AUX PITRIS I. — RICHI ! Y AM A
(Mètres ■■ Vrihatî, Trichtoubh et Anouchtoubh.)
1. Honore par l’holocauste le fils de Vivaswân, le royal Yama, qui traverse les grands abîmes, qui est la voie et le rendez-vous des nations.
2. Yama le premier nous indique la route que nous suivons tous infailliblement. Nos pères l’ont parcourue avant nous. Nous naissons pour y marquer aussi nos pas.
3. Le maître de Mâtali2 doit sa grandeur aux Gavyas 5, Yama aux Angiras, Vrihaspati aux Rikwans 4. (11 en est d’autres encore) dont les dieux reçoivent leur accroissement, et qui les réjouissent les uns par la Swaha , les autres par la Swadha 5.
4. Yama, place-toi sur le siège du sacrifice avec les Pitris Angiras. O roi, que la prière des
i sages t’amène ici ! sois heureux de notre holocauste.
5. Viens, Yama, avec les honorables Angiras de formes diverses, et réjouis-toi. Assis sur le gazon
1. Les Pitris ou Pères sont ordinairement regardés comme Mânes des ancêtres de tous les êtres. Voyez au reste le liv. III des Lois de Manou , st. I92et suiv. Cependant le lecteur verra, par la lecture de ces hymnes, s’il faut entendre ce mot dans ce sens. Je disais, dans la p. 315, c. 2, n. 4, que les Pitris étaient les Pères du sacrifice, soit que les instituteurs de Rites aient été considérés comme des Dévas , soit que les Rites eux-mêmes aient été personnifiés. Agni est le premier père ou Pitri ; tous les feux ont aussi reçu ce nom. Envoyant les noms donnés aux différentes classes de Pitris, on ne peut s'empêcher de penser que ce sont des représentants des diverses parties du sacrifice, plutôt que les Mânes des diverses espèces d’êtres. Les prêtres peuvent bien les regarder comme leurs ancêtres, dans ce sens qu’ils les ont précédés soit réellement, soit d’une manière symbolique, dans la célébration des mystères sacrés. Mais certainement aux termes dont se sert le Rig-Véda je ne puis reconnaître les pères du genre humain. Cette idée que j’émets explique le passage des Lois de Manou, qui dit que les Pitris sont nés avant les dieux.