SONETTO XVI
Tentô e ritentô più voile, ma indarno, di lodare le bellezze Jella sua Donna.
Vergognando talor ch' ancor si taccia, Donna, per me vostra bellezza in rima, Ricorro al tempo ch' i' vi vidi prima, Tal che null' al Ira fia mai che mi piaccia.
Ma Irovo peso non dalle mie braccia, Ne ovra da polir con la mia lima :
Per6 r ingegno, che sua forza estima, Neir operazion tutto s' agghiaccia.
Più volte gia per dir le labbra apersi ; Foi rimase la voce in mezzo '1 petto.
Ma quai suon poria mai salir tant' alto ?
Più volte incominciai di scriver versi ; Ma la penna e la mano e l' intelletto Rimaser vinti nel primier assalfo.
SONNET
Il essaye bien souvent, mais en vain, de louer les beautés de Laure.
Rougissant quelquefois qu'en mes vers je ne tente De prôner vos beautés, en les faisant saillir, Je pense au premier jour qui me fit tressaillir, Aussi depuis toute autre est pour moi déplaisante.
Mais je sens pour mes bras la charge trop pesante, Ma lime ne saurait si belle œuvre polir, Devant un tel labeur ma valeur vient pâlir ; Elle se tâte et craint de rester impuissante.
De parler bien des fois j'ai désiré tenter
(A si grande hauteur quel son pourrait monter ?),
Et ma voix n'a voulu quitter sa résidence.
De chanter plusieurs fois en vers j'ai commencé, Mais ma plume, et ma main, et mon intelligence, Ont vite reculé dès le premier essai.