Pouroucha est le nom que l’on donne à l’âme; c’est
aussi par ce mot que l'on désigne le mâle. 11 me semble
que dans cet hymne ce nom est attribué au Sacrifice
(Voy. Vichnou Pourâna, note de M. Wilson, page 8);
c’est Agni Pradjâpati, ou créateur des êtres qu’il anime de son esprit. Au reste, cet hymne, à en juger par quelques détails qu’il renferme, paraît être d’une date plus moderne que les autres; il a dû être interpolé à la suite des arrangements que le recueil général du Rig-Véda a subis à différentes époques. Ce personnage de Pouroucha, tel qu’on le présente ici, appartient plutôt à la métaphysique des Oupanichats. La stance 9 semble indiquer une triple division des Védas, qui n’existait pas quand la généralité des hymnes a été composée. La stance 12 admet positivement les quatre castes, avec la distinction odieuse dont l’esprit sacerdotal a flétri les dernières. Or, jusqu’à présent, bien que nous ayons rencontré les mots bràhmanci et hchnlriya , rien ne nous autorise à
a formé une boule *, au-dessus de laquelle il domine.
2. Pouroucha, maître de l’immortalité, fort de la nourriture qu’il prend 2, a formé ce qui est ce qui fut, ce qui sera.
3. Telle apparaît sa grandeur. Pouroucha est réellement plus grand encore. Son pied, ce sont tous les êtres ; mais il a dans le ciel trois autres pieds immortels s.
4. Ces trois pieds de Pouroucha s’élèvent dans les régions supérieures. Le quatrième s’appuie ici-bas. De Pouroucha sort tout ce qui est étendu, animé et inanimé.
5. De lui est né Viràdj 4; de Viràdj, Adhipouroucha 5. Viràdj naît et apparaît sous la forme terrible, sous la forme de (ces corps, qui sont) les villes (de l’âme).
6. Quand les Dêvas avec Pouroucha sacrifièrent en présentant l’offrande, le beurre forma le printemps, le bois l’été, l'holocauste l’automne.
7. Pouroucha ainsi né devint le Sacrifice, accompli sur le (saint) gazon parles Dévas, les Sâdliyas 6 et les Richis.
8. Du Sacrifice est né le (Feu) invoqué par tous les hommes, les Libations et les Offrandes.
croire que l’établissement politique des castes ait eu lieu à cette époque ancienne. On y trouve la distinction sociale du prêtre et du guerrier ; mais souvent ces deux titres sont confondus dans la même personne. Les familles sacerdotales sont fondées; mais elles ne sont fermées à personne. Le prêtre peut se dire le premier-né du sacrifice. Cependant on le voit d’une adulation si grande, d’une soumission si obséquieuse envers le prince et le riche, qu’on peut affirmer que ce premier-né n’a aucun droit d’aînesse. Agni, le maître de la chose sacrée (Brahmanaspati), est aussi le maître des Visas (Vispati), c’est-à-dire du peuple entier. Les Soûdras, ces hommes excommuniés, n’existent pas : il y a des gens pieux et des impies, des Dasyous et des Aryas, c’est-àdire des hommes qui sont les uns au sein d’une société organisée, les autres en dehors ; mais rien n’y implique une juridiction exclusive et héréditaire, un privilège de naissance et de profession. Je me crois donc fondé à regarder l’hymne, où apparaît la trace de semblables distinctions, comme appartenant à une époque postérieure, et comme introduit par erreur dans un. corps de pièces qui portent le cachet d’une civilisation où régnait l’égalité politique.