‹ Rimes de PétrarqueChapitre 34 sur 168 · SONNET XX · texte numérisé non relu

SONNET XX

En contemplant les lieux où elle prit naissance et où elle mourut, il soulage par ses soupirs la rudesse de son aflliclion.

Toujours de mes soupirs Tatmosphère résonne, Quand sur ces durs coteaux je vois le lieu serein Où naquit celle-là, qui, tenant dans sa main Mon cœur dès mon printemps et jusqu'à mon automne,

Au ciel s'est envolée, et tant de deuil me donne Par son départ si prompt , que mes yeux au lointain De vouloir la chercher se fatiguent en vain. Quand tout lieu près de moi de leurs larmes foisonne.

Nulle tige on ne voit, nul roc sur ce coteau.

Ni feuilles, ni rameaux sur cette verte plage.

Ni, dans ces beaux vallons, nulle fleur, nul ombrage ;

De ces sources ne vient même une goutte d'eau ,

Et dans ces bois il n'est de bêtes si cruelles

Qui ne sachent combien mes peines sont mortelles.

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