L«» LE DÜC, LE MARQUIS, LE
COMTE, Seigkecrs, Pages, Pioleurs, en* froni par le fond.
il COMTE.
Pourquoi ce tumulte?
le duc, d’un ion soucieux.
Qu’j a-t-il ?
rigobrrt, au comble de la joie.
Il j a, monseigneur, qu'on veut me faire danser une sarabande a aii pieds du sol.
Il dioic.
LE DUC
On veut te pendre!
rigoiert, se frottant les mains.
Parfaitement! parfaitement!
le duc, étonné.
Il rit, Dieu me pardonne... Tu es donc content ? ,
P ICOBBRT.
Content n’est pas le mot, c’est enchanté qu'il faut dire .. oh ! oui, je suis enchanté. . d'abord, t
parce que cela m'arrange . et puis, parce que je pourrai me flatter d’avoir font ribué à la béatitude terrestre et céleste de monseigneur...
LE DUC
Comment ?
RIGOBBRT.
Je fournis à votre altesse l'occasion de faire une bonne action, et une bonne action rend le cœur joyeux sur cette terre de misère, et nous est comptée dans le ciel!
LK DUC
Quelle est cette bonne action?
C’est ma grâce, que monseigaeur est libre de m'accorder.
LE nrc, riant.
Et tu crois que je te raccorderai?
RIGOBBRT.
Je n’eo doute pas.
lk DEC , criant .
Tu t'abuses.
SATERNUS. à part .
Je respire !
RIGOBBRT.
J’en suis désolé pour votre altesse seulement; car pour moi... je suis sûr de mon affaire... je ne mourrai pas; si je ne voua dois pas mon satuv, je le devrai a la Providence... la corde cassera.
LE DUC
C’est U conviction...
RIGOBBRT,
Intime.
LE DUC
Je suis curieux de voir ce prodige, essaie.
rigoebrt, au j soldats, en chantant.
Marchons, braves guerriers, marchons 1
lk duc.
Quelle audace!... comment, tu oserai»...?
Parbleu !
LE DUC
11 faut que tu te croies bien fort de ton inno* ce ace.
RIGOBBRT.
Je m’en crois fort... comme un turc.
LE duc, riant.
De quel délit l'accuse-t-on ?
RIGOBBRT.
J’ai vendu du plâtre aux soldats de votre altesse.
LB DUC
Il était done mauvais, ce plâtre?
RIGOBBRT.
Excellent.au contraire... pour bâtir.. .ou plutôt pour avoir bâti; mais je lui attribuais la vertu de rendre invulnérable.
LE DUC
Nous j voilà, maraud.
8ATURNUS.
Et il parlait allemand, le scélérat l
RIGOBBRT.
Le langage ne siguiûe rien, j'eusse parlé chinois-..
i LB nrc.
Tu as raison, le principal est 1a friponnerie.
■ IGOBEBT.
Friponnerie! non : supercherie, oui; mais sujercherie sublime... [avec emphase) si l'on ne m’airait pas découvert, quel beau résultat j'eusse ob- ) &nu 'Convaincus qu’ils ne pouvaient pas être blealés, qu'ils étaient invincibles, vos soldats se précipitaient sur l’ennemi, avec une ardeur, une intrépidité homériques, rien ne leur résistait. Us conquéraient tous les pays connus... Les limites de la Savoie ne s’arrêtaient qu’aux confins du monde... je faisais votre altesse plus grande que César, plus grande que Charlemagne. Ma parole d’honneur, je trouve que c’était gentil.. Je demande une couronne civique, un brevet d'invention.
LB DUC, on Comte, en riant .
Un homme capable de rire ainsi au pied de la potence est un homme bien gai. (À Rigobert.) Je t'accorde ta grâce.
J'en étais sûr.
SATCRlfUS, à part.
Yertubeuf! si je n'étais pas sensible des cheveux, je me les arracherais par poignées.
LB DUC, a Rigobert.
Mais je veux que tu cesses de débiter du plâtre et que tu embrasses une autre profession.
J’embrasserai tout ce que vous voudrez; je suis certain maintenant de réussir dans tout ce que j’entreprendrai. Monseigneur désire-t-il que je sois général ?
LR DUC.
Je ne puis te répondre qu’en te nommant mon fou; tu continueras de m'égayer par tes lazzi.
RIGORRRT.
Alors, je serai mieux que général, je serai roi.... des fous.
lb coûtb, a part.
Ceci bouleverse mes projeta... non...
Il parle ha* iu Duc.
RIGOBBRT, û Saturnns.
Je suis lancé à la cour; dame Fortune, je te tiens!
BATURffcs, a part.
Je suffoque 1
lb duc , répondant au Comte.
Pardieu, oui, l'idée est bonne l (4 Rigobert.) Tes appointemeus seront de cinq cents écus par an; tu seras logé dans mon palais, et ta auras un valet a tes ordres; mais retiens bien ces paroles: je te sauve de la corde parce que lu m’as fait rire, et pour que tu me fasses me encore... si tu t’avises de devenir maussade unaeul instant, je te renverrai...
RIGOBBRT.
A la potence 1
LB DUC
Tu as deviné.
LB coûte, à part , en regardant Rigobert.
Maintenant, je suis maître de cet homme !
rigobkht, a part.
Forcé d’étre drôle sons peine de mort... oh!
cela m'est égal, j'ai mon accident I le duc, détachant sa chainc d'or, et la jetant à Rigobert.
Quand je suis content, je récompense bien...
lâcbe que la source de ta gaieté ne s’épuise pas.
RIGOBBRT.
Avec de pareilles rosées, elle sera intarissable. {Â Santrnns.) Cette chaîne vaut au moins six cents Crus... j'ai la somme et l’état eiigée, Flora est à moi... Quen dis-tu, Saturnus?
BATUBNC9, A part.
Yertubenf* je l’égorgerais si j’osais; mais je suis trop bon, je n’ose pas... Oh ! une idéel [Uaui . A Rigobert, avec une grande humilité. ) Tu avals raison, grand homme, il m’est impossible de lutter avec toi. Tu m’as proposé de m’attacher à ta personne... tu as le droit d’avoir un valet à tes ordres, je sollicite celte place.
Ohl mon cher, tu ne peux pas être mon domestique.
SATURNUS.
Pourquoi pas T Tu refuses?
RIGOBBRT.
Non, si tu y tiens absolument.
SATUBNUS.
J'y tiens. ( A part. ) C’est pour consommes ta ruine, brigand, que je m'attache à les pas.
LR C11EVALIRR , entrant par la gauche , bas au Marquis.
A la nuit close, on enlèvera cette jeune fille.
LR MARQUIS.
C’est bien ! (A pan.) Je ne crains plus votre bouffon, monsieur le comte. f
lb comte, à part.
Pauvre marquis, il ne se doute pas du tour que je vais lui jouer.
l.B chevalier , & part.
Je vous tuerai l’un par l’autre, misérables, e je sauverai le prince.
le duc.
Messieurs, le chapelain nous attend.
RIGOBBRT, s'avançant vers te Chevalier.
Blais, je ne me trompe pas...
LE CUBVAUBR, bas à Rigobert,
Silence! je me nomme le chevalier de Saint- Pons, ici.
Le rideau lombr pendait que l'on entre daoa la chapelle.
lî
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