Les Libations des trois sacrifices
INDE. — POÉSIE LYRIQUE
5. 11 est le soutien des mondes; il connaît les noms mystérieux et cachés des vaches 1 (du troupeau lumineux). Il est sage, et il relève toutes les œuvres des sages, comme le soleil (relève la beauté) des formes. Périssent tous nos ennemis!
6. Toutes les œuvres des sages sont en lui, qui est tel que le moyeu dans la roue. Honorez donc ce (dieu), qui a trois demeures. Comme les bœufs qu’on attelle dans le pâturage, attelez à son char les chevaux (du sacrifice). Périssent tous nos ennemis !
7. Étendu sur un lit de (branchages) 2, il s’entoure de tous les rayons qui naissent du (foyer). Tous les Dévas poursuivent leur œuvre devant lui, et honorent Varouna de leurs dons. Périssent tous nos ennemis !
8. Dès que le sacrificateur l’a placé sur ces (branchages), le (dieu) se dévoile, et, (tel que l’Océan) que gonflent les ondes, il semble monter rapidement vers le ciel. De son pied 3 4 5 radieux il détruit la magie (des Asouras), en s’élevant sous la voûte céleste. Périssent tous nos ennemis !
9. Il habite les trois mondes, et ses splendeurs méritent nos louanges. Trois fois elles s’élancent dans ce vaste espace *, qui est la demeure solide de Yarouna. Il règne sur les sept torrents s. Périssent tous nos ennemis 1
10. Le (dieu) qui, poursuivant ses œuvres, rend ses rayons tour à tour blancs et noirs, a mesuré l’antique séjour (des dieux). Il a consolidé le ciel et la terre, comme l’immortel (soleil affermit) l’espace des airs. Périssent tous nos ennemis !
A DIVERS DIEUX, PAR NABHACA, OU ARTCHANAS.
( Mètres : Trichtoubh et Anouchtoubh.)
1. Le (divin) Asoura, qui possède tous les biens, a consolidé le ciel ; il a mesuré la gran-
1. Le texte porte le mot ousrà, que le commentaire traduit par le mot rasmi (rayon). Le lecteur aura peutêtre reconnu que ce n'est pas Varouna que célèbre le poëte, mais Agni, malgré le titre qui annonce Varouna.
2. Le commentaire donne à ce passage un tout autre sens. Le pronom âsou, suivant lui, se rapporte au mot dickcliou sous-entendu. Plus loin, dhàmani serait synonyme de pourâni. Ainsi Varouna étendu dans les airs, y briserait les villes des Asouras. Pour le sens que j’ai choisi, je m’en réfère à l’observation qui termine la note précédente.