.

Page 1