AVANT-PROPOS
Nous avons cherché à reproduire en vers latins quelques-unes des beautés si naïves, si gracieuses de la poésie sacrée des Indiens, antique modèle des chants orphiques, sans prétendre loutefqis en faire une traduction littérale. Car, outre la difficulté du texte, le vers héroïque romain, qui s’adapte si bien à l’épopée indienne, devrait être ici remplacé par le vers lyrique, plus varié et plus vif. Nous avouons notre incompétence dans ce rhythme musical ; nous osons cependant espérer que les traits les plus saillants, qu’a si bien exprimés l’élégante traduction de Langlois, se retrouveront tous dans ces imitations partielles.
On a naturellement choisi dans chaque livre les hymnes qui ont paru les plus remarquables , de manière à mettre successivement en scène tous les génies du panthéon védique, lesquels ne sont autres que les phénomènes de la nature, représentant à ces pieux adorateurs la puissance souveraine qui veillait sur leur sort. Des notes succinctes suffiront pour montrer l’étroite analogie qui unit ces types primitifs aux noms que tous les peuples de l’Europe ont assignés aux éléments.
Plus tard la séduisants mythologie des Grecs a donné d’autres dénominations aux dieux , plus actifs , plus brillants , mais moins purs, dont elle a peuplé son Olympe. Les croyances indiennes ont également subi de graves altérations dans la suite des siècles ; et cette décadence générale donne d’autant plus de prix aux voix des anciens temps, célébrant le dieu inconnu dans ses manifestations bienfaisantes et ses soins paternels, sans lui prêter aucune des passions, aucun des excès de l’humanité.
HYMNES DU RIG-VEDA
HYMNE A AGNIS