Vous êtes pour l'ornement du monde ce
1. Les vaches sont les nuages qui viennent sur le ciel. Le commentateur prétend que ce sont les rayons du soleil.
2. Ce passage s'explique par le moyen des notes 1, page 293, col. 1, et 3, coL 2, môme page. Le fruit conçu par la Nue, c'est l'eau que les Marouts donnent aux hommes.
3. La seconde partie de ce distique contient une origine de la Pluie, particulière au poëte, et qui n'est plus en rapport avec ce qui précède.
[Lecl. III.]
qu'une haute corne est pour la vache : vous nous distribuez la lumière, aussi bien que le soleil, œil (divin de la nature). 0 héros, vous êtes beaux comme de légers coursiers, et nobles comme les puissants d'entre les mortels.
4. 0 Marouts, vous êtes grands, et vos œuvres, ainsi que vous, sont grandes, sages, viriles. Qui (de nous) en obtiendra le fruit? Vous secouez la terre, de même que le frein (du cavalier secoue le cheval), quand vous venez apporter (aux hommes) les biens qu'ils attendent.
5. Gomme de rapides coursiers, tous d'une noble race, comme de vaillants héros, ils se présentent au combat. Gomme de puissants mortels, ces héros grandissent et s'étendent, et couvrent de leurs ondes l'œil du Soleil.
6. Tous également puissants, sans distinction d^&ge, ils sont grands et forts. Enfants de Prisni, nés d'un sang généreux et amis des mortels, venez vers nous du haut du ciel.
7. Tels que des troupes d'oiseaux, ils fendent avec force les plaines de l'air et couvrent Thorizon. Leurs coursiers, sensibles aux hommages réunis du prêtre et du père de famille, ont pressé les ondes du nuage.
8. Que le Giel, par ses bienfaits, reconnaisse libéralement notre piété. Que les Aurores viennent nous combler de leurs riches présents. 0 Richi, que les Marouts, enfants de Roudra, pour prix de nos hymnes, versent sur nous leurs trésors divins.
HYMNE XIV
A AGKI ET AUX MAROUTS, PAR STAVASWA.
{Métrés : Trichloubh et Djagatî.)
1. Rempli de foi et de vénération, je chante eu ces lieux Âgni, (dieu) protecteur. Qu'il accueille nos hommages. Marchant par ma droite (autour du foyer), je me présente, pour ainsi dire, avec des chars couverts d'offrandes; je veux aussi célébrer les Marouts.
2. Les Marouts, enfants de Roudra, arrivent avec leurs daims renommés, sur leurs chars bienfaisants. (Dieux) terribles, les forêts frémissent de crainte devant vous. La terre et ses montagnes sont ébranlées.
3. La montagne (céleste) a senti frémir ses flancs grossis ; votre voix a fait trembler le sommet du ciel. 0 Marouts, quand vous jouez en agitant vos glaives, vous vous précipitez comme des torrents.
4. Tels que de riches Gancés, ils ont vêtu leurs corps de ces ondes aux reflets dorés. Magnifiquement parés, élevés avec puissance sur vos chars, vous enveloppez vos membres de rayons étincelants.
5. lis sont tous frères, et n'ont entre eux aucune distinction d'âige. Ils ont tous également grandi pour le bonheur (des hommes). Roudra, toujours jeune, toujours bienfaisant, est le père des Marouts. Prisni, la vache (céleste) S (les a enfantés) pour nous donner la sérénité du ciel.
6. 0 fortunés Marouts, enfants de Roudra, que vous soyez dans la région supérieure, ou mitoyenne, ou inférieure des airs, venez à nous. 0 Agni, ne dédaignez pas l'holocauste que nous vous offrons.
7 0 Agni, et vous, Marouts, qui possédez tous les biens, des sommets les plus élevés du ciel vous nous apportez (vos trésors). Heureux (de nos hymnes), ô vous qui remuez (le monde) et triomphez de vos ennemis, accordez à celui qui vous présente ses libations et ses offrandes le bonheur (qu'il espère).
