‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 204 sur 1127 · Les vents sont au nombre de · texte numérisé non relu

Les vents sont au nombre de

INDE

POESIE LYRIQUE

4. Pour toi, les pures Aurores, à Pliorizon, étendent leurs voiles brillants, où se peignent rapidement leurs rayons; oui, leurs rayons naissants. Pour toi, la vache (céleste), au lait abondant, cède tous ses trésors. Dans les régions du ciel, tu fais naître de ses mamelles, oui, de ses mamelles tu fais naître les Marouts.

5. Pour toi, ces (Marouts) brillants, purs et rapides, formidables dans leur ivresse (divine), travaillent avec ardeur à la création des eaux; oui, ils viennent travailler à cette création. L’homme s’empresse de t’honorer de ses dons et de ses louanges, et te prie d’éloigner le mal. Et toi, touché de son hommage, tu le protèges contre tout ennemi; oui, tu le protèges contre les forces des Asouras.

6. O Vâyou, sois honoré avant tous, et reçois le premier l’offrande de nos libations; oui, reçois nos libations. Ainsi, exauce les vœux d’un peuple innocent ; que toutes ces vaches, qui dépendent de toi, fassent descendre sur nous leur lait doux et béni ; oui, leur lait doux et béni.

HYMNE XIV

A VAYOU ET A INDRA, PAR P A R O UTC H U É P A.

[Mètre : Atyachtî.)

1. Le gazon sacré est disposé; viens à notre sacrifice avec tes innombrables coursiers, toi qui conduis et cent et mille attelages. LesDévas (terrestres) ont avec soin préparé la libation du matin pour le Déva (céleste). Des boissons aussi douces que le miel t’attendent; oui, elles t’attendent pour étancher ta soif (divine).

2. Pour toi ce soma a' été pressé; pour toi il a été purifié, et dans le vase qui le contient il revêt d’admirables couleurs; oui, il revêt de brillantes couleurs. Voilà ce que t’offrent les enfants d’Ayou et les Dévas (mortels). O Vâyou, amène tes coursiers; viens te joindre à nous; oui, le plaisir t’appelle, viens te joindre à nous.

3. Avec tes cent, avec tes mille coursiers, ô Vâyou, viens jouir de notre sacrifice; oui, viens jouir de nos holocaustes. A toi ce soma solennel et brillant aux rayons du soleil! (Tes serviteurs) ont remis aux prêtres (ces boissons), que pour toi, ô Vâyou, ils ont préparées avec un zèle empressé ; oui, avec un zèle empressé.

4. Que votre char, traîné par vos coursiers, ô Vâyou, (ô Indra), vous amène à notre secours, et venez jouir de ces mets heureusement disposés; oui, venez jouir de nos holocaustes. Buvez de ces

[l.ect. I-]

douces boissons , (goûtez) de ces nourritures. C’est pour vous qu’on les a préparées ce matin. O Vâyou, ô Indra, venez, accompagnés de l’heureuse opulence : oui, venez accompagnés de l’opulence.

5. Pour vous, on a commandé ces prières et ces sacrifices ; pour vous, on a exprimé cette liqueur légère et vive; oui, vive comme le rapide coursier. Soyez à nous, et buvez de ces libations; venez ici pour nous secourir. O Indra, ô Vâyou, enivrez-vous de ces boissons; oui, enivrez-vous, vous qui donnez l’abondance.

6. A vous ces boissons qu’ils ont su rendre limpides! (Vos serviteurs) les ont remises aux prêtres, après les avoir préparées avec un zèle empressé; oui, avec un zèle empressé. Pour vous, ces liqueurs ont passé à travers le filtre; elles se sont épurées pour vous sur les poils (de la vache) ; oui, sur ces poils formant un crible serré 4.

7. O Vâyou, néglige ceux qui sont endormis. La maison où résonne la pierre (du mortier), c’est celle où vous devez venir; oui, où Indra et vous devez venir. La prière s’entend ; le beurre consacré coule. Pour combler tous nos vœux, venez à notre sacrifice ; oui, Indra et vous, venez à notre sacrifice.

8. Venez ici prendre nos libations, aussi douces que le miel. Placés près de l’Aswattha 2,que nos (prêtres) remportent sur vous cette victoire ; oui, qu’ils remportent cette victoire. Nos vaches (terrestres) ont donné leur lait; (les gâteaux) d’orge ont été cuits. O Vâyou, tes vaches (célestes) ne doivent point faillir; oui, elles ne doivent point faillir.

9. (Et en effet), faisant retentir l’air de leurs mugissements, les voilà qui arrivent, tes robustes taureaux; oui, tes robustes et larges taureaux. On les voit dans les plaines (du ciel), tantôt immobiles, tantôt rapides, se répandre au loin comme les rayons du soleil, et déployer une force que rien ne peut dompter; oui, que deux bras ne suffisent pas à dompter.

A MITRA ET VAROUNA, PAR PAROUTCHHÉPA.

[Mètres : Atyachtî et Trichtoubh.)

1. Offrandes choisies el abondantes, holocauste, prière, présentez à ces (dieux) immortels etbien-

1. D’une peau de vache, percée de quelques trous, on formait un filtre pour la iiqueur du soma.

2. Ou le sacrifice se fait près d’un Aswatlha, ou plutôt le bois de cet arbre sert à faire une des pièces de Yaraui.

[lect • II.]

faisants, oui, (présentez à ces dieux) bienfaisants le plus doux des hommages. Unis par leur royauté (sainte), et honorés par nos libations de beurre, ils sont célébrés dans tous nos sacrifices. Car leur puissance est partout triomphante; oui, leur divinité est partout triomphante.

