‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 31 sur 1127 · C’est-à-dire : bien enflammé · texte numérisé non relu

C’est-à-dire : bien enflammé

3. Ce mot Tanoûnapât reçoit plusieurs explications. Comme le mot napât ne peut guère s’expliquer, partout où je le vois, que par le sens d’enfant, de petit-fils, je conçois que le mot Tanoûnapât s’entende par enfant de son corps. Agni naît et vit aux dépens du bois, qui est comme son corps. Un autre sens qu’on lui donne est destructeur de son propre corps. Je crois devoir éloigner le sens de destructeur, qu’on donne à napât.

INDE. —POÉSIE LYRIQUE

[Lcct. I.]

qu’on appelle) Nardsttnsa , (le dieu) chéri et sacrificateur, dont la langue est si douce.

4. Agni, sur ton char bienheureux, amène les dieux; ô toi, sacrificateur (appelé) llita *, toi que Manou 2 3 a constitué (pour présider à nos fêtes) !

5. Mortels éclairés, étendez le gazon (sacré) ; qu’il soit arrosé de beurre à l’endroit où (les dieux) vont venir prendre leur ambroisie.

6. Qu’elles s’ouvrent, les portes divines (de l’enceinte sacrée, ces portes) que le sacrifice sanctifie ! qu’elles s’ouvrent aujourd’hui pour la pieuse cérémonie !

7. J’appelle à ce sacrifice la belle Nuit et la belle Aurore : qu’elles viennent toutes deux prendre place sur ce cousa.

8. J’appelle aussi ce couple de dieux 5 à la douce langue, sages et sacrificateurs : qu’ils aient leur part de notre sacrifice.

9. Que les trois déesses qui apportent la joie, llà, Sarasvvati et Mahî 4, daignent sans crainte s’asseoir sur ce cousa.

10. J’appelle ici le grand Twachtri *, qui sait revêtir toutes les formes : qu’il soit notre ami !

11. Divin Vanaspati 6, donne aux dieux l’holocauste qui leur est destiné. Que la sagesse soit le partage de celui qui le leur offre !

12. En l’honneur d’Indra, employez la swâhâ 7 dans la maison du (père de famille) qui offre le sacrifice : c’est là que je convie les dieux.

1. Ce mot signifie chanté. Naràsansa, plus haut, signifie célébré par les hommes.

2. Le nom de Manou est pris d’une manière générale pour signifier l'Iiomme, ou d’une manière spéciale pour désigner le patriarche que les Indiens regardent comme le fondateur de leur race. Il me semble qu’on lui attribue, en plusieurs endroits, l’institution du culte du feu. L’expression M nnourlüta peut encore se traduire par constitué pour l'homme.

3. La peinture que le poète fait de ces deux divinités ne me permet guère de les identifier avec les Aswins. Ce sont, comme l'indique le commentaire, deux formes d’Agni, le feu de la terre et Je feu de l’air. Ne serait-ce pas plutôt les deux sacrifices du matin et du soir ?

4. Voy. plus haut la note 1, p. 3, c. 1. Mahî, qui signifie grande, est une épithète de Bhàrali.

5. Twachtri est Agni considéré comme donnant la forme ; c’est le feu plastique. On lui attribue les objets d’art, il forge la foudre d’Indra: c’est le Vulcain de cette mythologie. Je suppose que Twachtri est la troisième forme d’Agni, répandue dans l’air et constituant la chaleur vitale.

6. Mot à mot, maître du bois. C’est le feu présidant au bûcher du sacrifice, et même aux pièces de bois qui y sont employées, yoûpâgni.

7. La swâhâ est une exclamation prononcée au moment de l’holocauste. On en fait une épouse d’Agni, car les prières sont les épouses des dieux.

HYMNE XIV

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