‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 140 sur 159 · SONETTO LXXVIII · texte numérisé non relu

SONETTO LXXVIII

Tornato in Valchiusa, brama solo la pace con Laura, o V onore del Golonnese.

Dell' cmpia Babilonia, ond' è fuggita Ogni vergogna, ond' ogni bene è fori, Albergo di dolor, madré d' errori, Son fuggit' io per allungar la vita.

Qui mi sto solo, e, come Amor m' invita, Or rime e versi, or colgo erbette c tiori, Seco parlando, ed a' tempi migliori Sempre pensando; e questo sol m' aita.

Ne del vulgo mi cal ne di fortuna

Ne di me molto ne di cosa vile,

Ne denlro sento ne di fuor gran caldo.

Sol due persone cheggio ; e vorrei 1' una Col cor ver me paciticato e umile, L' allro col piè, si come mai fu-, saldo.

SONNBT LXXVIII.

Revenu à Vaucluse, il ne désire absolument que la paix avec Laure et l'honneur de Golonna.

De Babylone i impie, antre de l'impudence, Qui ne sait plus rougir, où régnent les douleurs, D'où le bien on pourchasse, où germent les erreurs J'ai fui pour prolonger ma mortelle existence.

Seul, ici, de l'Amour suivant la préférence , Ou je chante , ou je rime , ou je cueille des fleurs , Moi seul je m'entretiens, puis à des temps meilleurs Je pense constamment ; telle est ma jouissance.

Je fais fort peu de cas des gens et de leurs biens, De moi bien moins encor, des vulgaires liens ; Ni dedans ni dehors je n'ai rien qui m'enflamme.

Deux êtres près de moi seulement je réclame ; Que je puisse avec l'une être en paix désormais. Et voir l'autre marcher plus ferme que jamais !

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