‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 316 sur 1127 · I. — BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE · texte numérisé non relu

I. — BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE

je les demande pour nous à l’heureux Roudra.

14. Que le trait de Roudra nous épargne. Que la fureur de ce (dieu) brillant aille s’exercer ailleurs. Sois généreux pour nous, comble-nous de biens solides, et protège notre race.

15. Dieu fort, libéral et prudent, retiens ta colère et tes coups. Écoute notre invocation, ô Roudra! sois sensible à nos hommages. Pères d’une heureuse lignée, puissions-nous chanter longtemps encore dans le sacrifice !

AUX MAROUTS, PAR GRITSAMADA

[Mètres : Trichtoubh et Djagatî.)

1. Les Marouts amènent la pluie; et, doués d’une force victorieuse, aussi redoutables que des lions, adorables pour leur puissance, brillants de vives clartés, amis des libations, ils soufflent la tempête, et poussent les vaches (célestes).

2. De même que les airs s’animent du feu des étoiles, ces terribles (combattants), qui lancent la pluie, s’illuminent du feu des éclairs. O Marouts ornés d’un collier d’or, Roudra vous a enfantés dans le sein brillant et fécond de Prisni *.

3. Ils lancent leurs rapides coursiers, qui semblent se couvrir d’écume, et ils se précipitent par les brèches qu’ils font au (nuage) retentissant. O Marouts à la face dorée, pressez vos daims légers, et venez, d’un concert unamine, recueillir nos offrandes.

4. En échange de ces offrandes, ils nous apportent les trésors des mondes (supérieurs), prodiguant à leur ami tous leurs bienfaits et leurs constantes faveurs, dirigeant (vers lui) sans hésitation leurs daims rapides, et chargés du fardeau des biens qu’ils répandent.

5. O Marouts, animés tous d’un même esprit, et armés de traits resplendissants, (venez) avec ces vaches brillantes qui frémissent sous le bruit (du tonnerre) ; et, suivant une heureuse voie, accourez à nos enivrantes libations comme les cygnes à leurs lacs favoris.

1. Prisni (voy. page 53, col. 1, note 5; page 66, col. I, noie 1; page 153, col. 2, note 1) est un nom que l’on donne à la terre, et même à l’air. Mais il me semble ici que ce mot. qui signifie multicolor, doit se rapporter au nuage. C’est au sein du nuage que Roudra, c’est-à-dire l’air, enfante les vents. Deus mots de celte phrase, vriclian, qui signifie taureau, et oudhan, qui veut dire mamelle, ont donné lieu à une légende. On suppose que Roudra, changé en taureau, a eu les Marouts de la Terre, changée en vache.

INDE. — POÉSIE LYRIQUE

6. O Mar o uts, remplis des mêmes sentiments, venez à nos offrandes avec un zèle égal à celui qui nous amène à l’hymne du sacrifice. De même que vous remplissez la mamelle de la vache céleste, de même rendez la prière féconde pour 'votre chantre.

7. 0 Marouts, faites que le char de ce sacrifice suive chaque jour une heureuse carrière. Donnez l’abondance à vos chantres ; (donnez) au maître de maison la richesse, la prudence, le bonheur et la force invincible.

8. Quand les Marouts, parés de leurs colliers d’or, attellent leurs coursiers à leur char, et se disposent à répandre leurs trésors, comme la vache dans le pâturage donne son lait à son nourrisson, ils versent leurs bienfaits sur le peuple qui offre l’holocauste.

9. O Marouts, qui pouvez consolider (notre bonheur), défendez-nous contre le mortel dangereux qui médite notre perte! O Roudras, percezle de votre trait brûlant ; détruisez l’arme de ce perfide!

10. O Marouts, telle est votre puissance, telle est votre bonté, lorsque, en faveur de vos amis, vous pressez la mamelle de Prisni 1 ; ou bien lorsque vous (venez), invincibles fds de Roudra, venger Trita 2 qui vous invoque, et perdre les ennemis qui l’outragent.

11. Pleins de confiance dans la vertu de nos libations, nous vous invoquons, grands et puissants Marouts. Élevant la coupe (des offrandes) et chantant vos louanges, nous venons demander les nobles faveurs de ces (dieux) à la face dorée et au cœur généreux.

12. Les Angiras 3, les premiers, ont offert le sacrifice. Que les (Marouts) 4 viennent à nous

1. C'est-à-dire, du nuage, comme l’indique la note précédente, page 185, col. 2

2. Nous avons vu, page 74. col. 1, note 4; page 104, col. 2, note3,que Trita est la libation personnitiée. Outrager Trita est donc le fait de l’impie.

3. Le texte porte le mot dasagwa. Voy. page 80, col. 1, note 6. Le commentaire suppose que les Marouts, après des pratiques de dix mois, ont pris la forme des Angiras, et offert eux-mêmes le sacrifice. Il raconte une querelle survenue entre les Angiraset les Ailityas; querelle dans laquelle les Angiras obtinrent l’avantage par le moyen du sacrifice. Il serait fâcheux que, pour expliquer ce passage, on fût obligé de recourir à ce conte, inventé pour donner raison de ce vers. Nous avons vu ailleurs que les Angiras et les Marouts sont des agents du sacrilice. Les feux d’Agni doivent précéder et même engendrer les feux du soleil. Il est donc naturel que les Adilyas soient vaincus par les Angiras.

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