‹ RigolettoChapitre 13 sur 44 · ACTE II, SCÈNE III. fi · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. fi

GILDA.

Quelle tendresse !

Enfant, ma vie Est toute en toi ; C'est ton ciel qui m'éclaire.

GlLDA.

Combien tu m'aimes, pauvre père!

Mais tu pleures! et dans mes bras!..

Père, il faut sourire à sa fille; Viens, parlons de notre famille, De nos parents si loin, hélas!

Tu n'en as point.

GlLDA.

Dis-moi ton nom !

Cest un mystère.

GILDA.

Je voudrais le bénir.

RIGOLETTO, l'interrompanl.

Nesors-tu jamais?

GlLDA.

Moi? jamais. Pourquoi sortir ?

Tune sors pas?..

GILDA.

Pour la prière Je vais au li^mple.

Bien,

GILDA.

Parle-moi de ma mère.

Pourquoi parler au malheureux De son trésor qu'il pleure?..

Celle qui nous attend aux cieux.

Je l'appelle à toute heure. Pauvre, difforme et seul, cette sainte m'aima. Elle est morte !.. elle est morte, hélas! et sur la terre 11 ne me resta Que toi, ma fille, et la douce prière; Seuls biens qu'à ton père Le Seigneur laissa.

GlLDA.

Quelle douleur! ô pauvre père!

Ne pleure plus... espère; Que ta voix prie avec ardeur.

Et qu'elle implore le Seigneur.

Pourquoi cacher à votre amie Votre nom, vos chagrins?

iS)ieu de douleurs fit mes jours pleins : Nom, famille et patrie, Tous les biens de la vie , Il n'en est plus pour moi.

Je suis maudit, ma fille !

GILDA.

Oh! ciel!., et vous n'avez ni parents ni famille?

niGOLETTO.

Parents, patrie, amis... quand ton doux regard brille, Je les retrouve en toi.

GlLDA.

De ma retraite oîi, solitaire, Pauvre captive, il faut languir.

Ne puis-je, père.

Un jour sortir?

EIGOtETTO, ■siveracnt.

Jamais!... Tu ne sors pas, dis-moi?

GlLDA.

Non.

Bien.

GIT.DA, à part.

Soupçonne-t-il?..

Enfant, prends garde à toi!

(a part.)

On peut la suivre... elle est gentille... Et d'un bouffon déshonorer la fille !

Ils en riraient... horreur !

(Allant vers la maison et appelant.)

Holà!

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