Nom de l’homme
2. Le mot Apnarânah est considéré par le commenlaire comme le nom d’un Richi. Je l’ai regardé comme une épithète de la même nature que le mot Dhriyavâna, qui est dans la quatrième stance.
INDE. — POESIE LYRIQUE. [Lect. v.l
cesser de jeter la même clarté. (L’Aranî ta mère), rompant sa ceinture, met au monde son fruit, et tu nais pour être notre messager.
10. Tu nais, et aussitôt tes rayons brillent au souffle du vent qui anime leur éclat. Agni tourne sa langue aiguë contre le bois du bûcher, et sous sa dent disparaissent les aliments solides qui le nourrissent.
11. Aussitôt que le grand Agni a dans ses flammes consumé les nourritures qu’il a reçues, il ne tarde pas à remplir sa mission. Il prend la force du vent ; il brise (tous les liens), et, tel que (le cavalier qui pousse son cheval), robuste et rapide, il lance en avant son irrésistible (rayon).
A VGNI, PAR VAMADÉVA.
(Jf être : Gâyatrî.)
1. J'invoque en votre faveur (Agni), le messager (des dieux), le possesseur de tous lesbiens, l’immortel chargé de nos holocaustes, le pontife suprême.
2. Le grand (Agni) connaît, le trésor de nos offrandes. Il (connaît) aussi le chemin du ciel. Qu’il amène ici les dieux.
3. Dieu, il sait les honneurs que le serviteur des dieux leur rend à son foyer. 11 donne à chacun la part qui lui revient dans les offrandes.
4. Sacrificateur, et messager des dieux, il est placé entre (le ciel et la terre), et sage, il monte vers les régions supérieures.
5. Puissions-nous par nos holocaustes plaire à Agni , nous qui avec tant de respect allumons ses feux !
6. Ceux qui honorent Agni méritent par leurs hommages d’être distingués pour leurs richesses et leur puissance.
7. Puissions-nous chaque jour voir venir à nous l’opulence si désirée ! Puissions-nous obtenir l’abondance!
8. Ce (dieu) sage est, par sa force, capable de percer (comme le chasseur) ce qu’il y a de plus léger parmi les enfants de Manou.
hymne v.
A AGNI, PAR VAMADÉVA.
( Mètre : Gftyatrî.)
1. Agni, sois-nous favorable. Tu es grand, toi qui viens ainsi visiter un peuple dévoué au ser-
vice des dieux, et assis sur le gazon (sacré).
2. Immortel et invincible, parais au milieu des races humaines, et deviens le messager de tous.
3. (Agni) est promené autour de son foyer; (dieu) sacrificateur, auteur de nos joies pieuses, source de toute pureté, il apparaît sur son trône
4. Les épouses (des dieux arrivent); et Agni, dans le sacrifice et sur le foyer, siège comme prêtre et comme maître de maison.
5. Tu es pour les hommes Je ministre de leurs sacrifices, et (tu offres) les holocaustes des enfants de Manou.
6. Tu te fais le messager du mortel, dont tu agrées la piété, et tu te charges de porter son holocauste.
7. Tu aimes notre sacrifice et nos cérémonies, ô Angiras. Écoute notre invocation.
8. Que ton char invincible se tienne autour de nous prêt à protéger tes serviteurs.
A AGNI, PAR VAMADÉVA.
(. Mètres : l’ankti el Ouchnih.)
1. ü Agni, nous voulons aujourd’hui par nos hymnes te glorifier, toi que, tel qu’un (bon) coursier, (nous chargeons de nos vœux), toi qui touches nos cœurs, et nous assistes comme (un compagnon) puissant
2. O Agni, sois le char qui transporte notre sacrifice heureux, bon, puissant, juste, abondant.
3. Engagé par nos louanges, viens à nous, ô Agni; sois bienveillant, et fais briller toutes les clartés dorées.
4. ü Agni, nous t’adressons aujourd’hui ces hymnes ; ils sont l’expression de notre dévouement. Ta flamme résonne comme la foudre céleste.
5. O Agni, ta vue, le matin et le soir, est remplie de douceurs. Tel que l’or, tu brilles près de nous pour notre bonheur.
6. Ton corps est sans tache, comme un beurre pur. O (dieu) qui portes l’offrande, ton éclat est celui de l’or le plus éclatant.
