‹ RigolettoChapitre 12 sur 44 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

RIGOLETTO, seul, regardant sortir Sparafucile.

Tous deux égaux!.. Moi, j'ai la langue et lui Tépée Moi l'homme qui fait rire, et lui, de sang trempée Montrant sa main.

C'est l'assassin !..

Le vieillard m'a maudit!.. G marâtre nature ! Ton œuvre impure.

C'est moi, c'est le bouffon.

0 rage ! un nain difforme! une chose sans nom, V j ou et qui ne doit que provoquer le rire,

A qui l'on a droit d'interdire Les larmes ! Si d'un maître, un seigneur tout-puissant. Le caprice m'attire, Il lui suffit de dire :

Viens, bouffon, fais-moi rire.

J'obéis à l'instant.

Haine à vous, courtisans, race infâme!

Oui, la rage m'enflamme; Oui, je suis un méchant!

Ils ont perdu mon âme...

Et j'aime eiicor, pourtant!..

J'aime ce trésor cjni mo re.>te...

Le vieillard m'a maudit, Et sa voix toujours me poursuit...

Est-ce un avis céleste?

Seigneur, en vous encor j'espère!

( UJa, eu ce moment, sort de la maison. — En la voyant Rigoletlo l'éltBe» vers elle, en s'écriaut.)

Blafillel maGilda!

Page 1