‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 49 sur 1127 · Nirriii est la divinité du mal, Pâpa‘dévalà · texte numérisé non relu

Nirriii est la divinité du mal, Pâpa‘dévalà

K [fi - V É DA. — SECTION PR E M l È R E.

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[tect. I.]

1 1. Je viens donc à toi avec une prière respectueuse; celui qui t’offre cet holocauste te bénit et t’implore. Varouna, sois favorable à nos vœux: toi dont le nom est au loin célébré, épargne notre vie !

12. Voilà ce qu’on m’a répété et le jour et la nuit, voilà ce que mon propre cœur me dit. Que le royal Varouna nous délivre, lui qu’a invoqué Sounahsépa enchaîné * I

13. Oui, Sounahsépa enchaîné, attaché aux trois poteaux du bûcher sacré, a prié le fils d’Aditi, le royal Varouna, de le sauver. Que (ce dieu) sage et invincible brise nos fers !

14. 0 Varouna, par nos invocations, par nos sacrifices, par nos holocaustes, nous voulons détourner ta colère. Viens, toi qui donnes la vie 2 ; roi prudent, délivre-nous de nos fautes.

15. 0 Varouna, délie les chaînes qui nous serrent d’en haut, d’en bas et du milieu 3. Fils d’Aditi, par le sacrifice que nous t’offrons, que nos fautes soient effacées, que nous soyons à Aditi 4 !

1. Voilà le passage sur lequel on so fondo pour penser que cet hymne est celui que Sounahsépa récita lorsqu’il était prisonnier. Mais, en tous cas, la circonstance dont il est ici question est mentionnée comme déjà passée, et le reste de l’hymne ne semble pas avoir le but spécial qu’on lui suppose. Pour ma part, je pense que cet état de captivité de Sounahsépa, comme ailleurs l’état de cécité de certains personnages, n’est qu’une métaphore qui peint l’abattement de l’homme incapable d’agir pendant la nuit, et en quelque sorte lié ou aveuglé par les ténèbres. Le sacrifice du matin vient lui rendre sa liberté et la lumière.

2. Ces mots sont la traduclion du mot Asoura, dont l’explication la plus convenable m’a paru être celle que je donne ici. On voit pour quelle raison cette épithète est attribuée au Soleil et aux autres dieux; Y Asoura est l’ètre doué de force et de mouvement, et communiquant la vie dont il est animé. Les nuages ont cette propriété ; et quand le poète les a personnifiés, les êtres, ennemis des dieux et qui les animent, ont pu être appelés Asouras. Ce mot a fini même par désigner plus souvent les adversaires des dieux, les Titans indiens. Je suppose que, plus tard, dans la composition du mot Asoura, qu’on avait perdu de vue, on a cru trouver un a privatif, et qu’on a ainsi formé le mot Soura, qui signifie Dieu.

T. J'entends par ces mots que l’obscurité qui règne au ciel, sur la terre, dans les airs, est une triple chaîne qui lie les hommes pendant la nuit.

4. Le mot Aditi se trouve encore ici, et on le rend par salut, sécurité. Je sais que la même expression peut avoir différentes significations ; mais je n’aime pas que cette expression, dans des circonstances analogues, se trouve interprétée différemment. J’ai donné au mot Aditi le même sens que dans le premier vers. Être à Aditi, c’est, comme en français, être tout à la nature, jouir complètement de la nature. Aditi, dans les idées indiennes, me semble être l’ensemble de lamatière organisée, et animée d'un souffle divin : ce mot signifie complet, et est en opposition av< c le mot diti, qui veut

A VAROUNA, PAU SOUNAHSÉPA.

[Mctre : (îâyatrî.)

1. Dans tous ces sacrifices que nous t’offrons journellement, ù divin Varouna , nous pouvons, pauvres mortels, manquer à quelqu’un de nos devoirs.

2. (Épargne-nous ;) ne non ; livre pas à la mort, au fer d’un ennemi, au ressentiment d’un furieux.

3. 0 Varouna, par nos chants nous voulons adoucir et calmer ton esprit, de même que le conducteur d’un char (délasse par sa voix) son cheval fatigué.

