SONETTO XI
Irresoluto nel dilungarsi da Laura, descrive i varj affetti da cui agilato.
lo mi rivolgo indietro a ciascun passo Col corpo stanco, ch' a gran pena porto ; E prendo allor del vostr' aère conforlo, Che '1 ta gir oltra, dicendo : Oimè lasso.
Poi ripensando al dolce ben ch' io lasso, Al cammin lungo ed al mio viver corlo, Fermo le plante sbigottito e smorto, E gli occhi in terra lagrimando abbasso.
Talor m' assale in mezzo a' tristi pianti Un dubbio, corne posson queste membra Dalle spirilo lor viver lontane.
Ma rispondemi Amor : Non ti rimembra Che questo è privilcgio degli amanti, Sciolti da lutte qualilali umane ?
SONNET
Dans l'indécision s'il s'éloignera de Laure , il fait la description des sensations diverses qu'il éprouve.
Je tourne à chaque pas mes regards langoureux Avec mon corps si las qu'à peine je le porte, Et l'air où vous vivez à tel point me conforte Que je marche en disant : Je suis bien malheureux I
Puis aux biens que je perds je pense soucieux, Je pense au long chemin, aux jours qu'un souffle emporte. Morne alors je m'arrête, et l'âme à moitié morte. Vers la terre, en pleurant, j'abaisse mes deux yeux.
Au milieu de mes pleurs parfois je me méfie Comment mes membres seuls peuvent se soutenir Loin du souffle puissant qui seul les vivitie.
Mais, me répond l'Amour, faut il te souvenir Que des vrais amoureux c'est là le privilège. Que l'abnégation du nœud terrestre allège ?