‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 308 sur 1127 · A INDRA ET A U R A H M A N A S P A T I 1 , PAR GR1TSAMADA · texte numérisé non relu

A INDRA ET A U R A H M A N A S P A T I 1 , PAR GR1TSAMADA

(i Mètres : Trichtoubh et Ujagatî.)

1. Maître (du monde), reçois cette offrande. Nous voulons t’honorer par un hymne nouveau et solennel. Un de tes amis, ô Vrihaspati, en versant la libation et (en t’invoquant) pour nous, commence cet éloge. Daigne exaucer notre prière.

2. Celui qui par sa force a abattu les insolents Rakchasas ; qui dans sa colère a déchiré les nuages ; qui a fait avancer la masse immobile (des eaux), et a pénétré au sein de la montagne où étaient cachés des trésors, c’est le maître de la chose sacrée.

3. Cette œuvre devait être celle du plus grand des dieux. Par lui la force a été brisée, la vigueur est devenue mollesse ; il a délivré les vaches célestes ; par la vertu du sacrifice il a frappé Bala, dissipé les ténèbres et montré la lumière.

4. Le maître de la chose sacrée a ouvert par sa puissance ce (nuage) étendu, dont la force semblait dure comme la pierre, et qui renfermait le miel (de l’abondance). Tous les brillants (Marouts2 ont bu cette onde, et l’ont en même temps répandue (sur la terre).

5. Ces mondes éternels ouvrent pour vous leurs portes aux mois et aux années. (Le Jour et la Nuit) se suivent sans interruption. Voilà les œuvres utiles du maître de la chose sacrée.

G. Les Panis avaient amassé et caché dans leur caverne un riche trésor : les sages (Angiras), con-

1. C’est un nom d’Agni, qui, dans cet hymne, quelquefois, se trouve confondu avec Indra.

2. Le commentaire pense qu’il est ici question des rayons du soleil. Je serais assez porté à considérer le mot swardris comme signifiant une portion de l’atmosphère.

INDE. — POÉSIE LYRIQUE

|tect. VII. |

naissant leur injustice, se sont rendus à l’endroit (où la victoire les attendait), et ils en sont revenus maîtres de précieuses dépouilles *.

7. Oui, ces justes avaient vu l’injustice ; ils ont pris le grand chemin (du sacrifice); le feu a été soufflé, et les sages (Angiras) ont, de leurs mains, placé dans son foyer (le dieu) dont on ne soupçonnait pas l’existence.

8. Le maître de la chose sainte porte un arc, dont le sacrifice est la corde : il lance ses traits rapides partout où il veut. Les (Prières) ses épouses sont comme les flèches dont il perce les Rakchasas, et qui, placées sous l’œil de l’habile (archer), attendent le long de son oreille l’ordre du départ1 2.

9. Le maître de la chose sacrée mérite nos louanges; il est notre compagnon, notre guide, notre pontife. Il combat avec nous. Lorsqu’on sa qualité de sacrificateur il reçoit et porte les offrandes avec les prières, le Soleil s’échauffe des feux du sacrifice.

10. Vrihaspati donne la pluie, et ses présents sont les plus beaux, les plus grands qu’on puisse obtenir. Ces dons du plus aimable, du plus opulent (des dieux) font le bonheur des prêtres, des pères de famille, de tout le peuple.

11. Le maître de la chose sainte, dans son séjour inférieur, s’étend avec force de tous côtés, et il aime à soutenir la fortune des grands. Dieu, il s’élève vers les dieux, et protège au loin tous les êtres.

12. Tous nos hommages s’adressent à toi et à Maghavan. Les ondes (et tous les autres êtres) ne sauraient entraver vos œuvres. O Indra et Brahmanaspati, venez tous deux avec une égale rapidité, à nos offrandes et à nos holocaustes !

13. Les dociles coursiers nous ont entendus. Le sage, accoutumé à nos cérémonies, offre nos prières et nos libations. Ennemi des Rakchasas, cède à ton désir, et viens ici contracter une dette, ô maître de la chose sacrée, que ces mortels assemblés honorent parleurs présents.

14. Le maître de la chose sacrée a reçu de nous, suivant son désir, de justes hommages. Ces (dieux) réunis feront de grandes œuvres. C’est lui qui a délivré les vaches (célestes), et qui les a précipitées du ciel. C’est sa puissance qui a brisé (le nuage), et l’a lancé comme un large torrent.

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