SONETTO XLVIII
la prigione di Amore lo lusinga si forte, che, uscendo, sospira di ritornarvi.
Amor con sue promesse lusingando Mi ricondusse alla prigione anlica, E diè le chiavi a quella mia nemica, Gh' ancor me di me stesso tene in bando.
Non me n' avvidi, lasso, se non quando Fu' in lor forza; ed or con gran fatica (Chi '1 crederà, perché giurando il dica ? ) In libertà ritorno sospirando.
E come vero prigioniero afflitto,
Délie catene mie gran parte porto ;
E '1 cor negli occhi e nella fronte ho scrilto,
Quando sarai del mio colore accorto, Dirai : s' i' guardo e giudico ben dritto, Questi avea poco andare ad esser morto.
SUR LA VIE DE LAURE. SStf
SONNET XLVIIL
La prison de l'Amour a pour lui tanl de charmes , qu'à peine sorti il voudrait y rentrer.
L'Amour me fascinant par sa belle promesse M'enferma de nouveau dans l'antique prison , Et les clefs il remit en la possession De celle qui mon cœur loin de moi tient sans cesse.
Mais , hélas ! quand je vis ma nouvelle détresse , J'étais déjà captif; maintenant ( croirait-on ? Quoique sous le serment, mon affirmation), Libre je redeviens avec grande tristesse.
Tel qu'un vrai prisonnier plongé dans les soupirs ,
Je porte en moi toujours bon nombre de mes chaînes :
Dans mes yeux , sur mon front sont écrits mes désirs.
Que si par cas ne sont mes prévoyances vaines , Tu diras , en voyant la pâleur de mon corps : Cet homme était bien près des portes de la mort.