‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 119 sur 159 · SONNET LXVII · texte numérisé non relu

SONNET LXVII

II indique à un ami le chemin qu'il doit suivre , mais il confesse qu'il s'est lui-même égaré.

Puisque aussi bien que moi vous avez pu connaître Que l'espoir est pour nous souvent fallacieux , Elevez votre cœur vers les fortunés cieux , Vers le souverain bien , lui qui n'est jamais traître.

Notre vie ici-bas tel qu'un pré me semble être ,

Qui, sous l'herbe et les fleurs, l'aspic cache à nos yeux:

Et si , parfois , elle a quelque aspect gracieux ,

C'est pour que notre esprit ne soit jamais son maître.

Vous donc, si vous cherchez à donner un destin Bien paisible à votre âme , avant l'heure dernière , Suivez le petit nombre , et jamais le vulgaire.

Et me dire on peut bien : Frère , le droit chemin

Tu voudrais nous montrer, permets donc que je doute

Quand , déjà , tu l'as fait et tu fais fausse route.

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