‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 81 sur 1127 · Pour venir jusqu’à nous jouir de nos hym · texte numérisé non relu

Pour venir jusqu’à nous jouir de nos hym

1. Le texte porte Sindhoumâtarâ : ce mot peut aussi signifier enfants de la mer ; le ciel, représenté par les Aswins, semble sortir de la mer, et le poëte peut la

donner comme la mère de ces deux divinités.

nés, ô Aswins, montez sur votre vaisseau *, ou bien attelez votre char !

8. Que votre vaisseau, large comme le ciel, que votrechars’arrêteprèsde(nos) ondes (sacrées). Avec la prière vont se verser pour vous les libations.

9. Fils de Canwa, les libations, trésor du (dieu) resplendissant, sont disposées dans leur bassin. (O Aswins), où est votre forme1 2 ?

10. Cependant le soma se colore, le soleil commence à se dorer. Je le vois à la langue d’Agni qui noircit.

1 1. Par la vertu du sacrifice le chemin est ouvert. (Le soleil) peut passer les rivages (de la nuit). Le voilà qui s’avance dans le ciel.

12. C’est ainsi que le poëte chante les Aswins, qui daignent se plaire à nos libations ; que leur secours soit le prix de nos chants !

13. Venez près (du père de famille) qui vous honore, comme (autrefois) près de Manou ; jouissez des libations et des hymnes (qu’il vous consacre, divinités) heureuses.

14. A peine commencez-vous votre brillante révolution, que l’Aurore vous suit. Chaque nuit, agréez aussi nos sacrilices.

15. O Aswins, buvez tous deux; tous deux soyez nos bienfaiteurs, et accordez-nous votre illustre protection.

LECTURE QUATRIÈME

AUX ASWINS, PAR PRASCANWA.

(Mètre : Vrihati.)

1. (Dieux) que grandissent nos sacrifices, les plus douces des libations sont disposées pour vous. O Aswins, prenez ces breuvages préparés d’hier, et accordez à votre serviteur les biens (qu’il désire) !

2. O Aswins, arrivez sur votre char magnifique, (ce char) qui parcourt les trois mondes, et que décorent trois sièges ! Les fils de Canwa vous adressent cette prière dans le sacrifice; daignez écouter leur invocation.

3. O Aswins , que grandissent nos sacrifices, buvez de nos douces libations ! (Déités) secoura-

1. Les Aswins, naissant à l’horizon, sont censés devoir traverser une mer de vapeurs. Il est naturel que le poëte leur donne un vaisseau ; nous verrons même plus loin que ce vaisseau a cent rames.

2. Le soleil n’est pas encore levé, et le ciel est à peine visible. Cependant les libations sont toutes préparées.

| Lect. IV. J

blés, chargeant votre char de richesses, venez en ce jour près du (père de famille) (|ui vous honore.

4. Vous qui possédez tous les biens, (placezvous) sur notre triple cousa, et répandez vos douceurs sur notre sacrifice. O Aswins, les fils de Canwa vous invoquent, versant ces libations en votre honneur ! ils vous (invoquent), brillants de la lumière qui se lève.

5. Maîtres de pureté, accordez-nous cette protection dont vous avez autrefois honoré Canwa. Aswins, vous dont le sacrifice augmente la force, goûtez de nos libations.

6. Secourables Aswins, venez sur votre char, apportant l’abondance à Soudas *. Donnez-nous ces richesses que tous désirent, et qu’elles nous arrivent de l’océan (aérien) ou du ciel 1 2.

7. (Dieux) véridiques, que vous soyez loin ou près de nous, venez toujours à notre prière, en même temps que les rayons du soleil, sur votre char aux roues si magnifiquement rapides.

8. Que vos coursiers, avides de nos sacrifices, vous amènent ici vers nos libations. Accordez la richesse au (père de famille) généreux qui vous présente ces offrandes; (dieux) forts, prenez place sur le cousa.

9. (Dieux) véridiques et secourables, avec ce char brillant de la lumière du soleil, et sur lequel vous apportez toujours la richesse à votre serviteur, venez pour goûter à nos douces libations.

10. (Divinités) opulentes, nous implorons votre ) protection par nos hymnes et nos prières. O Aswins, les fils de Canwa vous sont dévoués, et dans leur assemblée vous n’avez jamais manqué de libations.

a l’aurore, par prascanwa.

(Mètre : Vrihatî.)

1. Fille du ciel, Aurore, lève-toi, et apportenous tes richesses et ton opulente abondance. Déesse brillante et généreuse, (viens) avec tes trésors.

