‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 47 sur 159 · SONETTO XXX · texte numérisé non relu

SONETTO XXX

É lo specchio di Laura che gli fa soffrire il duro esilio dagli occhi suoi.

Il mio avversario, in cui veder solete Gli occhi vostri, ch' Amore e 'l Ciel onora, Con le non sue bellezze v' innamora, Più che 'n guisa mortal soavi e liete,

Per consiglio di lui, Donna, m' avele Scacciato del mio dolce albergo fora; Misero esilio ! avvegnach' io non fora D' abitar degno ove voi sola siete.

Ma s' io v' era con saldi chiovi fisso, Non devea specchio farvi per mio danno, A voi stessa piacendo, aspra e supcrba.

Certo, se vi rimembra di Narcisso, Questo e quel corso ad un termine vanno : Benchè di si bel fior sia indegna l' crba.

-si;r la vie de laure. i3t9t

SONNETlXX

C'est le miroir de Laure qui lui fait souffrir un dur exil loin de ses yeux. Il appelle le miroir son rival.

Mon rival , sur lequel, pour les voir , vous portez Vos beaux yeux , dont l'éclat à vous aimer m'entraîne Amoureuse vous rend d'une beauté non sienne , Et qui surpasse tant les humaines beautés.

Laure , par ses conseils , bien loin vous m'écartez De ma demeure , hélas ! si calme et si sereine ; 0 malheureux exil ! quoique indigne , avec peine, De siéger je me voie où vous seule habitez.

Mais quand rivé j'étais à vous par chaîne telle , Comment, en vous flattant, si tière et si cruelle, A-t-il donc pu vous rendre envers moi, le miroir ?

De Narcisse , à coup sûr , il vous souvient encore ; Même destin que lui vous pourriez bien avoir : Mais de si belle fleur l'herbe i ne se décore.

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