‹ Rimes de PétrarqueChapitre 6 sur 168 · SONNET IV · texte numérisé non relu

SONNET IV

Laiire étant morte, le passé, le présent, l'avenir, tout est pour lui peines et tourments.

La vie alerte fuit, ne s'arrête au passage ; Derrière vient la mort d'un pas précipité ; Du passé, du présent, je suis tant irrité, Et du futur j'attends un semblable dommage.

Le souvenir, l'attente, épuisent mon courage , Et de tant de façons , et tant qu'en vérité , Si de moi je n'avais une grande pitié," De vivre et de penser j'aurais perdu l'usage.

Si mon cœur désolé quelque douceur parfois Dégusta, j'y repense , et d'autre part je vois Mon esquif ballotté par des vents bien contraires.

Ma fortune est au port, lorsque mon naulonier Est désormais bien las, et sans mât mon voilier, Quand bien éteintes sont mes deux belles lumières.

SONETÏO V.

Invita la sua anima ad alzarsi a Dio, eJ abbandonar le vanilà di quaggiù.

Ghe fai ? chc pensi ? che pur dietro guardi, Nel tempo che tornar non pote ornai , Anima sconsolala ? che pur vai Giugnendo legne al foco ove tu ardi ?

Le soavi parole e i dolci sguardi, Ch' ad un ad un descritti e dipint' hai, Son levati da terra; ed è (ben sai) Qui ricercargli intempestivo e tardi.

Deh non rinnovellar quel che n' ancide ; Non seguir più pensier vago fallace, Ma saldo e certo ch' a buon fin ne guide.

Gerchiamo '1 ciel, se qui nulla ne place ; Ghe mal per noi quella bel ta si vide, Se viva e morta ne devea tor pacc. ■

Page 1