‹ Rimes de PétrarqueChapitre 82 sur 168 · SONNET XLVI · texte numérisé non relu

SONNET XLVI

11 regrette de ne pas avoir présage ses malheurs le dernier jour qu'il partit.

Mon âme, qui déjà triste et méditative En nos beaux jours cherchais, et par pressentiment, A tous nos maux futurs quelque soulagement, Dans ses yeux bien-aimés, alors qu elle était vive,

A voir ses vêtements, à la voir moins active, A voir peints sur ses traits la pitié, le tourment. Tu pouvais dire alors avec discernement : Ce jour est le dernier que le bonheur m'arrive.

Tel charme, ma pauvre âme, as-tu senti jamais ? Quels furent nos transports au moment que nous vîmes Ces yeux que nous devions ne plus voir désormais ,

Quand, tel qu'à deux amis bien surs et bien intimes ,

Parlant, je leur laissai le dépôt précieux

De mon cœur, des pensers les plus délicieux !

SONETTO XLVir.

Morle glicla rapi, quando senza sospelti poleva inlerlenersi con esso lei.

TuUa la mia fiorita e verde elade Passava ; e 'ntepidir senlia già '1 foco Ch' arse '1 mio cor; ed era giunto al loco* Ove scende la vila, ch' alfin cade.

Già incominciava a prender securlade La mia cara nemica a poco a poco De' suoi sospetti ; e rivolgeva in gioco Mie pêne acerbe sua dolce oneslade.

Presso era '1 tempo dov' Amor si scontra Con Gastitate, ed agli amanli è dato Sedersi insieme e dir clie lor inconlra.

Morte ebbe invidia al mio felice stalo, Anzi alla speme ; e feglisi ail' inconlra A mezza via, corne nemico armato.

SUR LA iMORT DE LAURE. J13

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