CANZONE IV
Tous prennent du repos après la fatigue, et l'amour ne lui donne jamais de trêve.
A l'heure où le soleil rapidement descend , Marchant vers l'occident , le jour qui nous éclaire , Gagnant d'autres climats où peut-être on l'attend ; Dans un lointain pays se voyant solitaire , La vieille , dont la route a fait ses membres las , D'arriver envieuse, accélère ses pas ;
Et puis seulette , isolée ,
Quand partout règne la nuit,
Elle se voit consolée Par quelque court repos , qui dissipe l'ennui Ainsi que tous les maux de sa course tardive. Lorsque, hélas ! la douleur qu'en moi le jour avive ,
S'accroît, quand, pour s'éloigner , La lumière du jour semble s'acheminer.
Alors que sur les champs la phalange se rue , Des ombres qui des pics descendent et des monts
Dagli altissimi monti maggior V ombra , .
L' avaro zappador 1' arme riprende ,
E con parole e con alpestri note
Ogni gravezza del suo petto sgombra ;
E poi la mensa ingombra
Di povere vivande ,
Simili a quelle ghiande
Le qua' fuggendo tutto il mondo onora.
Ma chi vuol si rallegri ad ora ad ora ;
Gh' i' pur non ebbi ancor, non dirô lieta ,
Ma riposata un' ora
Ne per volger di ciel ne di pianela.
Quando vede '1 pastor calare i raggi
Del gran pianeta al nido ov' egli alberga ,
E 'mbrunir le contrade d' oriente ,
Drizzasi in piedi , e con 1' usata verga ,
Lassando 1' erba e le fonlane e i faggi ,
Move la schiera sua soavemente ;
Poi lontan dalla, gente,
0 casetta o spelunca
Di verdi frondi ingiunca :
Ivi senza pensier s' adagia e dorme.
Ahi , crudo Amor, ma tu allor più m' informe
A seguir d' una fera che mi strugge
La voce e i passi e 1' orme ;
E lei non stringi , che s' appiatla e fuggc.
Lorsque la nuit succède aux solaires rayons , L'avare laboureur ramène sa charrue , Et,. par un chant rustique et peu prétentieux, Chasse loin de son cœur tout penser ennuyeux ;
Puis sont placés sur les tables
Les mets les moins délectables ,
A peu près comme les glands , Qui furent tant vantés, quoique peu succulents. Qui veut, de temps en temps les douceurs trouve prêtes, Quand, moi , je n'ai goûté , je ne dis de plaisir ,
Mais un instant de loisir Des révolutions du ciel et des planètes.
Lorsque le pasteur voit le grand astre marcher Vers le gîte où toujours il va pour se coucher , Et qu'au levant la nuit à tout voiler s'apprête , Il se lève aussitôt, et, prenant sa houlette. Laisse là les vallons , les sources , les coteaux , Et chasse lentement devant lui ses troupeaux ;
Et puis, loin de tout tapage.
Il recouvre de feuillage
Son réduit où, de son sort Content et sans soucis , il se couche et s'endort. Et toi , cruel Amour , alors plus tu me lasses En me faisant poursuivre et la voix et les traces
De celle qui tant me nuit, Et tu ne la saisis , elle qui vite fuit.
E i naviganli in qualche chiusa valle
Gettan le membra poi che '1 Sol s' asconde ,
Sul duro legno e sotto Y aspre gonne.
Ma io , perché s' attuffi in mezzo 1' onde ,
E lassi Ispagna dietro aile sue spalle ,
E Granata e Marrocco e le Colonne ;
E gli uomini e le donne
E '1 mondo e gli animali
Acquetino i lor mali ;
Fine non pongo al mio ostinato affanno ;
E duolmi eh' ogni giorno arroge al danno ;
Ch' i' son già pur crescendo in questa voglia
Ben presso al decim' anno ;
Ne posso indovinar chi me ne scioglia.
E , perché un poco nel parlar mi sfogo , Veggio la sera i buoi tornare sciolti Dalle campagne e da' solcati colli.
I miei sospiri a me perche non tolti Quando che sia? perché no '1 grave giogo? Perché di e notte gli occhi miei son molli? Misero me ! che volli , Quando primier si liso Gli tenni nel bel viso , Per iscolpirlo , immaginando , in parte Onde mai né per forza né per arle Mo'*!0 sarà, fin ch' i' sia dato in preda
Tel le navigateur dans un lieu solitaire , Sur le bois et couvert d'une étoffe grossière , Quand le soleil se couche il s'adonne au repos. Quant à moi, que Phœbus se plonge dans les flots , Que le Maroc, l'Espagne et la double colonne D'Hercule après son dos au loin il abandonne ;
Qu'ils soient calmés tous les maux
Des hommes , des animaux
Qui sur terre ont leur demeure ; De la fin de mon mal ce n'est point encor l'heure , Et mes peines je vois s'entasser tous les jours ; Car cette passion je sens croître toujours
Qui depuis dix ans me mine ; Qui libre m'en rendra ? je cherche et ne devine.
Et puisque de parler mes sens sont soulagés , Je vois souvent les bœufs , de leur joug dégagés , S'éloigner des sillons , lorsque le soir s'avance. Pourquoi de mes soupirs ne cesse la cadence , Et quand il lui plaira ? puis ce joug par trop lourd ? Pourquoi pleurer , mes yeux , et la nuit et le jour?
Lorsque sur ce beau visage
J'osai d'abord les fixer
Pour graver sa douce image Dans mon cœur, malheureux! quel était mon penser ! Et ni force , ni l'art ne sauraient l'en soustraire , A moins que ses instincts ne vienne satisfaire
A chi tutto diparte?
Ne so ben anco che di lei mi creda.
Ganzon , se l'esser meco
Dal mattino alla sera
T' ha fatto di mia schiera ,
Tu non vorrai mostrarti in ciascun loco ;
E d' altrui loda curerai si poco ,
Gh' assai ti fia pensar di poggio in poggio
Corne m' ha concio '1 foco
Di questa viva petra ov' io m' appoggio.
Sur moi la cruelle mort :
Qu'elle en ait le pouvoir , je doute môme encor.
Ganzon , si par habitude
De partager mon séjour ,
Tu partages mon amour, Comme moi tu voudras rester en solitude ; Des éloges d'autrui faisant fort peu de cas , Que le seul souven r partout suive tes pas
Des rudesses que j'essuie De ce rocher * vivant sur lequel je m'appuie.