LES CONSENTEMENTS
A Monsieur Charles Guérin.
Pour consentir, l'amour à deux amis s'adresse : Le premier c'est le cœur et l'autre la raison ; De leurs deux jugements c'est la comparaison Qui le décide et sert de guide à sa faiblesse.
Presque toujours le cœur a tôt fait de choisir Et laisse la raison, à l'écart, se morfondre : Consentir, c'est dans un même élan se confondre, Abdiquer son pouvoir, être heureux d'obéir.
Quand de la passion l'homme n'est plus le maître, Il devient promptement son esclave ébloui, Mais quand, plus tard, il apprend à la mieux connaître, Il se repent parfois d'un non, toujours d'un oui.
3o janvier 1900.
LES ENTRAINEMENTS
A Monsieur Charles Guérin
L'entraînement à la jeunesse sert d'excuse Pour être pardonné lorsque à la passion Il n'a pu résister. Hélas! elle en abuse Et recommence au retour de l'occasion.
Mais il arrive un jour où l'âge inexorable
Ne permet plus au cœur de se réfugier
Dans les entraînements, pour plaider non coupable
Où le folâtre temps doit se répudier.
Combien d'hommes alors, pour être respectables Et mériter de leur passé l'entier pardon, Chantent palinodie, et qu'on voit, ineffables, En oubliant leur oui se vanter de leur nonl
3o janvier 1900.