‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 235 sur 1127 · SACRIFICE DU CHEVAL, PAR DIRGIIATAMAS · texte numérisé non relu

SACRIFICE DU CHEVAL, PAR DIRGIIATAMAS

( Mètres •• Trichtoubh et Djagatî.)

1. Que Mitra, Varouna, Aryaman *, Vàyou *, Indra, Ribhoultchas 3, et les Marouts, ne réclament rien de nous, pendant que nous allons chanter dans le sacrifice les vertus du rapide cheval, né des Dévas 4.

2. Quand on amène la victime prisonnière, ce beau (cheval), magnifiquement orné, qu’on frappe avant lui un bouc de couleurs diverses 5! C’est là une-offrande aimée d’Indra et de Poûehan.

3. Ce bouc est conduit devant le rapide cheval, destiné à Poùchan et aux Viswadévas. C’est aussi pour Twachtri, une offrande agréable et précieuse à lui présenter avec le coursier.

4. Quand donc les enfants de Manou mènent trois fois autour (du foyer) ce cheval, qui, dans le moment propice, doit être immolé aux dieux, alors ce bouc, leur annonçant le sacrifice, marche le premier consacré à Poûehan.

5. Que le prêtre sacrificateur, habile dans la science (divine), la coupe à la main et l’hymne à la bouche, s’approche d’Agni, qui l’éclaire de ses rayons. Par l’appareil d’un brillant sacrifice et par le choix de nos offrandes, sachons plaire (aux dieux).

6. Vous qui coupez les poteaux ou qui les portez, vous qui attachez au poteau l’anneau du cheval, ou qui apportez sa nourriture, venez, nous avons besoin de vos soins.

7. Tels sont mes voeux : que ce (coursier), à la croupe flexible6, vienne heureusement combler les espérances des dieux! que les sages Richis l’ac-

1. Ces trois noms sont ceux de trois Adilyas : nous savons que Mitra est l’àditya du jour, et Varouna celui de la nuit. Nous avons vu tout à l’heure que ce dernier habitait les eaux et les mers, parce que la nuit engendre les vapeurs et l’humidité. Pour Aryaman, le commentaire dit ici que c’est l’àditya de la mort, anlacâlàbhimani.

2. Le texte porte âyou, que Ton explique par l’idée du vent qui va toujours.

3. C'est ordinairement une épithète d’Indra : cependant, comme le mot signifie séjour des Ribhous, ce pourrait bien être le soleil.

4. Ce sont les dévas, c’est-à-dire les prêtres, qui le choisissent pour le sacrifice.

5. Ainsi le col et le front doivent être blancs. Voyez, dans le Dabislan de M. Troyer, (tome 11, page 79), des détails curieux sur cette espèce de sacrifice.

6. Vitaprichtha : le commentaire l’explique par homâvànila ou paryaqnicrita.

[Lect. III.]

cueillent avec joie; pour le bonheur des Dévas, qu’il devienne leur ami 1 !

8. Quand on attache d’une courroie et ton pied et ta tète, ou quand on te met dans la bouche de l’herbe à manger, ô coursier, que tout cela soit d’un favorable augure parmi les Dévas!

9. Quand la mouche s’attache à tes chairs, ou quand le bois, la hache, les bras du victimaire et ses ongles sont humectés, ô coursier, que tout cela soit d’un favorable augure parmi les üévas!

10. Quand ïoûvadhya, qui est l’odeur de la viande crue, sort du ventre de la (victime), que les ministres du sacrifice achèvent leur œuvre, qu’ils fassent cuire les chairs, et accomplissent le vr itapdca - !

11. O victime, quand de ton ventre cuit au feu d’Agni, la broche vient à sortir, que rien ne tombe à terre, ni sur le gazon. Que tout soit donné aux Dévas qui l’attendent.

12. Si ceux qui voient le cheval cuit, disent : « Il sent bon, coupez-en un morceau! » accueillez la demande de quiconque voudra de cette chair.

13. Cependant on a apporté les vases destinés à recevoir les chairs ou les sauces qui les arrosent, les marmites, les chaudrons, les plats, les instruments de cuisine, et on les place autour du cheval.

14. La manière dont tu marches, dont tu te couches, dont ton pied est attaché, ton port , la façon dont tu bois, dont tu manges, ô coursier, que tout cela soit d’un favorable augure parmi les Dévas!

là. Que le feu ne vienne pas, en frémissant, t’apporter une odeur de fumée; que le vase (qui te reçoit) ne sente rien. Les Dévas agréent l’offrande du cheval quand elle est pure, parfaite, et accompagnée d’invocations.

16. Quand on étend sur le cheval une couverture toute d’or, quand on lui attache et la tète et le pied, ce sont là autant de choses qui doivent être de bon augure parmi les Dévas.

17. Quand dans ton écurie, tu hennis fortement, et qu’on te frappe avec le pied ou avec le fouet, ô coursier, je détruis toutes ces choses avec la prière, comme dans les sacrifices on épuise les libations avec la cuiller.

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