2. La jeune et éternelle voyageuse a paru dans l’espace. La voie du feu (sacré) 1 s’est entourée de rayons; oui, l’oeil de Bhaga 2 s’est entouré de rayons. Le siège céleste de Mitra, d’Aryaman et de Varouna se couvre de lumière. Que Mitra et Varouna reçoivent une large part d’hymnes; oui, une large part d’hymnes, de prières et d’offrandes.

3. Ils embrassent Aditi, couverte de lueurs brillantes; (Aditi) qui soutient la terre, source féconde de félicité. Ils éveillent le ciel pour le lever de la lumière; oui, pour le lever de la lumière. Adityas forts et resplendissants, ils sont les maîtres des biens. Mitra, avec Varouna et Arvaman, excite l’émulation des hommes; oui, l’émulation et les travaux des hommes.

4. Que le soma soit agréable à Mitra et à Varouna. Que, dans nos libations, cette (double) divinité ait sa part ; oui, qu’elle ait sa part comme les autres dieux. Que tous les dieux l’honorent, honorés aujourd’hui aussi bien qu’elle. Faites ce que nous demandons; oui, (déités) royales et justes, faites ce que nous demandons.

5. L’homme qui sert Mitra et Varouna ne connaît point d’ennemi. (Ges dieux) protègent contre le mal, oui, ils protègent contre le mal le mortel qui leur est dévoué. Àryaman défend l’homme droit et pieux qui, par ses hymnes et ses louanges, augmente la pompe, oui, augmente la pompe de leurs sacrilices.

6. J’adore le Firmament, le Ciel et la Terre, Mitra; (j’adore) Varouna, qui fait pleuvoir (l’abondance) ; oui, (Varouna) qui répand le bonheur et fait pleuvoir (l’abondance). Chante Indra, Agni, le brillant Aryaman, Bhaga. Puissions-nous vivre longtemps, et jouir, avec le secours de Soma 3, oui, jouir d’une nombreuse famille!

7. Confiants dans le secours des dieux et la puissance d’Indra, glorieux protégés des Marouts prions (toujours). Qu’ Agni, Mitra et Varouna nous viennent en aide. Puissions-nous ainsi jouir du bienfait de la richesse !

1. Le feu sacré traduit le mot rita, qui signifie et le feu du sacrifice et le feu solaire.

2. C’est-à-dire le disque du soleil. Bhaga est, comme on sait, un nom du soleil, ainsi que Mitra, Aryaman

et Varouna. — 3. La libation personnifiée.

A MITRt ET A VAROUNA, PAR PAROUTCHHÉPA.

( Mètre : Atisaknarî.)

1. Nos libations sont prêtes. Venez tous deux! Sous le pressoir ont coulé ces liqueurs, auxquelles se mêle le lait de nos vaches, et qui causent une aimable ivresse; oui, une aimable ivresse. Bois célestes, venez ici près de nous. A vous, Mitra et Varouna, ces brillantes libations qu’accompagne, oui, qu’accompagne le lait de nos vaches!

2. Accourez! voici des liqueurs soigneusement exprimées, voici du lait caillé ; oui, du lait caillé : c’est pour vous. Au lever de l’aurore, au moment où brillent les rayons du soleil, cette libation est faite en l’honneur de Mitra et de Varouna ; oui, elle est faite en l’honneur du feu sacré.

3. C’est pour vous, ô héros, que cette vache a épuisé ses mamelles; c’est pour vous que le pressoir, oui, que le pressoir à rendu ce soma pétillant. Venez donc ici près de nous pour goûter de cette boisson. Elle est à vous, ô Mitra et Varouna! les ministres du sacrifice ont pour vous, oui, pour votre soif distillé ce soma.

A POUCHAM, PAR PAROUTCHHÉPA.

(Mitre ; Atyachtî.)

1. Je chante la grandeur de Poùchan, célèbre [tarses nombreuses naissances; mais, auprès de sa puissance, la louange n’est rien ; oui, la louange n’est rien. Je souhaite la prospérité; et j’implore l’heureux secours du dieu qui, honoré par nous, daigne accueillir, oui, accueillir notre sacrifice.

2. O Poùchan, je veux par mes chants presser la marche. Viens, et sois pour nous comme le chameau qui nous emporte ; oui, qui nous emporte loin des méchants. Divinité puissante, moi mortel, je demande ton amitié; donne à ceux qui te louent, oui, donne-leur la force dans les combats.

3. O Poùchan, quand tes chantres sont devenus tes amis, alors ils sont forts de ta puissance; ils peuvent compter sur ton secours; oui, ils peuvent compter sur ta protection. Nous demandons que tu charges de richesses ce char encore nouveau '. Sois bon pour nous, ô toi que nous com-

1. Nous rappelons au lecteur que c’est une manière de désigner le sacrifice. Le mot navyasi, que j’ai rendu par nouveau, peut aussi signifier hymne et louange.

INDE

POÉSIE LYRIQUE

blons de louanges, et marche avec nous; oui, marche avec nous dans les combats.

4. Sois bon, et reconnaissant de ce (char) que nous te donnons. Accorde tes bienfaits à ceux qui t’expriment leurs besoins, ô (dieu) dont les chevaux sont immortels; oui, dont les chevaux sont immortels. Illustre protecteur, nous t’environnons d’honneurs et de louanges. O Poûchan, je ne suis pas de ceux qui dédaignent ton pouvoir; je suis loin de blâmer ou de repousser ton amitié.

HYMNE III

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