SONETTO XX
Laura inferma gli apparisce in sogno , e lo assicura ch' clla ancor vive.
Già fiammeggiava 1' amorosa Stella Per r oriente, e 1' altra, che Giunone Suol far gelosa, nel settentrione Rotava i raggi suoi lucente e bella ;
Levata era a filar la vecchierella, Discinta e scalza, e desto avea '1 carbone ; E gli amanti pungea quella stagione Che per usanza a lagrimar gli appella ;
Quando mia speme, già condotta al verde,
Giunse nel cor, non per Y usata via ;
Che '1 sonno tenea chiusa, e '1 dolor molle ;
Quanto cangiata, oimè, da quel di pria ! E parea dir : Perché tuo valor perde ? Veder quesli occhi ancor non ti si toile.
SOiNNET XX.
Laure , malade , lui apparaît dans un songe , et lui donne l'assurance qu'elle vit encore.
Déjà, dans l'Orient, on voyait scintiller L'étoile de l'Amour; et Caliste, si belle. Qui sait rendre Junon toujours jalouse d'elle, Dans le Septentrion commençait à briller;
La vieille était levée, à son aise à filer,
Déjà de son foyer pétillait Tétincelle,
Et les amants pressait cette heure si cruelle
Qui toujours de leurs yeux des larmes fait couler;
Quand mon unique espoir à la souffrance en proie Pénétra dans mon cœur, non des yeux par la 1 voie Que le sommeil fermait et l'amère douleur.
Oh 1 combien pâle était son antique splendeur; Et dire elle semblait : Pourquoi perdre courage ? Tu peux bien encor voir mes yeux et mon visage.