SCENE H
RIGOBERT, puis FLORA.
niGOBKRT, seul, entrant par la droite.
Elle n'est pas venue... elle n’a pas pu sans doute tromper la vigilance paternelle; j’en suis quitte puuravoireu froid; je vais me chauffer... je parie que mon nez esi cramoisi.
Il ouvre la porte de le nuuoH nette.
vlora, sortant du taillis au fond, à gauche.
RIGOBERT, se retournant.
Flora!., ce n'est pas ici que tu m'as donné rendez-vous.
FLORA
Je lésais bien !... Il m a été impossible d'aller à U grotte... Je traversais le earrefourde la Croix- Rouge. lorsque toul-a-coup trois chasseurs sont sortis au galop de la grande route... C'est elle, « I
crié l’un d’eux en s'avançant vers moi... J’ai eu peur, et je me suis jetée dans le taillis, afin d’éviter leur poursuite.
C’est elle, a crié l’un deux... U te connaît donc, celui-là?... le connais-tu, toi?
Est-ce que je l’ai regardé ? je ne songeais qu> la fuite.
Comme lu es pAie'... tu trembles encore...
Calme- toi. tu n’as plus rien à craindre maintenant que tu es prés de moi... ,Je ne me flatte pas d'être César le grand, mais je ne suis pas manchot. Tu m as écrit que tu avais quelque chose d important à me communiquer, qu’esl-ce?
FLORA
Mon père m a annoncé hier que je partirais aujourd'hui pour Genève; ma marraine m’invite à passer l’hiver chez elle.
Nous allons être séparés?
FLORA
Un plus grand malheur nous menace peutêtre!
Lequel ?
FLORA
Ma marraine veut toujours me marier.
Et tu crois.. ?
FLORA
Oui.
Diable ! diable !
FLORA
Il faut voir mon père tout de suite, cl lui demander ma main.
Tout de suite !
FLORA
Vas-tu donc encore me dire ce que lu me dis chaque fois que je le conseille de parler a mon père : Plus lard, attendons ?
Non, il n'y a plus moyen de reculer; pnur^lant j'attendrai toujours, si c’est possible.
FLORA
Mais pourquoi?... expliquez-vous à la fin !
Flora... jusqu'à présent j'ai refusé de le répondre a cet égard, parce que je ne voulais pas te faire partager l'anxiété qui me dévore, mais puisque la curiosité est invincible, lu vas conuallrc mon secret.
FLORA
Je t'écoute.
Tu sais qu'il y a cinq années, peu de temps après la mort de mon père, le savant Rigohen mon onde, physicien, astrologue des plus fameux vint me chercher ici, et m’emmena à Paris?
Je le sais.
a magasin
meoiBii.
o»i, mais ce que tu nr .sais |in>, c'est qu il désirait que je devinsse médecin,.. Kn conséquence, il me fil entrer a l'université, afin quej'apprissc le grec, le latin et autres infirmités analogues, que je me gardai bien de cultiver. Je préférais mener joyeuse vie avec les écoliers me» camarades, et j'aurais pu continuer mes études dans les caba- Vêts jusqu'il un âge fort avancé, si mon brave homme de parent n’était pa* loul-à-coup tombé malade Un matin, j’étais assis a son chevet, et il m'adressa ces paroles, que je n'oublierai jamais: « C'est aujourd hui jeudi, demafti vendredi, à la troisième heure, je trépasserai !— Ah ! mon oncle, m'écriai-je .. — Silence! inlcrrompit-ll ; j'ai tiré mon horoscope, je connais mon sort ! Je te lègue tout ec que je possède, mes habits et quara nteécus d'argent. Mes meubles, mes livres, et mes instruineus serviront a payer mes dettes, car j'ai des dettes. Je serais désolé de te laisser un si maigre héritage, si je n’avais pas lu dans les astres toute ta destinée; elle sera brillante. Tii seras le plus heureux de» Hignhrri! Tu végéteras d'abord, mais un accident fatal l'arrivera cl assurera ta fortune; a dater du jour où ect accident aura ru lieu, tu réussiras dans tout roque tu entreprendras, tous tes désirs seront comblés .. Va donc en paix, cl laisse-moi seul. » Le lendemain, a la troisième heure. Il mourut.
ri.ORA.
Juste comme il l'atail prédit,.
UIMittt.H i
Il ne se trompait jamais!. .. Je suis revenu au pays • fin de le revoir, car mon repur me disait déjà que je t'aimerais; et puis aussi, afin d attendre eu paix mou arridenl fatal, je l'attends encore... voila pourquoi je ne parle pas a ton pere.
rt on a
Je ne comprends pas
niM>«t>.n r.
i omment! tu ne comprends pas que. si je vais, avant mon accident, dire a ton père : Papa (ion tard, j’aime votre fille, il me répondra : Ma fille est riche, que possèdes-tu, toi? — Rien! pas une obole! — Alors, voici le chemin de la porte. — Hirn obligé, monsieur... Tandis que. après mou arridenl, autre jeu .. Ton père me dit: Vous désirez épouser ma fille... vous êtes bien bon ! comment donc! donnoi-vous la peine de vous asseoir...
I m’offre un siège et il ne me tutoie plus ; note bieiiceci, il ne me tutoie plus; il nous unit. Alors je mr mets à entreprendre n'importe quoi, et je deviens millionnaire... c’est clair comme le jour.