‹ Rimes de PétrarqueChapitre 96 sur 168 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

La douleur qu'il ressent de lui survivre se trouve adoucie parce qu'elle en a connaissance.

Quand j'entrevoyais le port, Amour, et de ma foi la juste récompense, Le trépas m'a ravi Laure et mon espérance.

Hélas! cruelle vie ! Hélas! cruelle mort!

L'une a fait mon deuil, mes peines, Et durement rendu mes espérances vaines; L'autre me tient sur terre et contre mon vouloir !

De la suivre j'ai l'envie, Mais elle n'y consent, je n'en ai le pouvoir.

Néanmoins toujours en vie , Au milieu de mon cœur Madonne est constamment Et ma triste existence elle voit clairement.

GANZONE IV.

Rammemora quelle ^çrazicch' e' scorse in Laura sin dal primo di in ch" ei la vide.

Tacer non posso, c temo non adoprc

Contrario cffetto la mia lingua al core,

Che vorria far onore

Alla sua donna che dal ciel n' ascolta.

Corne poss' io se non m' insegni, Amorc,

Con parole mortali agguagliar V opre

Divine, e quel che copre

Alla umiltate in se stessa raccolla ?

Nella bella prigione, ond' or è sciolla,

Poco era stata ancor 1' aima gentile

Al tempo che di lei prima m' accorsi ;

Onde subito corsi

(Gh' era dell' anno e di mia étale aprile)

A coglier fiori in quei prati d' intorno,

Sperando agli occhi suoi placer si adorno.

Mûri eran d' alabastro e Ictlo d' oro, D' avorio uscio, e fenestre di zaffiro,

GINZONE IV.

Il rappelle les grâces qu'il a remarquées dans Laure depuis le premier jour qu'il la vit.

Me taire je ne peux, et je crains que pareille Ma parole ne soit aux desseins de mon cœur,

Qui voudrait bien faire honneur A sa dame qui prête en paradis l'oreille. Situ Deviens m'aider, comment pourrai-je, Amour, Moi mortel, célébrer ce chef-d'œuvre angélique ,

Et ce sein chaste et pudique Qui d'une humilité si grande est le séjour ? Dans la belle prison dont elle est séparée , Cette âme , quand je vis Laure le premier jour. Était bien peu de temps encore demeurée ;

El promptement, et joyeux ( Car c'était au printemps de l'an et de ma vie ), J'allai cueillir des fleurs dans la proche prairie , Comptant, ainsi paré, complaire à ses beaux yeux.

D'ivoire l était la porte , en saphir la fenêtre , Les murailles d'albâtre et la toiture d'or,

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