4. Vers toi , comme l’oiseau vers son nid, volent mes pensées, pour obtenir une existence prospère.

5. Et dans quel (autre) temps devons-nous invoquer l’illustre Varouna, qui possède la force et la richesse, et nous rendre propice celui qui est l’œil du monde ?

6. Que (Mitra et Varouna) accueillent ce (sacrifice) offert pour tous les deux ; ils sont justes, quand ils favorisent un pieux serviteur.

7. Varouna connaît la voie de l’oiseau qui vole dans l’air, celle du vaisseau qui vogue sur la mer.

8. Ce dieu, ferme en ses œuvres, connaît la marche des douze mois qui engendrent les êtres, et celle du mois qui complète l’année *.

9. Il connaît la carrière du vent, qui exerce au loin sa remarquable puissance; il connaît la demeure élevée des dieux.

10. Au sein de nos demeures réside et règne Varouna, fidèle à ses desseins, et digne d’être honoré par les sacrifices.

11. Le sage voit toutes les merveilles accomplies par lui, comme celles qu’il accomplira.

12. Que ce fils d’Aditi, honoré par nos sacrifices, nous dirige chaque jour dans une bonne voie ; qu’il prolonge notre existence !

13. Varouna a revêtu sa cuirasse d’un or éclatant et pur ; des rayons de lumière l’environnent de toute part.

dire divisé, incomplet. D’Aditi naissent les Adityas, ou formes du Soleil; de Diti, les Dêtyas, êtres malfaisants qui animent les météores célestes, et font la guerre aux Adityas et aux autres dieux. Le sens du mot Aditi, comme je l’ai dit, peut être restreint à la signification de terre; et Aditi est alors confondu avec Prithivi. Ce même mot Aditi, au masculin, est employé pour signifier l’ensemble des offrandes, le sacrifice.

1. C’est un treizième mois de quelques jours, ajouté pour rendre l’année lunaire égale à l’année solaire.

INDE.— POÉSIE LYRIQUE

(Lect. I , |

14. Nul dans le monde n’oserait affronter ce dieu ; nul parmi ceux qui ont l’habitude du mal, de l’injure, du crime.

15. C’est lui qui prépare cette nourriture abondante, soutien de notre vie mortelle.

16. Après ce dieu qui éclaire le monde, ma prière soupire, comme la vache après son étable.

17. S’il est vrai que mes libations te soient agréables, s’il est vrai que, comme sacrificateur1 2 3, tu consommes notre offrande avec plaisir, nous voulons encore nous adresser à toi.

18. Et en effet j’ai vu (ce dieu) visible pour tous; j’ai vu son char sur la terre ; (Varouna) exauce nos prières.

19. O Varouna, écoute aujourd’hui mon invocation; sois-nous favorable! J’implore ton secours.

20. (Dieu) sage, tu brilles partout, au ciel et sur la terre. Écoute et sauve-nous.

21. Délie les chaînes qui nous serrent d’en haut, d’en bas et du milieu *. Fais que nous vivions.

HYMNE VII

A A G N I, PAR SOUNAHSÉPA.

( Mètre : Gâyatrî.)

1. Dieu vénérable, (dieu) maîtredes mets consacrés, revêts ta robe (resplendissante), et accomplis notre sacrifice.

2. Viens, Agni, toi notre sacrificateur, toujours jeune, digne entre tous d’être l’objet de nos pensées, et de nos hymnes les plus brillants.

3. Sois pour nous généreux et bon, comme un père pour son fils, un parent pour son parent, un ami pour son ami.

4. Sur ce lit de cousa préparé par nous, que Varouna, Mitra, Arvaman , viennent s’asseoir ; rivaux terribles pour leurs ennemis, qu’ils soient pour nous comme un homme 5 (vis-à-vis d’un autre homme).

5. Premier des sacrificateurs, daigne te complaire en notre amitié; écoute nos chants avec bonté.

6. Quel que soit le dieu que nous honorions avec notre sacrifice perpétuel, toujours à toi s’adresse l’holocauste.

1. Varouna est une forme d’Agni ; le vers 10 le représente au sein des demeures humaines, où il est le dieu sacrificateur.

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