SONETTO LXXVII
Spera e crede già vicino quel di in ch' ella a se *1 chiami per volarsene a lei.
E' mi par d' or in ora udire il messo ' Che Madonna mi mande a se chiamando : Cosî dentro e di for mi vo cangiando, E sono in non molt' anni si dimesso,
Gh' appena riconosco ornai me slesso .
Tutto '1 viver usato ho messo in bando. Sarei contento di sapere il quando :
Ma pur devrebbe il tempo esser da presso.
0 felice quel dî, che del terreno Carcere useendo, lasci rotla e sparta Questa mia grave e fraie e mortal gonna ;
E da si folte ténèbre mi parta,
Volando tanto su nel bel sereno,
Ch' i' veggia il mio Signore e la mia Donna I
SONNET LXXVIL
Il espère et croit déjà bien proche le jour où elle l'appellera pour s'envoler avec elle.
A tout instant je crois ouïr le messager Qui m'invite à partir pour rejoindre Madonne : Au dedans, au dehors, ma vigueur m'abandonne, Et si rapidement je me vois dégrader.
Mes goûts, mes appétits je sais si peu garder, Qu'à peine désormais je connais ma personne. Je dois donc désirer que l'heure bientôt sonne ! Mais de sonner, pourtant, elle ne peut tarder.
Oh ! bienheureux ce jour où, ma prison mortelle Quittant, je laisserai sans souffle sur le sol Ma fragile et pesante enveloppe charnelle ;
Vers des lieux plus sereins partant d'un léger vol ,
Désertant ces maudits, ces ténébreux parages.
De Madonne et de Dieu pour voir les beaux visages I