SA SUITE
CHOEUR
Air :
A votre appel, à voire voix '
Nous accourons tous à-la-fois.
A votre ordre , licureux de nous rendre. Nous sommes prêts à vous entendre; C'est nous faire beaucoup d'honneur.
Nous vous écoutons, monseigneur.
Messieurs, sachez tous combien est noble et grande la conduite de votre souverain.
LE DUC
Rigoletti, je vous défends de parler.
Monseigneur, je n'obéirai pas à votre modestie... je n'écoute que mon admiration. (A part.) Tâchons de l'enferrer sans m'enferrer moi-même. (Haut.) Monseigneur a voulu profiter de cette fête, de la présence de M. l'ambassadeur, et de toute sa cour, pour vous faire connaître ses intentions.
LE DUC
Venez , belle Laura... Messieurs , veuillez m'entendre... Ceux de qui je devais attendre dévouement et fidélité se sont ligués contre moi... on a méconnu mes intentions... je suis
devenu l'objet d'intriguesperfides... je sais tout, j'ai tout appris... jusqu'au projet coupable, qui, cette nuit, devait s'exe'cuter.
RIGOLETTI, à part.
Où veut-il en venir?
LE DTJC.
Je connais les auteurs de cette audacieuse entreprise... je pourrais dire leursnoms... mais je suis trop heureux pour ne pas les avoir oubliés... C'est à tort qu'on m'accusait d'abuser de mon titre de tuteur, pour influencer le choix de ma pupille... je renonce devant tous à la tutéle de la comtesse Laura de Wurtzbourg... en la mariant selon ses vœux et son cœur.
TOUS
Bravo!...
LArRA.
Il se pourrait!...
LE DCC
Oui, charmante Laura... je sais quel est celui quevous aimez... nommez-le hautement... et déclarez sur-tout que c'est de votre plein et entier consentement que vous lui donnez votre main. (A part.) Je triomphe!...
RIGOLETTI, à part.
Le voilà qui s'enferre lui-même!
LAURA
Mon prince, que de reconnaissance! puisqu'on m'y autorise, je vais m' expliquer... He'ritière d'un comté qui a besoin d'un bras puissant pour le défendre, j'ai dû rhoisiruiihomme dont le courage et les talents militaires soient reconnus de tous... Je déclare choisir pour mon époux le colonel Alphonse.
TOCS.
Alphonse!
RIGOLETTI, à part, montrant le duc.
Il a voulu le savoir... je n'aurais jamais osé le lui dire... O hasard! tu es plus fort que mon génie!...
LE DTJC, à Rigoletti.
Bourreau! ils s'aimaient donc?...
Je le crains. (A parL) Il ne peut plus reculer. LE nue , à part.
Pris dans mes propres filets !... mais. Dieu merci, ils ne me tiennent pas encore... à mon tourmaintenant. (Haut.) Ma parole est sacrée!... j'approuve ce mariage, mais à une condition. Ma cour entière me blâmerait de donner ainsi la main de ma pupille à un officier de fortune dont la naissance est restée inconnue... que le colonel Alphonse fasse connaître sa famille... .si elle est noble, riche, honorable, nous signerons à l'instant le contrat.
ALPHOîSSE.
Grand Dieu !
LE DUC
Cette condition est juste, et personne ne sau- I ,iit la blâmer.
RIGOLETTI, à part.
Pauvre enfant!
ALPHONSE, à part.
Tout est perdu!
LAURA, à part.
Que faire!...
LE nue, à Ri(;oletli.
Tire-toi de là maintenant...
Eh bien! monseigneur, il est noble; je suis prêt à vous le prouver.
LE Due , à part.
Il se pourrait!... Parlez!
RIGOLETTI , ba.s.
Mais à vous... à vous seul... vous me remercierez de ne le dire qu'à vous.
LE Dce.
Messieurs...
(Il leur fait signe de s'éloigner... toute la société se retire dans la galerie du fond, et disparait peu-à-pcu.)