7. Pieux Agni, un ennemi perpétuel nous menace; détourne sa haine loin du mortel qui t’honore.
1. Le commentaire explique le mot cralou par cartri, oupacartri. Ne serait-il pas mieux de laisser à ce mol son sens ordinaire? Agni eut bon comme, le sacrifice.
[Lect. V.]
RUi-VEDA. — SECTION TROISIEME.
8. O Agni, que l’amitié Iraternelle qui existe eDtre nous et vous autres, dieux, nous soit favorable. Notre lien commun est ici sur ce foyer, près de cette mamelle (divine).
I1VMNE Vil.
A AGN I, PAU VAMADEVA.
(Mètre : Trichtoubh.)
1 . Puissant Agni, ton heureuse lumière brille à l’approche du Soleil. L’ombre de la Nuit la rend encore plus vive, et sur sa for.me qui se dresse coule l’offrande onctueuse.
2. O Agni, toi qui nais tant de fois, reçois mes louanges, et par ton œuvre volontaire accomplis mes vœux. (Dieu) resplendissant et pur, accordenous l’abondance de biens que te demandent tous les Dêvas.
3. Agni, c’est toi qui donnes naissance à ces hymnes, à ces chants, à ces prières qui attendent une heureuse issue. De toi viennent la fortune et la beauté des races, biens précieux que tu accordes au mortel qui t’honore.
4. C’est par toi que naît ce grand et rapide coursier qui porte l’offrande et que lancent les Dévas; c’est par toi, ô Agni, qu’il naît, ce coursier merveilleux, fort, juste, riche et impétueux.
ô. Immortel Agni, c’est toi que les mortels religieux invoquent le premier dans leurs prières, toi, dieu à la langue caressante, prudent ennemi du mal, toi, maître de maison, (qu’ils surnomment) Damoùnas.
5. Si tu es notre protecteur, éloigne de nous l’ignorance, le péché et la folie. 0 divin Agni, enfant de la Force, heureux le Soir celui que tu aimes ! Il est gardé par ta bénédiction.
HYMNE VI II
A AGNI, PAR VAMADEVA.
(Mètre : Trichtoubh.)
1. Sage Agni, possesseur de tous les biens, celui qui allume tes feux, et qui, élevant la coupe (sacrée), te présente trois fois par jour la libation, doit, par l’effet de ta puissance, regorger de biens et triompher (de ses ennemis).
2. 0 Agni, celui qui prend la peine d’apporter un aliment pour ta tlamme, et qui honore ta splendeur en allumant tes feux vers le soir et au lever de l’Aurore, obtient de florissantes richesses et des forces victorieuses.
3. Agni est le roi de l’homme puissant et riche *. il est le maître de l’abondance et de la fortune; flatté de l’offrande du mortel pieux, (ce dieu) toujours jeune ne cesse de le combler de biens.
4. 0 Agni toujours jeune, si, hommes que nous sommes, nous avons pu par ignorance commettre quelque faute, délivre-nous entièrement - du péché. Ne laisse en nous aucune prise au mal.
5. O Agni, en face des dieux et des mortels nous avons commis de grandes fautes. Fais que nous n’en ressentions aucune peine, nous qui sommes tes amis. Donne le bonheur à nos Fils et à nos petits-fils.
6. Adorables Vasous 3, de même que vous avez délivré la Vache (du sacrifice) du lien qui l’attachait par le pied, de même aussi délivrez-nous du mal. 0 Agni, que notre vie se prolonge.
A AGNI, PAR VAMADEVA.
(Mètre : Trichtoubh.)
1. Le bienveillant Agni nous montre à l’orient les présents des brillantes Aurores. Venez, ô Aswins, dans la maison de (l’homme) pieux. Le divin Soleil arrive avec la lumière.
2. Le divin Savitri va s’unir à la clarté qui se lève, lançant des jets lumineux, et pareil au taureau qui s’approche de la vache. Aussitôt que
1. Ce vers renferme le mot Kchatriya, qui ne me semble pas ici emporter l’idée de caste, mais qui signifie le possesseur du Kchntra, c’est-à-dire de la force, d'un domaine qui donne la puissance. Le commentateur rend ce mot par bala.
2. Ce vers présente le mot aditeh, que le commentaire traduit par bhoûmeh, que je ne comprends pas. Je suppose cpi'aditeh est un ablatif qui sert d’adverbe, et qui signifie entièrement , sine reliquo, ou un génitif du subtantif aditih, absence de partage. Dans ce dernier cas je traduirais ainsi : Rends-nous innocents de ne t’avoir pas donné ta pari dans le sacrifice.
