SONNET XIX
Sennnccio étant mort , il le prie de faire connaître à Laure le triste étal de sa situation.
0 cher Sennuccio î je sais me satisfaire , Quoique je sois resté seul et bien soucieux , Quand je vois que ton âme a volé vers les cieux ; Morte elle était sur terre et du corps prisonnière;
Tu contemples de là l'un et l'autre hémisphère , Les astres vagabonds, leurs parcours sinueux, Et la faible portée où parviennent nos yeux ; Moi, mon deuil par ta joie ici-bas je tempère.
Dans le troisième ciel daigne donc présenter Mes saints à Guiton , à Cino , puis au Dante, A notre cher François, à la cohorte aimante;
Et Laure, tu poux bien ne pas laisser douter
Que je vis dans les pleurs, que je deviens sauvage,
A ses œuvres pensant, puis à son beau visage.