‹ Rimes de PétrarqueChapitre 112 sur 168 · SONNET LX · texte numérisé non relu

SONNET LX

Maintenant qu'elle n'ignore plus qu'il fut honnête dans son amour, elle daignera enfin se montrer compatissante et le consoler.

D'un pur amour parfois si le prix on reçoit , Si la pitié possède encore sa puissance, J'obtiendrai mon pardon, si claire l'évidence De mon amour à Laure, au monde sembler doit.

Jadis de moi craintive, en ce jour elle croit Que tel est mon vouloir, tel il était d'avance ; Si ma voix elle ouït , ou bien vit ma souffrance, Mon âme maintenant et mon cœur elle voit.

Et du ciel , je l'espère, elle entend avec peine Enfin mes longs soupirs, et que de pitié pleine Elle viendra vers moi, voulant me le prouver.

Et qu'au jour où sera ma dépouille défaite. Je la verrai venir bien prompte me trouver,

Avec les vrais amis du Christ et de l'honnête. III lu.

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