LE ©OC
Viens, belle enfant.
(U lui prend la main.) MADELAINE.
Voyons, laissez ma main; elle est laide et vulgaire.
LE DUC
Non, je la veux garder.
MAOELAINE.
Seigneur, et pourquoi faire?
LE DUC
Acceptes-tu la mienne?
RIGOLETTO, à sa fille.
En croiras-tu tes yeux?
GlLDA.
Mon malheur est certain.
MADELAINE, riant.
Sa main! c'est sérieux!
LE DUC, lui tcudant sa main.
A toi, si tu la veux.
Oui, mon âme s'abandonne, Et liia main, que je te donne, Djvrait placer la couronne.
Sur ton front digne d'un roi.
Je m'engage,
Mais je gage,
L'avantage
Est tout pour moi; Car, à tes pieds, l'esclavage Vaut mieux qu'un trône sans toi.
ENSl^MBLE.
GILDA.
Ah! je meurs s'il m'abandonne 1 C'est le trépas qu'il me donne; Que le Seigneur lui pardonne Et ne frappe ici que moi.
MADELAINE, riant.
Moi, qui de rien ne m'étonne.
Je ris des noms qu'il me donne.
Et de II noble couronne Que m'offre ce joli roi.
AC/l-Ji IV, SGÈiNE IV. 33
niGOr.UTTO.
Pauvre enfant! elle parduniie A ringiat qui rabatiiloiinc; Riais du ciel la l'oudrc tonne, Et je la vengerai, moi!
Oui, ma belle, ma aiignonne.
Celte main, que je te donne. Devrait placer la couronne, Sur ton front, digne d'un i*oi.
RIGOLETTO; il prend sa fille à part et lui dit vivemcut ce qui suit J
Écoute : il faut partir pour Vérone à l'instant. Revêts un habit d'homme; il est prêt.
GILDA.
Et comment Partir sans vous? mais c'est impossible, mon père.
Pars achevai; demain je te suivrai, j'espère.
GiLDA.
Pourquoi nous séparer; j'ai peur.
Va, mon enfant.
(Oilda sort. Pendant cette scèae et la scène qui suit, le duc et Madelainc assis à une table, dans riutérieur de l'aaberge, et ne cessent de boire, et chanter. Lorsque Gilda est partie, Rigoletlo va trouver Sparafucile, s'est tenu à l'écart; il le ramène sur le devant du théâtre et lui donne l'argent.)