3. Je n’ai pas su jusqu’à présent ce que l’on entendait précisément par cette classe de divinités appelées lr«so«s. Le mot Vasou, expliqué dans le commentaire par Vàsayitri, Vâsitri, et Vàsata, comporte l’idée d’un protecteur gui établit et consolide la position de son
j protégé. 11 peut donc s’appliquera tous les dieux ; mais I il s’emploie particulièrement pour Agni. Le commentateur I donne ici à ce mot le sens d’ Agnayah. Les Vasous se- ' raient donc les feux du sacrifice, qui délivrent et j lâchent la vache, c’est-à-dire la flamme attachée au foyer I par sa partie inférieure. Pour quel motif a-t-on, plus j tard sans doute, compté huit Vasous? Je n’en connais pas la raison, à moins que l’on n’ait vu quelque analogie entre les Tasous et les Achtadilpàlas, ou les huit gardions du ciel.
INDE. — POESIE LYRIQUE
(les Dévas) ont placé le Soleil dans le ciel, Mitra et Varouna poursuivent leur œuvre.
3. Ce Soleil, que les soins constants des inébranlables Dévas ont formé pour être l’ennemi des ténèbres, sept grands coursiers le transportent, et le présentent au monde qu’il éclaire.
4. Porté par ces nobles coursiers, tu vas, ôDieu, étendant sur le monde ta toile (radieuse), et le dépouillant de son vêtement noir. Les rayons que lance le Soleil repoussent au sein des eaux les voiles des ténèbres.
5. (Ce dieu) qui n’a point de guides, qui n'a pas de lien, comment fait-il pour monter, pour descendre sans tomber? Qui peut savoir quelle force le maintient? Compagnon de Ilita, il est le gardien, le soutien de la voûte céleste.
A A GM, l’ A R V AM A DÉ VA.
(Mctre : Trichtoubh.)
1. Le divin Agni, possesseur de tous les biens, colore de ses rayons les brillantes Aurores. Véridiques (Aswins), vous que nos chants célèbrent partout, montez sur votre char, et venez à notre sacrifice.
2. Le divin Savitri siège dans l’astre lumineux qui se lève, et répand la clarté dans tous les mondes. Le soleil vivifie le ciel, la terre, Pair qu’il remplit de ses rayons.
3. Ses rougeâtres coursiers l’amènent. Avec la lumière arrive la grande et belle Aurore qui anime tout de ses splendeurs. La déesse , éveillant (l’homme) pour un utile travail, vient sur un char magnifique.
4. (O Aswins), que vos excellents et rapides coursiers vous amènent ici au lever de l’Aurore. Pour vous sont disposés ces vases remplis d’un doux soma. (Dieux) généreux, enivrez-vous des délices de notre sacrifice.
5 (Ce dieu) qui n’a point dé guides, qui n’a point de lien, comment fait-il pour monter, pour descendre sans tomber ? Qui peut savoir quelle force le maintient? Compagnon de Rita, il est le gardien, le soutien de la voûte céleste.
A AGNI, PAR VAMAÜÉVA.
1. Agni, le puissant sacrificateur, est promené autour de notre foyer, dieu adorable entre tous les dieux.
Lect. V.]
2. Agni semble porté sur un char, et visite notre triple sacrifice. Au milieu des dieux, au’il reçoive nos offrandes.
3. Maître de l’offrande, que le sage Agni entoure l’holocauste (de ses rayons). Qu’il comble de biens son serviteur.
4. C’est lui dont les feux s’allument au foyer oriental en faveur de Srindjaya *, fils de Dévavâta; lui qui par son éclat triomphe de ses ennemis.
5. Qu’un héros mortel commande à ce rapide et généreux Agni, dont la dent est si aiguë.
6. Chaque jour (les hommes) l’honorent, lui, chargé de biens comme un (noble) coursier, brillant comme un fils du Ciel2.
7. Le jeune fils de Sahadéva m’a éveillé et m’a proposé deux chevaux : j’ai aussitôt répondu à son appel.
8. Et aujourd’hui j’ai reçu du jeune fils de Sahadéva ces deux chevaux si beaux, si dociles.
9. 0 divins Aswins, que le jeune fils de Sahadéva soit sous votre protection ; que Somaca 5 ait une longue existence.
