CANZONE I
La morte di Laura lo priva d' ogni conforto ; e non vivra che per canlar le sue lodi.
Ché debbo io far ? che mi consigli, Amore
Tempo è ben di morire;
Ed ho tardato più ch' i' non vorrei,
Madonna è morta, ed ha seco '1 mio core ;
E Yolendol seguire,
Interromper conven quest' anni rei :
Perché mai veder lei
Di qua non spero ; e V aspettar m' è noia :
Poscia ch' ogni mia gioia,
Per lo suo dipartire, in pianto è volta,
Ogni dolcezza di mia vita è tolta.
Amor, tu '1 senti, ond' io teco mi doglio, Quant' è '1 danno aspro e grave; E so che del mio mal ti pesa e dole, Anzi del nostro; perch' ad uno scoglio Avem rotlo la nave,
GANZONE I.
La mon de Laure le prive de toute consolation, et il ne vivra que pour chanter ses louanges.
Que. dois-je faire, Amour? Que me conseilles-tu?
Il est bien temps que je meure ; Et je dis qu'à mon gré j'ai par trop attendu. Laure est morte, et mon cœur avec elle demeure ;
Voulant courir après lui.
Je dois donc mettre fin à ces jours pleins d'ennui ;
Car de la revoir sur terre Ne pouvant plus compter, tout délai m'exaspère ;
Et ma joie et mes plaisirs Sont tous par son départ convertis en soupirs ; L'existence, eh un mot, n'a plus rien pour me plai;-c.
Amour, tu le ressens, commun est notre deuil,
Combien ma perte est pénible ; Je sais qu'à mon malheur tu te montres sensible, A nos malheurs je dis : sur un fatal écueil
S'est brisé notre navire.
b SONNETS ET CANZONES
Ed in un punto n' è scurato il sole.
Quai ingegno a parole
Poria agguagliar il mio doglioso stato ?
Ahi orbo mondo ingrato !
Gran cagion hai di dever pianger nieco;
Ghe quel ben ch' era in te, perdut' hai seco.
Gaduta è la tua gloria, e tu nol vedi :
Ne degno eri, mentr' ella
Visse quaggiù, d' aver sua conoscenza,
Ne d' esser tocco da' suoi santi piedi ;
Perché cosa si bella
Devea '1 ciel adornar di sua presenza.
Ma io, lasso, che senza
Lei, ne vita mortal ne me stess' amo,
Piangendo la richiamo :
Questo m' avanza di cotanta spene,
E questo solo ancor qui mi mantene.
Oimè, terra è fatto il suo bel viso,
Ghe'solea far del cielo
E del ben di lassù fede fra noi
L' invisibil sua forma è in paradiso,
Disciolta di quel vélo
Ghe qui fece ombra al fior degli anni suoi,
Per rivestirsen poi
Un' altra volta, e mai più non spogliars.' ;
Le soleil a cessé de luire en un clin d'œil.
Quel savoir saurait traduire La dure affliction de mon fâcheux état ?
Ah ! monde dur, monde ingrat !
Avec moi tu devrais baigner tes yeux de larmes, Car la perdant, tu perds tes attraits et tes charmes.
Ta gloire a disparu, tu semblés l'ignorer ;
Et durant son existence Bien peu digne tu fus d'avoir sa connaissance. Ni de voir son beau pied sur ta surface errer ;
Car une chose si belle Devait orner le ciel de sa grande clarté.
Et moi qui , séparé d'elle , De la vie et de moi me sens si dégoûté.
Dans les larmes je l'appelle.
D'un si brillant espoir voilà ce qui survit ; Gela seul même.encor me soutient, me ravit.
En poussière est réduit, hélas ! son beau visage,
Qui sur terre fut toujours Pour nous du paradis, de son bonheur, l'image. Sa belle âme est partie aux éternels séjours.
Du voile 1 brisant l'étreinte Qui la fleur de ses ans retint dans son enceinte
Pour de nouveau s'en parer Plus tard, et pour ne plus jamais s'en séparer;
Quand' aima e bella farsi
Tanto più la vedrem, quanto più vale
Sempiterna bellezza che mortale.
Più che mai bella e più leggiadra donna
Tornami innanzi, corne
Là dove più gradir sua vista sente.
Quest' è del viver mio 1' una colonna.
L' altra è '1 suo cliiaro nome,
Che sona nel mio cor si dolcemenle.
Ma lornandomi a mente
Che pur morta è la mia speranza, viva
Allor ch' ella fioriva,
Sa ben Amor quai io divento, e (spero)
Vedel colei ch' è or si presso al vero.
Donne, voi che miraste sua bellate E r angelica vita
Con quel céleste portamento in terra, Di me vi doglia e vincavi pietate, Non di lei, ch' è salita A tanta pace, e me ha lasciato in guerra ; Tal che s' allri mi serra Lungo tempo il cammin da seguitarla, Quel ch' Amor meco parla, Sol mi riten ch' io non recida il nodo; , Ma e' ragiona dentro in eotal modo :
Quand des formes d'autant belles Elle prendra, qu'on voit les beautés éternelles, Les beautés d'ici-bas tellement surpasser.
Plus belle devant moi, plus que jamais galante,
Madonne se représente.
Sachant que de la voir nul n'est plus satisfait. Ainsi l'un des soutiens de ma vie elle fait ;
Et mon autre colonne C'est son nom , qui pour moi si doucement résonne.
Mais quand je me ressouviens Que morte elle est, vraiment, ma si belle espérance
A la fleur de l'existence, L'Amour n'ignore pas ce qu'alors je deviens, Et celle qui de Dieu jouit, de sa présence
0 vous qui sa beauté, ses charmes, sa vertu !
Mesdames, avez bien vu.
Et sur terre du ciel les grâces ravissantes. Plaignez mon sort, soyez pour moi compatissantes;
Non pour elle, qui la paix Possède, me laissant de la guerre le faix ;
Mais s'il tarde encore à poindre.
Le jour qu'il me sera donné de la rejoindre,
L'Amour seul qui m'entretient, De ne briser mes nœuds s'empresse de m'enjoindrc ; Et voyant mes transports, tels discours il me tient:
Pon freno al gran dolor che ti trasporta;
Che per soverchie voglie
Si perde '1 cielo, ove '1 tuo core aspira ;
Dov' è viva colei ch' altrui par morta;
E di sue belle spoglie
Seco sorride, e sol di te sospira;
E sua fama che spira
In moite parti ancor per la tua lingua,
Prega che non estingua ;
Anzi la voce al suo nome rischiari.
Se gli occhi suoi ti fur dolci ne cari.
Fuggi '1 sereno e '1 verde,
Non t' appressar ove sia riso o canto,
Ganzon mia, no, ma pianto.
Non fa per te di star fra gente allegra,
Vedova sconsolata in vesta negra.
Maîtrise ta»douleur qui si fort te transporte ;
Car de trop brûlants désirs Nous font perdre le ciel, objet de tes soupirs; Ou bien vivante on voit celle que l'on croit morte ;
Qui ses beaux restes mortels Méprise, ne pensant qu'à tes maux si cruels,
Priant que sa renommée Qui par ta langue au loin tous les jours est semée,
Ait toujours des reflets tels; Et que son nom par toi rayonne de lumière. Si vraiment la douceur de ses yeux te fut chère.
Fuis tout brillant horizon , Les rires et les chants dès aujourd'hui délaisse
Non les larmes, ma canzon; Éloigne-toi des gens que flatte l'allégresse, De la veuve le deuil épouse et sa tristesse.