2. La prière sainte a souvent contribué à l’heureux établissement (de l’homme); elle lui a valu des chevaux, des vaches, des biens de toute es-

1. Soudas est un fils de Tchyavâna. L’auteur l’appelle Soudas et non Soudâsa, comme portent les Pourânas. Ce mot signifie libéral ; le commentateur en fait un nom commun.

2. Je suppose que l’auteur désigne ici les biens qui peuvent provenir de l’air par les pluies, et du ciel par la chaleur du soleil.

pèce. Aurore, que ta présence inspire ma prière, et envoie-moi le bonheur des riches.

3. Elle est née déjà, elle va briller, celte divine Aurore ; elle met en mouvement les chars, qui, à son arrivée, s’agitent (sur la terre), comme sur la mer les (vaisseaux) avides de richesses.

4. Parmi ces pères de famille dont la piété salue ton apparition pour obtenir tes largesses, il n’est pas d’enfant de Canwa plus dévoué que celui qui, en ce moment, invoque ton nom.

5. L’Aurore, comme une bonne mère de famille, vient pour protéger (le monde). Elle arrive, arrêtant le vol du (génie) malfaisant de la nuit *, et excitant l’essor des oiseaux.

6. L’Aurore excite également l’homme diligenl et le pauvre. Elle est ennemie de la paresse. A tes clartés, (ô déesse) riche en présents, il n’est plus d’être ailé qui s’oublie dans le repos.

7. La voilà qui, dans la région lointaine où se lève le soleil, attelle ses chevaux. L’heureuse Aurore vient trouver les fils de Manou avec des centaines de chars (tout chargés de richesses).

8. Le monde entier, à son aspect, se prosterne. Sage et opulente, elle fait la lumière. L’Aurore, fille du ciel, par ses rayons chasse nos ennemis et confond leur haine.

9. Fille du ciel, Aurore, brille de ton doux éclat ! Apporte-nous le bonheur et l’abondance, éclaire nos sacrifices.

10. Prévoyante (déesse), dès l’instant que tu brilles, tu deviens la vie, le souffle de l’univers. (Apparais) sur ton large char, riche et resplendissante ; écoute notre prière.

11. Aurore, accorde-nous ces aliments divers qui conviennent au genre humain ! Approche-toi de ces hommes innocents et pieux qui ont pour toi des hymnes et des oblations!

12. Aurore, amène ici du ciel tous les dieux à nos libations ! Accorde-nous, Aurore, une abondance telle, que nous soyons renommés pour nos vaches, nos chevaux et notre vigueur.

13. Que l’Aurore, dont nous apercevons les heureuses clartés, nous donne la richesse si belle, si désirée ; que cette richesse nous vienne doucement !

1. Ce passage renferme le mot vridjanam, dont le sens est embarrassant parce qu’il est varié. Il me semble qu’en recourant à la racine vridj {couvrir), on arrive à se rendre compte des diverses significations de vridjanam : c’est la chose qui couvre , qui protège, qui défend; c’est le ciel, le sacrifice, le combat. Dans un sens passif, c’est la chose dont il faut se garantir , comme le mal, la nuit.

INDE. - POESIE LYRIQUE

14. Tous les anciens sages qui ont imploré ton secours, ô grande (déesse), ont été exaucés. Aurore, accueille également notre prière, et (répondsnous) par le don d’une brillante et pure abondance.

15. Divine Aurore, après avoir de tes rayons illuminé les portes du ciel, accorde-nous que notre maison soit puissante, que nos ennemis s’en éloignent, et que les vaches fécondes y entretiennent l’abondance.

16. Noble et magnifique Aurore, répands sur nous une large et belle opulence ; que nous obtenions de toi des vaches, de la richesse qui assure le triomphe, et de nombreux aliments!

HYMNE III

a l’aurore, par prascanwa.

( Mètre : Anouchtoubh.,i

1. Aurore, viens glorieusement, et monte au ciel resplendissant de lumière! Que les vaches (célestes) *, au poil rouge, t’amènent à la maison du (père de famille) qui t’offre ces libations.

2. Aurore, fille du Ciel, sur ce char heureux et magnifique qui te porte, viens aujourd’hui au sein d’une famille disposée à t’honorer par ses offrandes.

3. O brillante Aurore, l’oiseau, l’homme 2 et le quadrupède, à ton retour dans le ciel, se lèvent de tout côté.

4. Tu rayonnes, et ton éclat se communique à l’univers. Aurore, les fils de Canwa désirent tes faveurs, et t’invoquent par leurs hymnes.

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