SCÈNE VII
Les mêmes, UN HUISSIER, piécédaut le COMTE DE MONTERONE,
qui mai'clie au milieu des ballebardiers.
l'huissier. Place! laissez passer la justice du maître!
MOISTEUONK, s'arrêtant devant le portrait du duc.
Duc, je t'avais maudit. Lâche, félon et traître. Dieu ne l'a point frappé, sois heureux, tu dois l'être, Et puisque tu le peux, tu \ivras sans honneur.
RIGOLEITO.
Tu te trompes, vieillard, je serai ton vengeur.
(Le comte s'éloigne, escorté de ses gardes, Rigoletlo 8e retouroe impétueusement vers le portrait du duc, ea s'écriant : )
Oh! vengeance! éclatante vengeance!
De cet ange on flétrit l'innocence; N'écoutons ni pitié, ni clémence.
Tremble, maître! à toi le ciel m'envoie; Comme un tigre acharné sur sa proie, Le bouffon va déchirer ton cœur.
GILDA.
0 mon père! écoutons la clémence; Dieu nous juge, il prendra ma défense; Tu le sais, il soutient l'innocence.
En lui seul nous aurons un vengeur.
Dans tes bras, oui, c'est lui qui m'envoie. Il te rend ton amour et la joie; Le pardon doit sourire à ton cœur.
(Hs sortent.)