SONNET XLIII
hes plaintes du rossignol lai rappellent ce qu'il croyait bien ne jamais perdre.
Ce rossignol qui pleure avec tant de douceur Ses fils ou sa compagne, objets de sa tendresse, Qui le ciel et les champs remplit dans sa détresse Des accents si plaintifs de sa vive douleur ;
Toute la nuit je crois l'ouïr près de mon cœur , Mon dur et cruel sort me rappelant sans cesse ; Mais moi, qui ne croyais mortelle une déesse, Je ne plains que moi-même et moi: propre malheur.
Que facile est l'erreur de qui trop se rassure ! Aurait-on jamais cru que la mort des beaux yeux Plus clairs que le soleil, rendrait la terre obscure !
Je n'ignore à présent que mon sort ennuyeux
Veut que vivant j'apprenne, et toujours dans les larmes,
Qu'ici-bas tout est bref et dépourvu de charmes.