8. 0 Agni, bois notre soma^ et partage ton plaisir avec cette troupe des Marouts, si admirable et si brillante, pure, rapide, et partout présente par ses bienfiaits. 0 Vês^ànara, élève ton étendard resplendissant.
AUX MAROUTS *, PAR STAVASWA.
{Mètres : Anouchtoubb, Vrihatî et Gfiyatrt.)
1. Qui êtes- vous, ô nobles héros qui arrivez de la région lointaine?
2. Où sont vos chevaux? où sont vos freins? Que vouliez-vous ? Quel était le motif de votre
1. L'épitbète gomdtarah (voyez page 99, col. 2, notes 2 et 3) est maintenant expliquée : elle ne signifie pas enfants de la terre, mais enfants de la nue, laquelle est la vache et la Prithivi céleste.
2. Cet hymne est nne déclaration d'amour du poëte Syàvâswa. Ce poëte était fils d'Artchanànas, prêtre du roi Ralhavlti. Dans un sacrifice il yit la fille de ce prince, et en devint amoureux. Il parait que cet amour n*eut pas le succès que Syàvâswa attendait; il devait être pauvre. Hais une princesse, nommée Sasiytisi, remarqua son habileté; et, désirant obtenir pour époux Tarenta, fils de Pouroumllha, elle le dépêcha auprès de ces princes. La négociation fut heureuse, et Syàv&swa fut de tout côté comblé de richesses. 11 fait un sacrifice aux Marouts pour leur demander leur protection en faveur de ses amours. Il suppose qu'il rencontre ces dieux, se reposant des fatigues d'un long voyage, et il les invoque en leur racontant sa fortune.
INDE. — POÉSIE LYRIQUE
[Lect. ni.]
voyage? Sur le dos de vos montures repose le frein qui serrait leurs naseaux.
3. Sur leur croupe pend le fouet. Gomme la femme emmaillotte son enfant, ces héros ont aussi enveloppé leurs chars.
4. Vaillants héros, maîtres puissants, nés pour la gloire, vous veniez vers (nous), comme échauffés par les feux d'Agni.
5. (Sasîyasî) m'a donné des troupeaux de vaches, et de chevaux, avec cent chars. Pour Tépoux recommandé par Syàvâswa,elle est devenue un bras fort et puissant.
6. Différente des autres femmes, Sasîyasî s'est montrée plus généreuse qu'un homme qui n'honore pas les dieux et qui est avare de ses richesses.
7. Parmi les Dévas elle distingue celui qui peut être fatigué, pressé par la soif ou le besoin, et c'est sur lui qu'elle porte sa pensée.
8. Cependant je le dis en panégyriste (véridique) : son époux mérite également celte louange. Il l'égale en libéralité.
9. Éprise de ses qualités, la jeune Sasîyasî m'a chargé , moi Syâvàswa *, d'une mission (de confiance), et deux rouges coursiers m'ont conduit vers le sage et glorieux Pouroumîlha.
10. Ce fils de Vidadaswa m'a donné cent vaches; non moins généreux, Taranta (m'en adonné) autant.
11. En ces lieux sont préparées des offrandes pour les (Marouts), qui aiment à venir, sur leurs rapides (coursiers), goûter au soma enivrant.
12. Le ciel et la terre sont ornés de leurs riches présents; sur leurs chars, ils brillent comme (l'astre) d'or au plus haut des airs.
13. Cette jeune famille des Marouts est invincible ; elle s'avance avec pompe, portée sur des chars éclatants.
14. Qui sait où prennent en ce moment leurs ébats ces dieux, issus du sacrifice *, qui remuent le monde pour le bien (des hommes) ?
15. 0 vous, avides de nos louanges, écoutez ma voix dans les sacrifices, et guidez un mortel vers le but qu'il désire.
16. (Dieux) adorables et vainqueurs, apporteznous les biens qui nous séduisent et nous charment.