10. O divins Aswins, faites que ce jeune fils de Sahadéva vive longtemps.
A INDRA, PAR VAMAÜÉVA.
(Mètre: Gâyatrî.)
1. Que le juste Maghavan, ami de notre soma, vienne vers nous. Que ses chevaux l’y amènent. Offrons-lui ces libations qui donnent la force; et, chanté par nous, qu’il remplisse notre vœu.
2. Lance (tes coursiers) comme pour un (heureux) voyage, et (viens) te réjouir aujourd’hui dans notre sacrifice. En l’honneur d’un (dieu) sage et maître de la vie, que le prêtre, avec un désir pareil à celui de la femme (qui attend son époux), commence l’hymne et la prière.
3. De môme que le poète forme (ses chants) mystérieux, le sacrificateur 4 acccomplit les rites
1. Les Pourànas citent plusieurs Srindjayas; aucun n’a pour père Dévavàta. Voy. note 3 ci-dessous.
'i. Un Adilya; le Soleil.
3. Le Vichnou-Pouiâna signale un Somaca, fils de Sahadéva, Traduction de M. Wilson, p. 433. Il cite aussi un Sahadéva, fils de Srindjaya, p. 334. Voy. Ilarivausa, lome I, page 149, où Somaca descend à la cinquième génération d’un Srindjaya, fils de Milrayou, et petit-fils de Divodàsa.
4. Je traduis ainsi le mot Vrichan, que le commentateur semble appliquer à Indra. Si je devais le faire rap-
[Lect. V.]
et distribue le soma (aux dieux) qu’il vénère. II tmfante les sept rayons 1 lumineux. Cependant, les (prêtres) avec le jour entonnent les hymnes qui font le bonheur (des hommes).
4. Quand le ciel apparaît aux premières lueurs du matin, quand les (Dévas) allument les feux du grand astre, c’est alors que le plus noble des héros chasse les noires ténèbres, et sa présence apprend aux mortels à distinguer les objets.
5. Indra, ami de notre soma, porte l’infini ; de sa grandeur il remplit le ciel et la terre. Au-dessus de tout s’élève celui qui domine les mondes.
6. Sacra connaît ce qui est bon pour les hommes ; secondé parles robustes (Marouts), il a envoyé les Ondes. Les prêtres (Angiras) par leurs saintes paroles ont (avec lui) brisé la caverne 2, et ouvert le pâturage des vaches (célestes).
7. Ta foudre, pour nous sauver, a frappé Vritra, qui enveloppait les eaux. La Terre en a frémi de joie. 0 héros, ô maître victorieux, envoie-nous ces Ondes qui coulent de la mer (céleste).
8. 0 (dieu) partout invoqué, quand tu as fendu la montagne (aérienne), Saramâ t’avait d’abord révélé le trésor (enlevé). Tu es notre conducteur, et, chanté par les Angiras, tu brises la porte du pâturage (divin), et tu pourvois à notre existence.
9. 0 Maghavan, les prêtres t’implorent; viens auprès du sage qui te chante pour le combler de tes bienfaits. Accours vers lui avec les (Marouts), tes alliés. Nous avons besoin de tes dons. Que le magicien impie, que le ravisseur (des Ondes) périsse sous tes coups5.
10. Viens dans notre demeure avec celte pensée qui tue le Dasyou. (Autrefois) Coutsa4 désira et
porter à un dieu, ce serait plutôt à Agni, qui, en sa qualité de prêtre, accomplit les merveilles du sacrifice. Vrichati s’entend ici de celui qui verse la libation.
1. On se rappelle que le feu est censé avoir sept rayons; de là vient qu’Agni a les épithètes de Saptadjiliwa, Sapladjwàln, Saptadidhiti, Saptârtchis, dieu aux sept langues, aux sept flammes, aux sept rayons. Le nombre sept pourrait encore s’entendre des sept genres de mètres sur lesquels se composent les hymnes, et qui concourent à la formation de la lumière.
2. Cette idée est exprimée par le mot asmau, qui signifie pierre. Le mol caverne, que j’ai choisi, a une double signilication, que je prie le lecteur de vouloir bien adopter suivant la circonstance. Tantôt ce mot caverne représente le nuage qui renferme en son sein l’onde salutaire; tantôt ce même mot se rapporte à l'enveloppe ténébreuse de la nuit, d’où apparaissent les rayons du jour.