SONNET LXVII
II indique à un ami le chemin qu'il doit suivre , mais il confesse qu'il s'est lui-même égaré.
Puisque aussi bien que moi vous avez pu connaître Que l'espoir est pour nous souvent fallacieux , Elevez votre cœur vers les fortunés cieux , Vers le souverain bien , lui qui n'est jamais traître.
Notre vie ici-bas tel qu'un pré me semble être ,
Qui, sous l'herbe et les fleurs, l'aspic cache à nos yeux:
Et si , parfois , elle a quelque aspect gracieux ,
C'est pour que notre esprit ne soit jamais son maître.
Vous donc, si vous cherchez à donner un destin Bien paisible à votre âme , avant l'heure dernière , Suivez le petit nombre , et jamais le vulgaire.
Et me dire on peut bien : Frère , le droit chemin
Tu voudrais nous montrer, permets donc que je doute
Quand , déjà , tu l'as fait et tu fais fausse route.