SONNET XVII
Il démontre que son cœur est en danger de mort si Laure ne vient à son secours.
Que de milliers de fois, en voulant apaiser L'aspect de vo&beaux yeux, pour moi d'un dur extrême, Vous ai-je offert mon cœur ! Mais vous, fierté suprême, Vos regards aussi bas vous ne daignez baisser.
Que si toute autre femme osait à lui penser, D'un faible et fol espoir à se bercer elle aime ; Et je crains (tant je hais tout objet que vous-même Haïssez) de n'aimer plus à le caresser.
Or, si je le bannis, que dans vous le transfuge N'ait d'accueil, si, d'autrui dédaignant le refuge, Il ne peut rester seul dans son fatal exil.
Il pourra bien quitter sa bonne destinée,
Et de nous deux viendrait la faute et ce péril,
Mais d'autant plus de vous, vous plus affectionnée.
SESTINA L
Espone la miseria del suo stato. Ne accusa Laura. La brama pietosa , e ne dispera.
A qualunque animale alberga in terra, Se non se alquanti c' hanno in odio il Sole, Tempo da Iravagliare è quanto è '1 giorno ; Ma poi eh' il ciel accende le sue stelle, Quai torna a casa, e quai s' annida in selva Per aver posa almen infin ail' alba.
Edio, da che comincia la bell' alba A scuoler V ombra intorno délia terra Svegliando gli animali in ogni selva, Non ho mai triegua di sospir col Sole : Poi, quand' io veggio fiammeggiar le stelle, Vo lagrimando e desiando il giorno.
Quando la sera scaccia il chiaro giorno, E le ténèbre nostre altrui fann' alba, Miro pensoso le crudeli stelle, Clie m hanno fatto di sensibil terra,
SEXTINE I.
Il expose son malheureux état , il en accuse Laure , et il désire ardemment qu'elle ait compassion de lui : il en désespère.
Pour tous les animaux qui parcourent la terre, Si j'en excepte ceux qui craignent le soleil, Le temps de travailler, c'est pendant qu'il fait jour; Mais, sitôt que l'on voit scintiller les étoiles, Tel rentre à son logis, tel regagne les bois, Pour prendre du repos jusqu'au retour de l'aube.
Et moi, depuis l'instant qu'on voit arriver l'aube Pour dissiper la nuit qui nous voilait la terre. Provoquant le réveil des botes dans les bois, Mes soupirs sont sans fin tant que luit le soleil ; Et lorsqu'au ciel je vois scintiller les étoiles. Je pleure et je voudrais voir éclore le jour.
Lorsque l'ombre du soir chasse l'éclat du jour, Et que la nuit naissante, autre part produit l'aube, Je contemple en pensant les cruelles étoiles. Qui m'ont fait et rendu de si sensible terre,
E maledico il di ch' i' vidi '1 Sole :
Che mi fa in vista un nom nudrito in selva.
Non credo che pascesse mai par selva Si aspra fera, o di notte o di giorno, Come costei ch' i' piango ail' ombra e al Sole, E non mi stanca primo sonno, od alba; Che, bench' i' sia mortal corpo di terra, Lo mio fermo désir vien dalle stelle.
Prima ch' i' torni a voi, lucenti stelle, 0 tomi giù neir amorosa selva Lassando il corpo, che lia trita terra, Yedess' io in lei pietà : ch' in un sol giorno Puô ristorar molt' anni, e 'nnanzi V alba Puommi arricchir dal tramontar del Sole.
Con lei foss' io da che si parte il Sole, E non ci vedess' altri che le stelle ; Sol una notte ; e mai non fosse l' alba ; E non si trasformasse in verde selva Per uscirmi di braccia come il giorno Che Apollo la seguia quaggiù per terra.
Ma io sarô sotterra in secca selva,
E 'l giorno andrà pien di minute stelle,
Prima ch' a si dolce alba arrivi il Sole.
Et je maudis le jour que je vis le soleil ; A me voir on dirait un habitant des bois.
Je n'aurais jamais cru qu'il vécut dans les bois Une bête si fière, ou de nuit ou de jour, Que celle que je pleure à l'ombre, en plein soleil, Sans jamais me lasser du soir jusques à l'aube; Et quoiqu'issu je sois du limon de la terre, Mon persistant désir je le tiens des étoiles.
Avant que je retourne i à vous, belles étoiles, Puissé-je, avant de choir dans les amoureux bois. Abandonnant mon corps pour redevenir terre, / Voir en vous la pitié ; la douceur d'un seul jour Peut calmer bien des maux, et môme avant que l'aube Paraisse, m'enrichir 2 du coucher du soleil.
Puissé-je être avec Laure au départ du soleil. Et voir briller dès lors sans cesse les étoiles. Seul pendant une nuit, sans revoir jamais l'aube. Et qu'f'le n'aille point se changer en vert 3 bois Pour s'enfuir de mes bras, comme elle fit un jour Qu'Apollon la suivait ici-bas sur la terre.
Sous terre bien plutôt je serai dans le bois. Dans le jour on verra d'innombrables étoiles, Avant que si belle aube ait pour moi mon soleil.
GANZONE I.
PurdyU la liberté, servo di Aiuore, dosorive o coinpiunge il proprio stato.
Ncl dolcc tempo délia prima etade,
Chc nnscer vide cd ancor quasi in crba
La fera voglia che pcr mio mal ercbbc ;
Perché, cantando, il duol si disacerba,
Canlerô com' io vissi in libertade,
Mcntre Amor ncl mio albergo a sdegno s' cbbc ;
Poi seguirô siccome a lui ne 'ncrebbe
Troppo altamente, e che di ciô m' avvenne ;
Di ch' io son fatlo a mol la gcntc esempio :
Benchù M mio duro scempio
Sia scrillo altrove si che mille penne
Ne son già slanche, e quasi in ogni valle
Rimbombi il suon de' miei gravi sospiri,
Ch' acquislan fede alla penosa vita.
E se qui la memoria non m' aila,
Come suol faro, iscusinla i marliri,
Ëd un pensier, che solo angoscia dalle
Tal, ch' ad ogni allro fa voltar le spalle,