SONNET XVIII
Compatissante, elle vient le consoler par ses conseils, et il ne peut se refuser à les suivre.
Si le souffle si doux des soupirs que j'écoute
De celle qui jadis captiva tant mes yeux ,
Qu'ici me semble encor ( quoiqu'elle soit aux cieux )
Vivr^, aimer et sentir sous la céleste voûte ,
Bien peindre je pouvais ; oh î quels feux, je n'en doute, Feraient naître mes vers I Si pieuse en tous lieux Elle me suit, craignant quelque arrêt ennuyeux. Ou que je ne recule, ou prenne une autre route.
D'aller droit elle insiste ; et moi qui les doux sons
De sa voix suppliante et ses chastes avances
Si bien comprends et sens et ses justes instances ,
Ses préceptes je dois donc suivre et ses leçons , De ses doux entretiens subjugué par les charmes Qui du plus dur rocher feraient couler des larmes.
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